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Vst

Publié le 09 septembre 2012 par Joseleroy

Fabien a laissé sur ce blog une critique de la Vision sans tête. Je le remercie de ces remarques, et je vais y répondre ici, sans polémique, chacun étant libre d'emprunter le chemin qu'il trouve le meilleur pour s'éveiller.

Mais ces critiques témoignent surtout d'une grande méconnaissance de la voie initiée par Douglas Harding:

Il écrit:

'Je remarque, ici ou ailleurs, sur le net ou dans des livres, que trop souvent, et au premier chef, Douglas lui-même, mais aussi ses proches éléves, présentent la voie dîte de la "vision sans tête" ( VST pour les intimes) comme une voie à part entiére, réelle, compléte en soi et permettant d'atteindre le but, la libération dans cette vie-ci.
En effet, si la VST est un exercice extrêmement pratique et efficace pour pointer dans une direction qui peut nous mettre sur la voie, comment ce simple exercice, ce truc, cette astuce, pourrait être une voie en soi?
Je vais plus loin. Comment le fait que je ne peux jamais voir mon propre visage (si ce n'est dans un miroir bien sûr), qu'en lieu et place de celui-ci, je ne peux que constater un vide lumineux, plein de l'ensemble de la création, en d'autres termes plein du tout, ce que tous les maîtres, authentiques ou pas, toutes les traditions, réelles ou supposées, appelent la Conscience, comment cette simple constatation, pourraît me permettre d'être libre du moi, d'être libre de moi, ce qui est, semble-t-il, le but de la spiritualité...'

En effet, la vision de la vacuité est ue voie en soi. Rien d'autre n'est nécessaire. Il suffit de se reposer dans la vacuité nue de la conscience. 

La constatation simple (car c'est en effet très simple) de l'absence de tête est la constatation que personne ne regarde, n'entend, ne goute etc... C'est une libération instantanée par l'éveil à sa vraie nature.

je n'ai pas besoin de la confirmation d'autres maitres ou enseignements; je vérifie cette vérité par moi-même mais cette voie simple et radicale est au coeur du dzogchen par exemple.

La critique continue :

"Ce que je peux constater, à la rigueur, c'est l'absence de mon visage dans le champ de ma vision, c'est tout, rien d'autre...Il est abérant de dire je vois la conscience, tout autant que de dire je vois mes propres yeux sans l'aide d'un miroir...Car c'est faire de la conscience un objet! "

La conscience n'est pas un objet ; elle est ce qui perçoit. Or nous croyons que c'est un individu qui perçoit, que c'est quelqu'un, deux yeux, une tête etc... Prendre conscience de la vacuité au-dessus des épaules tranche cette illusion. Le monde jaillit dans la vacuité. La vacuité est vide de la vacuité; ce n'est pas un objet, ni un sujet d'ailleurs. C'est au-delà du sujet et de l'objet.

"C'est une chose de voir que le corps n'est qu'une trace, un support pour la conscience, il en est une toute autre de l'incarner, ici et maintenant, complétement, à 100%, d'accepter ce qui est tel que c'est exactement, mais aussi et surtout de basculer de l'autre côté du miroir, dans cette dimension purement spirituelle où je n'existe plus, où je suis déjà mort, par conséquent où: qu'un désir se réalise ou pas, me laisse indifférent, que ma femme soit heureuse ou pas, me laisse indifférent, que je vive ou que je meurs, me laisse indifférent, etc...
Combien de ceux qui disent suivre cette "voie" de la VST, sont prêts réelement et concrétement à mourir, tout de suite, maintenant, ici et maintenant"

Celui qui s'éveille pour la première fois à la vacuité s'y éveille parfaitement, à 100% . Ensuite il faut vivre à partir de cette découverte. Il faut pratiquer et pratiquer encore la vision nue de la vacuité.

Simple ne veut pas dire facile. Beaucoup de gens viennent au stage, tous ne sont pas engagés sérieusement; mais ceci est vrai pour toutes les voies je pense.

Dans cette voie-ci nous commençons par l'éveil : ici et maintenant nous nous éveillons à la vérité ultime : personne ne regarde. Ensuite notre pratique consiste à jouir de cette découverte.

"Enfin, je ne pense pas que ce simple exercice, ici et maintenant, il n'y a pas de tête pour voir, même répété parfaitement, des millions de fois, ici et maintenant, à longueur de journée, soit un chemin efficace et même réaliste pour atteindre définitivement et profondément l'autre rive... "

Eh bien, je pense moi, à partir de mon expérience, de celle de Douglas et de celles de centaines de personnes dans le monde, que vous vous trompez; c'est un chemin très efficace car il est simple, direct et profond.

"D'ailleurs l'expression même, "vision sans tête" est imparfaite voire imprécise: en réalite c'est autant une vision sans dos, sans nuque, sans fesses...ultimement je dirais même que c'est une vision sans corps du tout, puisque celui-ci n'est que le réceptacle, chez chacun, partout et toujours, de la conscience, comme le bois qui n'est présent qu'en tant que combustible pour la flamme..."

Oui la vision est vision sans corps, sans dos. Mais l'expression "vision sans tête " est excellente comme porte d'entrée dans la vacuité.

"En guise de conclusion, je vous propose, à mon tour, un petit exercice, trés simple...
Baladez-vous en forêt, ou à la mer ou encore à la montagne mais en tous cas au calme, sans voiture et de préférence sans trop de monde aux allentours...
Vous marchez, vous avancez, vous progressez et, d'un seul coup, sans crier gard, vous vous retournez d'un bond...Où est votre tête? Où est votre corps? Il n'y a que le décor et vous, la conscience pour en prendre...conscience justement!
Essayez!"

Mais c'est cela vivre sans tête !

Voici comment Douglas a décrit son éveil :

« Le plus beau jour de ma vie –ma nouvelle naissance en quelque sorte- fut le jour où je découvris que je n’avais pas de tête. Ceci n’est pas un jeu de mots, une boutade pour susciter l’intérêt coûte que coûte Je l’entends tout à fait sérieusement : je n’ai pas de tête. Je découvris instantanément que ce rien où aurait dû se trouver une tête, n’était pas une vacuité ordinaire, un simple néant. Au contraire, ce vide était très habité. C’était un vide énorme, rempli à profusion, un vide qui faisait place à tout –au gazon, aux arbres, aux lointaines collines ombragées et, bien au-delà d’elles, aux cimes enneigées semblables à une rangées de nuages anguleux parcourant le bleu du ciel. J’avais perdu une tête et gagné un monde.
Tout cela me coupait littéralement le souffle. Il me semblait d’ailleurs que j’avais cessé de respirer, absorbé par Ce-qui-m’était-donné : ce paysage superbe, intensément rayonnant dans la clarté de l’air, solitaire sans soutien, mystérieusement suspendu dans le vide, et (en cela résidait le vrai miracle, la merveille et le ravissement) totalement exempt de « moi », indépendant de tout observateur. Sa présence totale était mon absence totale de corps et d’esprit »

Douglas Harding "Vivre sans Tete" Edition Le Courier du Livre

je suggère à Fabien de lire plus sérieusement les écrits de Douglas ou les miens ou de venir à un stage.

Cordialement

jlr

Merci José, d'avoir pris la peine de me répondre.

Bien à vous,

Fabien Meyer


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