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PL Review : Southampton 2-3 Man Utd

Publié le 04 septembre 2012 par Dlem

Hier après-midi, les supporters de United ont assisté à un mauvais film. Un navet à oublier au plus vite... si la fin n'avait pas été digne des meilleurs thrillers ! Scénario classique ; le héros est présenté comme beau et fort, puis connaît une période de doute, avant de finalement laisser exploser sa puissance pour sauver la planète.

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Il n'a fallu que deux rencontres à RVP pour convaincre les derniers sceptiques (dont je faisais partie) quant à la nécessité de son transfert. Après sa volée égalisatrice face à Fulham le week-end dernier, l'ancien Gunner a signé à St Mary un incroyable coup du chapeau pour permettre à United de signer un hold-up parfait. Et pourtant, le héro du jour aurait tout aussi bien pu endosser le rôle de boulet du jour, même si la concurrence fut rude à ce niveau (nous y reviendrons). Car si United ne méritait pas grand chose de plus qu'une bonne défaite dans les gencives, ils bénéficièrent d'une chance inespérée d'égaliser à 2-2 vers la 68ème minute de jeu, moment choisi par Hooifeld, défenseur de son état, pour faucher son illustre compatriote batave dans la surface, alors que celui-ci était dos au but. On se dit alors qu'avec un tel expert en pénos, l'égalisation est acquise et que United, aussi poussif fut-il, parviendra à renverser la vapeur, comme d'hab... Mais au lieu d'envoyer une patate dans les filets, RVP, déjà auteur de la première égalisation dès la 10ème minute, décida de se la jouer kéké des cours de récré en tentant une panenka bien mal exécutée, que le gardien Davis fut tout heureux de voir mourir sur sa main. WHAT THE FUCK, crions-nous tous en coeur ! Enculé de Gunner de mes deux, retourne promener ta houpette chez Arsène, bordel !

Mais là où bien des stars du ballon rond seraient sorties de leur match, RVP a fait preuve d'un mental que, personnellement, je ne lui connaissais pas. Ce n'était simplement pas notre jour, il n'y aurait pas de miracle cette fois-ci... Voilà ce qu'ont dû se dire des milliers de supporters. Pourtant, sans paniquer, Robin est resté à l'affût d'une chance de se racheter. 87ème, après un corner repoussé, Rafael adresse un centre dans la boîte. Ferdinand, dépassé durant toute la rencontre, boxe le ballon de sa tête mais voit sa reprise mourir sur le poteau. La tentative de but se mue en assist, car c'est RVP qui se trouve au rebond et qui n'a plus qu'à pousser au fond. Un point, c'est mieux que rien. S'il avait planté son péno, on gagnerait peut-être ! Oui mais voilà, pour son 1.000ème match sur le banc de United, comment imaginer tout autre épilogue qu'un but victorieux dans le fameux Fergie Time ? Van Persie connaît déjà les traditions mancuniennes et, sur un nouveau corner de Nani, qui ô miracle dépassa le premier défenseur, le hollandais plaçait une tête en pleine extension que les Saints voyaient finir dans leurs filets avec dégoût.

Ma dernière position sur le transfert de Van Persie est donc confortée : s'il est épargné par les blessures, les 30 millions investis sur ce joueur de 29 ans pourraient bien être un coup de maître et non un caprice de Sir Alex. Imaginez ce match sans lui, avec Rooney blessé ; qui parmi nos joueurs aurait pu réaliser un tel exploit ? Personne. Pour l'anecdote, un autre hollandais volant avait ouvert son compteur pour United face à Fulham, avant de signer un premier triplé contre Southampton... Ruud ! Ruud ! Ruud !

Ce final incroyable ne doit pas nous faire oublier nos lacunes, et elles sont nombreuses en ce début de saison ! Prenez la défense, dans ma preview, je me réjouissais du retour de Jonny Evans en défense centrale. Comme d'habitude, Fergie a pris tout le monde par surprise, titularisant Ferdinand aux côtés de Vidic, pour la première fois depuis presque un an. Voilà la meilleure paire défensive d'Europe réunie ! Oui mais voilà, Vidic n'est plus le même qu'il y a un an et demi et Rio, convalescent, ne rajeunit pas. Le temps devrait leur permettre de fixer les approximations de ce début de saison, mais en attendant, nous avons déjà encaissé 5 buts en 3 matches, dont 4 de la tête. Les latéraux ne sont pas en reste, et si offensivement, Rafael et Evra apportent énormément, il faudrait peut-être leur rappeler que leur tâche principale reste défensive. Enfin, une surprise en accompagnant une autre, ce n'est pas david De Gea qui était titularisé dans les cages, mais bien Anders Lindegaard. Bizarrement, Fergie a immédiatement expliqué ce choix : De Gea a fait une erreur la semaine dernière qui aurait pu coûter cher.

