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[Critique DVD] Les Vieux chats

Par Gicquel

[Critique DVD] Les Vieux chats

Isidora et Enrique vivent une retraite paisible avec leurs deux vieux chats dans leur appartement cossu de Santiago du Chili. Une nouvelle panne d’ascenseur vient troubler la quiétude des lieux. Mais le pire est à venir avec l’arrivée impromptue de Rosario, la fille tempétueuse d’Isidora.


[Critique DVD] Les Vieux chats
"Les Vieux chats" de Pedro Peirano, Sebastian Silva

Avec : Belgica Castro, Claudia Celedon

Sortie le 04 septem 2012

Distribué par Memento Films

Durée : 89 minutes

Nombre de : 1

Film classé : Tous publics

Le film :

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☆

Les bonus :

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½
☆
☆

Sélectionné dans plusieurs festivals, ce film n’a jamais fait recette. Bizarre et dommage, car il me semble appartenir à une branche du cinéma novateur.D’un point de vue dramatique (une fille aimerait que sa mère  quitte son appartement) l’expression est déjà là, fortement ancrée dans le cœur d’un huis-clos, contraint.

Selon les souhaits de la comédienne Belgica Castro, le tournage s’est effectué dans son appartement, impliquant un dispositif naturel autour duquel les deux réalisateurs ont dû composer.

Cet exercice imposé, ils l’ont brillamment inscrit  dans une mise en scène qui au théâtre emprunte son naturalisme et au cinéma son énergie. Un alliage fondu dans l’interprétation qu’en font les quatre personnages de la « pièce ».

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Sous l’apparence de gens respectables ou imbuvables, quelques aspérités permettent de douter de leur propre représentation. J’ai beaucoup de compassion pour la vieille dame, qui sans son ascenseur, toujours en panne, est prisonnière de son appartement. Mais est-elle toujours sincère ? Perd-elle réellement la tête ?

L’attitude destructrice de sa fille, il est vrai, plaide en sa faveur. Une vraie charpie que cette femme-là, un bulldozer que rien n’arrête si ce n’est son amie Beatriz, rebaptisée Hugo pour la convenance. Et tout aussi concernée par l’arnaque immobilière qui se prépare.

C’est une réunion de famille qui jusqu’aux préliminaires du pugilat annoncé, prête à sourire. Mais la première attaque venue, les masques tombent et la cruauté ne s’en relèvera pas.

[Critique DVD] Les Vieux chats

Isadora (Bélgica Castro) a bien du mal à contenir les assauts outranciers de sa fille qu’interprète merveilleusement bien Claudia Celedón

Dans le confinement de l’appartement, il n’y a plus d’air, plus d’espace, plus d’échappatoire possible. Mais la vieille dame, abandonnée un instant par ses proches, aura encore la force d’affronter les huit étages .La descente des escaliers ressemble à une descente aux enfers. Avant de retrouver le Paradis, où des guêpes géantes batifolent devant une caméra publicitaire. C’est le spectacle de la rue, le théâtre des illusions possibles. Ce qui lui reste encore à vivre.

LES SUPPLEMENTS

  • Entretien avec Pedro Peirano, co-réalisateur ( 8 mn 30 )

Pour répondre aux exigences de Belgica Castro, 91 ans , le tournage s’est déroulé dans son propre appartement.Il a donc fallu tenir compte d’un manque de place évident. C’est pourquoi  l’équipe était la plupart du temps réduite, la lumière déjà installée, et tous les déplacements des personnages prévus à l’avance. Pour éviter l’impression de « théâtre filmé », les cinéastes ont également privilégié des changements d’angles et d’échelles, en ayant notamment recours aux gros plans.

Les « vieux chats » du titre sont également ceux de Belgica Castro. Ils étaient tellement présents pendant le tournage qu’il était inimaginable de ne pas les inclure dans le film.

Le couple  que Mme Castro  forme avec Alejandro Sieveking, l’est depuis 50 ans. Contrairement à la fiction, il est en réalité loin de s’être assagi, buvant du whisky, commentant l’actualité, débattant de la culture, et apparaissant régulièrement sur les écrans chiliens !

  • « Les vieux chats » court métrage ( 9 mn )

Un aperçu du film en modèle réduit…

En bref

Le film

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☆

Une comédie qui va crescendo virer au pugilat familial. Rien que les mots font très mal aux oreilles de cette vieille dame , qui compose elle aussi un personnage bien ambigu. Mais l'âge de ses artères lui donne , sinon tous les droits, du moins le droit au respect. La caméra des deux réalisateurs retranscrit l'ensemble avec une drôlerie féroce, une méchanceté sur du velours.

Les bonus

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½
☆
☆

Une interview qui pose l'environnement du film, et un court métrage qui pourrait être une longue bande annonce du film. De ce côté là, ils ne se sont pas foulés.


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