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Le premier mardi, c'est permis (9) : Mahârâja

Publié le 04 septembre 2012 par Litterature_blog

Le premier mardi, c'est permis (9) : Mahârâja

Artoupan et Labrémure
 © Drugstore 2012

1917. Le prince Raghubir Singh Bahadur et son harem viennent passer quelques jours dans une luxueuse villa au bord du lac de Côme. Les services secrets anglais sont sur les dents car ils soupçonnent la mahârâja de profiter de son séjour en Europe pour entrer en contact avec des agents allemands devant l’aider à mener une révolte contre les britanniques et à déclarer l’indépendance de son état. Homme taciturne et secret, le prince est surtout un sacré obsédé qui n’hésite pas à mettre en œuvre les préceptes du Kâma-Sûtra à la moindre occasion. Ce ne sont pas ses cinq épouses et la directrice de la villa qui diront le contraire… 
Artoupan et Labrémure (deux pseudos) donnent dans l’érotisme un brin rétro. Leurs influences sont sans doute à chercher du coté des italiens Manara et Crepax. Si Mahârâja est une BD coquine aux accents surannés, elle dégage un charme indéniable qui tient pour beaucoup aux décors de rêve du Lac de Côme et de ses environs. Dans cet univers luxueux, la débauche est classe et raffinée. Le prince indien et son harem apportent quant à eux une note d’exotisme bienvenue et les personnages féminins sont d’une grande sensualité (avec une mention spéciale pour la rousse incendiaire de la couverture !). Rien de glauque donc. Au contraire, avec les petites touches d’humour disséminées ici ou là, les auteurs offrent un récit plus joyeux que dramatique.
Si le scénario est un peu léger, la qualité majeure de cet album tient dans le dessin d’Artoupan. Ce dernier travaille uniquement au crayon, sans encrage. Un procédé qui donne à son trait une certaine patine et permet de créer une atmosphère délicieusement vaporeuse. Les couleurs chaudes et lumineuses renforcent de leur coté les sensations suaves laissées par la lecture.      
Quelques regrets tout de même. La fin est trop abrupte, l’ensemble est trop court (quoique…) et manque de profondeur (quoique…). Il n’empêche, je ne boude pas mon plaisir de découvrir une BD érotique légère et émoustillante à l’heure où la rentrée littéraire se complait dans le viol et l’inceste (n’est-ce pas Mr Djian et Mme Angot…).   
Allez, puisque c’est la rentrée et que nombreux sont ceux (et celles) à avoir le moral dans les chaussettes après les vacances, je vous offre ci-dessous un extrait « revigorant » qui devrait redonner un peu de tonus à tout le monde. Et pour découvrir d’autres lectures inavouables, n’hésitez pas à foncer chez Stefie.
Mahârâja, d’Artoupan et Labrémure. Drugstore, 2012. 48 pages. 15.50 euros.

Le premier mardi, c'est permis (9) : Mahârâja

Artoupan et Labrémure © Drugstore 2012


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