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Georges Devereux

Publié le 03 septembre 2012 par Nathpass
Georges Devereux(1908-1985) était juif roumain de son vrai nom Gyorgy Dobo. Au seuil de sa vie, il disait qu'on supportait la maladie mais que le plus difficile c'était le manque d'amour…. Que vous dire sur ce monsieur qui défendait avant tout la singularité. Anarchiste d'origine hongroise, obligé de devenir roumain, parlant plusieurs langues d'une intelligence hors du commun, toujours en exil, est passé par la France, les États-Unis. On a du l'obliger à être espion pendant la guerre comme tous les ceux qui comme lui, très intelligents, pratiquaient plusieurs langues. Il compartimentait les récits de sa vie à ses amis mais de cela, il n'en parla jamais.
À ses cours donnés à Paris, à l'opposé de Lacan, il n'y avait qu'une quinzaine d'élèves. Il se sentait proche de ses élèves comme des indiens mohaves (près de la Californie). Il leur faisait passer un test pour éviter les psychotiques. Ah ! et pour éviter les importuns à ses cours, il consacrait les 4 premiers cours à disséquer 4 vers d'Eschyle, rapidement de plus de 40 élèves, il passait à 15/20. Un de ses élèves : Tobie Nathan des plus célèbres, parle si bien de lui que j'ai tout écouté, ce Monsieur me fait rêver, bon à vous d'écouter maintenant et à moi de lire ses poèmes ou ses livres d'études, il faut aller visionner sur YouTube les 5 vidéos (je n'ai posté ici que la 1ère) ;  pour Mathieu Simonet * sa mère !? selon lui a poussé son frère au suicide et c'est une des raisons pour lesquelles il a fui... elle était très dure incapable d'aimer ses enfants.
Il était cousin germain d'un physicien qui a selon certains fait la découverte cruciale ayant permis la mise au point de la bombe H.
Son logis fut toujours modeste.
Selon Élisabeth Roudinesco qui en tant qu'historienne de la psychanalyse, ne prend aucune position, il a écrit des poèmes.
Un de ses poèmes :
"Notre jeunesse ne sera immortelle que dans nos souvenirs,
et cette science de l'avenir qu'est le passé
te mènera peut-être au delà de mes bras vides ;
mais le temps les remplira d'illusions.
Lorsque le soir se fera dans ce corps impatient,
qui ne pourra plus s'élancer avec les chiens et les chevaux.
Lorsque mes doigts seront trop raides pour toucher,
Il n'y aura plus de différence sur le clavier entre Diane et son souvenir.
Et penché vers cette source, je boirai,
l'inépuisable sève de ma jeunesse.
Je revivrai les cavalcades selon le rythme martial du souvenir ;
mon étalon d'or arquera de nouveau sa nuque de cygne,
et mon chien dansera comme jadis.
Images d'or dissoutes dans un miroir d'argent.
Et je retrouverai une poésie plus triste mais aussi forte que celle de jadis."
"Vous devriez toujours vous demandez si un jour vous deveniez fou, quelle folie vous auriez ?"c'était une des questions abordées dans ses cours atelier. Et il précisait, moi je serais maniaco-dépressif. 
Georges Devereux*Mathieu Simonet
sur ce blog il se situe et invite à ce qu'on lui envoie des textes :
"je suis l'auteur des "Carnets blancs" (Seuil, 2010), de "Fou de Vincent, 1990-2011" (Léo Scheer, 2011), des Corps fermés (Emoticourt, 2012) et de La Maternité (Seuil, 2012). Dans le cadre de la sortie de "La Maternité" (www.lamaternite.net), je propose à tous ceux qui le souhaitent de m'écrire un texte sur leur mère, qui sera publié sur ce blog. Pour participer, il suffit de m'envoyer votre texte à contact@mathieusimonet.com. N'hésitez pas à indiquer à la fin de votre texte les informations que vous souhaitez voir apparaître (par exemple une adresse mail, le lien vers un site internet, une information sur votre actualité, etc.) Par ailleurs, je suis avocat associé du Cabinet 111, spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle - cinéma, édition, art contemporain, publicité, etc. -(www.111avocats.com).
 http://la-maternite.blogspot.fr/ 
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Georges DevereuxSur ce site, donc disais-je, plein de personnes ont écrit sur leurs mères(y en a de très beaux textes dont celui de Pierre Courcelle)ils ont été retenus par Mathieu, si cela vous tente ; si cela me tente, cela m'obsède, j'attends de calmer le jeu et d'avoir lu son livre qui à l'unanimité, lui aussi est très beau : pas larmoyant, pas un règlement de comptes. Justement moi j'ai bien peur que... et heureusement non ? cela ne risquerait-il pas de lui enlever des heures à vivre ?
Ma mère est heureusement en pleine forme.
Comme certains de ces enfants devenus vieux à leur tour, je la protège et m'en suis intoxiquée depuis 57 ans.
Et comment parler de ma mère, sans parler de mon père, comment les dissocier ? Je suis encore membre de notre trio. Et mes colères après chaque conversation téléphonique du dimanche, sont comme ces bulles d'air que l'on voit apparaître quand les poissons gobent quelque appât.
Moi de ces bulles, je ne retiens que du vide ou peut-être un peu d'air à chaque colère.
Ma mère me cherche et me trouve.
Je crois qu'aimer son enfant, c'est quelquefois le pousser au désaccord, à l'autorité contre, à la cruauté aussi pour sa survie.
Ma mère a connu la guerre de loin de près et de toute son angoisse, de toute son imagination. Elle n'est coupable de rien et parle au nom de tous.
Elle passe d'une extrême à l'autre, elle tient toute la place pour n'en être chassée par personne.
Les tabourets qu'elle prend pour s’asseoir à table sont comme la fin des plats, qu'elle se garde,  pour marquer la mesure de son sacrifice.
Un tel besoin d'amour sans jamais en avoir saisi le savoir faire, c'est pour moi, passer du rire aux larmes.  En nous opposant, nous sommes qui sait plus proches et elle n'a pas son pareil pour dire non et passer d'un avis à un autre. Elle n'a de cesse de contrer ceux qui l'entourent et donc elle a 89 ans et une force de géant. Elle aime les chiens parce que j'aime les chats. Ils sont si bêtes ces chats, la preuve en est, ils ne lui obéissent pas. Ma mère et moi ce n'est pas toujours très très beau et j'en suis fort aise et quelquefois... contrite.
Ma mère, ma mère , mon père c'est tout ce qui m'a fait rater échouer et continuer de chercher.
J'ai raté tous mes examens sauf le certificat d'études, en 68, ils le donnaient d'office. J'arrivais à remonter le cours d'une année sur l'autre au 1er trimestre, j'ai tout eu Félicitations tableau d'honneur encouragements, on a lu mes devoirs sur table d'histoire et de lettres. J'ai raté mon suicide et j'ai avorté deux fois et n'ai pas eu d'autre enfant. Donc je peux dire que maintenant grâce à elle, à eux, je vis désormais mes plus belles années.

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