J'avoue que je comprends de moins en moins notre manager. Soit c'est un filou qui nous fait gober tout ce qu'il veut, soit il perd la boule. Mettre son gardien numéro un sur le banc après une boulette, ça paraît excessif et pas vraiment idéal pour la confiance du jeune espagnol. A-t-il fait ça après des flingues de Van der Sar ou Schmeichel ? Casillas, Buffon ou Cech sont-ils punis quand ils se trouent ? Et si on faisait pareil avec les joueurs de champ, Patrice Evra jouerait-il encore ? J'espère vraiment qu'il y a une autre explication... Quoi qu'il en soit, Lindegaard n'aura pas vraiment profité de cette occasion pour se positionner ; le grand danois fut en effet loin d'être rassurant.

Si les choix de Fergie nous font parfois tiquer, il garde tout de même le roi des changements gagnants. 62ème, il fait sortir Cleverley et Kagawa, peu en verve, comme le reste de l'équipe, au profit de Scholes et Nani. L'entrée du vieux rouquin fut décisive, comme l'expliqueront ensuite RVP et Sir Alex, en haussant le tempo et en trouvant des passes tranchantes qui mirent la défense des Saints sous pression. L'entrée de Nani fut tout aussi importante, puisque le portugais est à l'origine du ballon qui provoqua le penalty et a surtout signé l'assist du but victorieux, en bottant correctement, une fois n'est pas coutume, le coup de pied de coin. Chicharito, rentré 10 minutes après Nani et Scholes, a lui aussi signé une belle copie en embêtant énormément les défenseurs adverses.

Mais ces rentrées apportent autant de satisfactions que d'interrogations : si Fergie se borne à ne pas recruter de milieu de terrain de classe mondiale depuis plusieurs mercatos, pourquoi devons-nous encore dépendre d'un joueur de 37 ans ? Si Young est blessé, pourquoi aligne-t-il Welbeck sur le flanc gauche et pas Nani, un vrai ailier, d'entrée ? Que faut-il qu'Evra fasse pour perdre sa place ? Le français ne retrouvera jamais son niveau d'antan et, malgré l'arrivée de Büttner, semble indéboulonnable. In Fergie we trust, mais ce sont autant de signes qui nous rappelent cruellement que notre légendaire écossais est plus proche de la fin que du début, et que ce n'est peut-être finalement pas si grave. Puisse-t-il me faire bouffer mes paroles dans les prochaines semaines !

Cette victoire ne peut donc masquer nos carences. Une défense perméable, un milieu qui ne trouve pas la solution contre des promus jusqu'à l'entrée d'un vétéran, et des ailiers pas assez décisifs. J'ai beau être un fan inconditionnel de Valencia, savoir que c'est lui qui adressa le centre parfait sur le premier but de RVP, l'équatorien réalise un début de saison très moyen et ne justifie pour le moment pas son nouveau numéro 7. Si United a été mauvais, je m'en voudrais de boucler cette review sans saluer la performance de Southampton. Après avoir fait douter nos voisins bruyants lors de la première journée, ils ont bien failli gâter leurs fans avec une victoire de prestige qui aurait été totalement méritée. Cette équipe joue bien, sans complexe ni calculs (c'est peut-être ce qui la perdra) et a tenu la dragée haute au plus grand club d'Angleterre. Si le final de ce match fut dantesque à ce point, c'est parce que nous avions peu d'espoir de repartir de chez eux avec quelque chose. Bonne route à eux.

Alors certes, ce match ne nous rassure pas vraiment, mais il faut parfois se contenter des trois points en espérant que le jeu sera là au prochain rendez-vous. Celui-ci aura lieu dans deux semaines, matches internationaux obligent, contre Wigan à domicile, puis en CL contre les turcs du Galatasaray, toujours à Old Trafford. Autre bonne raison de garder le sourire : Liverppool a encore perdu, à Anfield, et signe un de ses pires débuts de saison de ces 50 dernières années. C'est pourtant leur saison, non ?

Casting : Lindegaard, Rafael, Ferdinand, Vidic, Evra, Valencia, Carrick, Cleverley (Scholes), Kagawa (Nani), Welbeck (Chicharito), Van Persie.

Recalés : De Gea, Evans, Giggs, Powell.

Homme du match : Oui, Scholes a changé la physionomie de la rencontre, mais comment ne pas désigner RVP ? Son but sur le 1-1 résume à lui seul toutes ses qualités : contrôle parfait, équilibre, puissance, timing et finition parfaite... Et puis cette panenka dégueulasse qui aurait dû faire de lui le boulet de la semaine et qui a dû amuser bien des Gunners encore énervés par son passage à l'ennemi. Ceux-là même qui ont dû pleurer quelques minutes et deux buts plus tard. Comme l'exécrable Piers Morgan, qui s'est fendu d'un "I want to die" des plus exquis sur Twitter. Rien que pour ça, il mérite bien nos applaudissements !


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