Magazine Amérique latine

à propos de Santiago Amigorena

Par Larouge
  • Currently 0/5

Note : 0/5 (0 note)

Né à Buenos Aires en 1962 d’un père psychanalyste, Santiago Amigorena vit à Paris depuis 1973. “Muet de naissance” comme il l’exprima un jour, métaphoriquement, pour une fiche biographique demandée par son éditeur, il écrit une série de romans conçue comme une fresque. Il voulait ne la publier qu’une fois achevée, mais il a fini par lâcher les épisodes au fur et à mesure : Une enfance laconique, Une jeunesse aphone, Une adolescence taciturne, Le Premier Amour… Ce dernier titre (qu’il attribuait à un “crapaud graphomane”) imaginant le corps de sa bien-aimée comme une feuille blanche sur laquelle il inscrivait ses calligrammes coquins (tous édités chez P.O.L).
Amigorena romancier écrit tôt le matin. L’après-midi, il est scénariste. Avant d’écrire et de réaliser Quelques jours en septembre, il a conçu l’intrigue de films pour des cinéastes aussi divers qu’Idrissa Ouedraogo (Samba Traoré), Laurence Ferreira Barbosa (Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel), Cédric Klapisch (Le Péril jeune), Brigitte Rouan (Post Coïtum animal triste), Marion Vernoux (Rien à faire), Judith Cahen (La révolution sexuelle n’a pas eu lieu), Raoul Ruiz (The Ground Beneath Her Feet). Venise, où son père (par ailleurs amateur de tango) possède un appartement, est sa ville fétiche. Et “au film d’espionnage ce que Paris est aux histoires d’amour”. Le vin, quelque chose qu’il prend au sérieux, passion qu’il partage avec son ami Jonathan Nossiter, le cinéaste de Mondovino. Il est aussi amoureux de la peinture de Juliette Binoche (”Je lui ai demandé pendant le tournage pourquoi elle n’exposait pas ses toiles, elle m’a répondu qu’elle s’exposait déjà beaucoup”).
Grand lecteur, il a truffé son film de citations dont il s’est refusé à donner les sources sur l’écran. “Je trouve ridicule les cinéastes qui laissent traîner ostensiblement des couvertures de livres dans l’image.” La seule identifiable dans le dialogue est un leurre : Henry Miller n’a jamais dit “l’amour c’est bon, l’inceste c’est meilleur”. Les autres sont de William Blake, de T. S. Eliot… les noms des personnages donnent les clés, Pound en tête.
“Le cinéma, dit-il, est un art politique. Quand j’écrivais le scénario, le 11 septembre 2001 nous a submergés. Comment ne pas souligner que l’attaque du World Trade Center a été précédée par d’étranges “stock exchange operations” ? Il est aussi absurde de penser que la CIA était au courant de la destruction des Twin Towers que d’imaginer que Ben Laden était seul à savoir ce qui allait se passer.” Références, là encore : “Je voulais créer un personnage qui serait le petit-fils adoptif du Troisième Homme, un type que l’on chercherait sans jamais le trouver, parce qu’aujourd’hui, entre le bien et le mal, ce genre d’homme n’est nulle part. Et je tenais à me souvenir que j’ai échangé mon premier baiser dans un cinéma de Montevideo, pendant la projection de James Bond contre Dr No.”
Jean-Luc Douin
Article paru dans l’édition du 06.09.06.

© www.lemonde.fr


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Larouge 253 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte