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Voyage solidaire, vraiment ?

Publié le 11 septembre 2012 par Cambodiaexpat @Cambodiaexpat

La grande tendance, c’est faire solidaire. On en trouve partout : sur les paquets de café comme dans les articles de journaux. Tout le monde en parle, cela frise l’indigestion.

Voyage solidaire, vraiment ?

La solidarité, c’est aussi distinguer le naturel du trucage. Ici, c’est nature.

Au palmarès des pays où le mot solidaire est prononcé, le Cambodge doit se tailler la part du lion. Personne ne sait vraiment combien d’ONG sont présentes sur place, les estimations oscillent entre 2500 et 4000. Une solidarité Nord Sud fondamentalement utile, encouragée mais qui commence à s’épuiser : densification des besoins, population qui voudrait regagner son autonomie, ONG ayant perdu leurs perspectives (et leur rêve ?), donateurs et dons en baisse… Pour autant, la solidarité doit encore se développer.

Au pays du sourire, les touristes la jouent aussi “solidaire”. Mais de quoi ?

Les agences de voyages comme les réceptifs se targuent de ce mot qui perd tout son sens dans le vide des actions menées. La preuve : une agence de voyages de Siem Reap (Beyond Travel) propose du sejour solidaire en promettant “dans des lieux mémorables, vous rencontrerez la population et pourrez participer à la vie locale. Autant d’opportunités de photos inoubliables !”.

La réalité, c’est la visite de villages les plus pauvres possibles, l’organisation “d’artisanat” (qui est réalité n’est actif que quand les touristes sont présents), la simulation de bienvenue par une troupe d’enfants qui chantent à l’arrivée du bus, le guide qui rémunère les villageois qui du coup ne font plus rien que d’attendre l’obole… Ça se passe de commentaires.

Quelques agences plus sérieuses proposent de reverser un pourcentage de leur chiffre d’affaires à des projets locaux. Pour autant, l’impact touristique n’est pas forcément pris en compte : sous couvert de ces euros versée à une ONG, le touriste s’arrogera le droit de prendre en photo la femme qui se lave les cheveux derrière sa maison ou de pénétrer chez l’habitant, violant ainsi le droit légitime d’intimité. Le don ne crée pas le respect et l’organisateur du voyage ne cadre pas forcément l’opération.

Et puis, où est la solidarité dans ce type de voyage ? Solidarité implique un bénéfice pour les villageois et pour le touriste. La solidarité ne peut se faire sans engagement : il n’y en a aucun de la part de celui qui visite.

Si l’on veut que la solidarité prenne vie, il y a donc des pré-requis : être ouvert sur le contexte de vie, les enjeux du voyage, l’acceptation des différences, le partage. Etre prêt à prendre quelques risques, entre autre celui de voir la réalité. Le tourisme solidaire est donc un tourisme avant tout respectueux, ouvert et engagé.

Qui donc propose cela ?


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