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Phnom Penh : où sont les femmes ?

Publié le 03 septembre 2012 par Cambodiaexpat @Cambodiaexpat

Soirée très exotique et dépaysante chez Jean-Marc sur Riverside.

D’abord parce que Jean Marc est un cambodgien qui vient de Marseille. Ca commence assez fort à la commande d’une Angkor Beer. Il fait chaud ce soir, et seule une Angkor va me rafraîchir.

“Tiens, bonsoir, tu viens de France ?” me lance Jean-Marc, que je n’avais jamais vu de ma vie. Je regarde l’individu, je pensais qu’il était assis mais non, il était debout à côté de moi. “Oui, bonsoir, je suis arrivé il y a longtemps déjà”… et bien sûr, impayable le Jean-Marc, il me lance un “Peuchère, un Français ! ça fait plaisir” et poursuivant avec un accent  du sud à peine forcé “Boudu con, moi je suis de Marseille !”.

Phnom Penh : où sont les femmes ?

A Phnom Penh, il y a aussi des femmes normales et respectables. Pas que des “opportunités” à “pécho”.

Très gentil Jean-Marc, mais tu as plutôt le look d’un cambodgien : tu es petit, tu as les yeux bridés et le sourire jusque là. “Et oui, j’ai vécu 25 ans à Marseille, et je suis revenu pour ouvrir mon resto”.

Il y a d’emblée des personnages que vous ne “sentez” pas. Pas qu’il ne soient pas sympathiques, bien au contraire… Vous ne savez pas pourquoi… On fait un brin de causette, je lui explique mon projet d’implantation, pas trop de détail tout de même, et puis je lui commande un Lok Lak (voir ici pour ceux qui ne savent pas ce que c’est), et puis j’attends qu’il me laisse profiter de l’ambiance autour de moi.

Juste à côté, des “lak masssag siiir !” à tue-tête : un salon de massage et des jeunes filles sur le trottoir qui jouent à Angry Birds sur leur portable. Jusque là, tout est normal.

Je remarque aussi (mais comment ne pas le remarquer ?) que ça parle français à la table d’à côté. Trois hommes plutôt bedonnants s’installent, la petite soixantaine, un genre un peu baroudeur aisé qui a vécu sous les tropiques, profil plutôt colon (pour plus de précisions sur ce profil, voir l’article sur les 5B ici).

Mon 6ème sens ne m’a pas trompé. Jean-Marc fonce vers eux flairant trois bons clients. “Peuchère etc…”. Ils commandent des pastis (38 degrés tout de même), et démarrent une discussion assez claire sur ce qu’il y a à faire à Phnom Penh. Ils viennent d’arriver de Madagascar, ils vivent là-bas depuis 15 ans, ils étaient avant en Afrique. Tout s’éclaire.

Parmi les demandes au bon Jean-Marc : “On peut trouver un bateau à acheter ici ?”, “Il y a quoi à faire le soir” (ça se précise !), C’est sympa Phnom Penh, je veux dire c’est chaud ?” (ouh là, on y arrive…). Question fatidique de nos malgaches “Jean-Marc, c’est où les bars à filles, elles sont comment les cambodgiennes, on peut s’amuser un peu ?”.

En bon commerçant, Jean-Marc fournit des explications assez concrètes sur les possibilités, propose même de leur montrer les endroits… mais bien sûr, il faudra d’abord boire encore un peu de pastis, “Peuchère !”.

“Où sont les femmes ?” est la question assez récurrente de beaucoup de visiteurs au Cambodge. Ce n’est pas le “sourire plein de charme” chanté par Patrick Juvet qui est recherché par les “chasseurs”. Entre le romantico-pathétique qui cherche l’illusion de l’amour dans les bars à hôtesses (sans jamais le trouver) et celui qui cherche un corps accessible, quelle place a le respect dans l’esprit de ces gens ?

Seuls quelques honnêtes gaillards restent à distance, ne cherchent rien de spécial. Ceux-là sauveront leur porte monnaie et peut être leur peau tout court.


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