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Tueurs Nés

Publié le 07 septembre 2012 par Olivier Walmacq

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Genre : Thriller, Action (interdit aux moins de 16 ans)

Année : 1994

Durée : 1H55

L’histoire : Mickey et Mallory Knox forment un couple jeune et amoureux mais également meurtrier. Fou d’amour et de violence, ils parcourent les routes en enchaînant les massacres sanglants. La police se mobilise mais également les médias qui font des deux criminels de véritables stars.

La critique de Vince12 :

Tueurs Nés, réalisé par Oliver Stone, s’est imposé comme l’un des films cultes des années 90. A cette époque le réalisateur était encore dans la subversion comme il avait pu le montrer à travers des œuvres comme Platoon, Né un 4 Juillet ou encore Wall Street.

En 1994 il se lance dans Tueurs Nés dont le scénario est signé Quentin Tarantino. Cependant, Stone le remaniera à sa façon et Tarantino déçu de la version finale refusera d’être lié au film (pourtant son nom apparaît au générique). A sa sortie, le film fait scandale en raison de sa violence et de son côté choc. Stone ouvre alors le débat sur la violence de la société.

Certains parlent alors du nouvel Orange Mécanique, Stone semblant effectivement quelque peu influencé par le film de Kubrick. La polémique monte encore suite à un fait divers que certains disent influencé par le film. Alors au final Tueurs Nés est-il la claque attendue ? Mon avis ? Pas vraiment en réalité.

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D’ailleurs certaines critiques reprocheront au film de ressembler à ce qu’il veut dénoncer.

Attention SPOILERS !

Mickey et Mallory Knox sont deux jeunes amoureux pris dans la folle spirale de la violence. Ils traversent le pays en tuant plus de cinquante personnes.
La police les traque activement mais les médias aussi. En effet, pour la télévision et les journaux, c’est une aubaine que d’avoir ces deux tueurs en série.
Bien vite Mickey et Mallory deviennent des Stars et le public n’a dieu que pour eux.

Un jour cependant ils sont arrêtés. C’est alors qu’un journaliste a l’idée plus qu’audacieuse de se rendre à la prison et d’interviewer Mickey. Pendant l’interview, le psychopathe parvient à s’emparer d’une arme et à déclencher une évasion générale dans la prison.
Le journaliste se joint à cette équipe de criminels et les choses tournent au carnage.

L’histoire reprend les grandes lignes du scénario de Tarantino. Stone signe un film à la mise en scène furieuse et violente. La première partie est particulièrement violente et teintée par le style des seventies. La seconde partie est encore plus violente et s’inscrit plus dans le registre des années 90.

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 Le film regorge d’idées ingénieuses au niveau du style. Par  exemple, on citera la scène de la rencontre entre Mickey et Mallory  accompagnée d’une Laugh box. Ou encore les images subliminales pour exposer les hallucinations des deux meurtriers. 

La mise en scène nous entraîne donc dans les délires des deux tueurs. Cependant l’usage trop fréquent de filtres finit par agacer (on revoit certaines scènes deux trois fois avec un filtre différent). C’est pourquoi malgré de bonnes idées, la réalisation est assez prétentieuse.

Au final Stone veut ici étudier la violence de notre société et plus précisément la fascination des medias pour cette violence. En effet, nous vivons dans une société ou les medias colportent la violence et en font un spectacle de foire pour le public.
Ainsi, certains tueurs deviennent de véritables stars. Certes le sujet du film est très intéressant fascinant même. Malheureusement Stone ne parvient jamais à vraiment l’exploiter.

Après une première partie pleine de violence. On s’attend à une analyse et à une réflexion sur cette violence dans la seconde.
Mais Stone préfère nous offrir un déferlement de meurtres qui n’apporte rien de plus au fond de l’histoire. Le journaliste se joint beaucoup trop facilement à Mickey et Mallory.

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Mais surtout encore une fois si la violence est à travers tous les personnages elle n’est jamais analysée. Qui plus est, le film est bourré de clichés grossiers dans ses images et ses personnages. Alors oui tout le monde en prend pour son grade, les policiers, les medias, bref la socièté américaine, mais tout est beaucoup trop caricatural.

Ici Stone délaisse totalement l’aspect subversif et analytique pour se centrer sur ses deux protagonistes principaux qui deviennent, à l’image du film, des héros pour le spectateur. Et c’est alors que ce film qui avait un potentiel énorme devient un banal film d’action ultraviolent.

Heureusement les acteurs principaux parviennent à sauver le film. Woody Arrelson et Juliette Lewis sont remarquables dans leurs rôles de psychopathes.
Par contre, Tommy Lee Jones et Robert Downey ne sont pas loin du cabotinage dans leurs rôles. D’ailleurs, leurs prestations témoignent d’un autre défaut du film, l’aspect satirique trop cliché et trop poussé qui se retrouve également dans la mise en scène.

On a droit à un bombardement de vraies images de journaux télévisés relatant la violence. Tout ça dans le but,selon les propos du réalisateur, de nous montrer que Mickey et Mallory sont des victimes de la violence de la socièté et de la médiatisation de cette violence. Débat pas inintéressant mais franchement un peu simpliste à mon avis.

Clairement ce qui saute aux yeux c’est que Stone avait pour but de faire un film polémique sur la violence et qu’il s’est littéralement perdu en chemin.
Pour s’en convaincre, il suffit de visionner les interviews du réalisateur à la sortie du film pour le voir tenter sans aucun arguments d’expliquer son film ou d’évoquer l’idée d’un Tueurs Nés 2.

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Alors oui la violence est présente, le film est très cru à ce niveau, mais je le répète la reflexion est passé en coup de vent. Et c’est ce qui différencie Stone d’un Kubrick, d’un Peckimpah, d’un Scorsese ou encore d’un Haneke.        

Pour autant le film n’est pas à jeter non plus, mais clairement il n’est pas l’œuvre choc attendue et s’apparente davantage à un film d’action fun et violent fait pour séduire la génération MTV des années 90.

Note : 12/20

Tueurs Nés
Hello,
Bon ben ce film se passe de commentaire. Du gros n'importe quoi.


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