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Au Maroc, l’ANORMAL est devenu NORMAL!

Par Citoyenhmida

Un de mes anciens collègues avait cette formule lapidaire pour décrire la situation qui sévissait à l’époque dans notre pays : “Le Maroc est le pays où la norme se négocie”.

En effet à l’époque, pour transgresser la norme,  dans le sens le plus large du terme, qu’elle soit légale, réglementaire, sociale ou même religieuse, il suffisait….non, il ne suffisait pas……IL FALLAIT NÉGOCIER!

La négociation pouvait réussir, avec des risques d’échouer, mais la violation de la norme, si elle envisageable, n’était pas systématique!

Et au fil du temps, la norme a perdu son aura, elle s’est diluée dans un magma de règles tellement complexes que plus personne ne semble en avoir la moindre idée.

Ainsi, ce qui est ANORMAL, c’est à dire ce qui est “contraire à la norme”, c’est-à-dire “conforme à la norme, à l’état le plus fréquent, habituel; qui est dépourvu de tout caractère exceptionnel”.

Nous pouvons constater ce retournement de situation chaque jour dans tous les secteurs de notre vie quotidienne.

De l’occupation abusive de l’espace publique par les cafetiers et les marchands ambulants à l’occupation illégale du domaine publique par des promoteurs immobiliers indélicats, de la violation systématique des interdictions de stationner ou des limitations de vitesse à l’intérieur des agglomérations aux infractions les plus meurtrières du code de la route comme les surcharges, l’état délabré de certains véhicules de transport ou encore les dépassements irresponsables, on a l’impression que chaque geste, chaque action, chaque mouvement de nos concitoyens est dicté par la seule volonté d’être contraire à la norme.

Quand on se penche sur des secteurs plus élaborées, la même constatation revient.

Il est bien rare que l’on puisse obtenir un papier administratif dans les condition “normales” : une simple légalisation de la signature nécessite d’être bien introduit auprès du responsable, car avec les grèves à répétition des agents munipaux, cette démarche anodine peut nécessite des journées entières.

Dans les centres de santé et dans les hopitaux, dans les écoles, dans les tribunaux, dans tous les services publics, on peut relever ce genre de dysfonctionnements. Le proclamer ne relève ni de la diffamation ni du dénigrement systématique du pays : les responsables au plus haut niveau de l’état en sont conscients!

Je ne veux pas citer des exemples plus complexes : mais il suffit de savoir que le Maroc est placé parmi les pays les plus atteints dan s le monde par le fléau de la corruption  pour que l’on devine que beaucoup de ce qui se passe dans nos administrations n’est ‘NORMAL”, dans le sens où il serait conforme à la norme!

Pourtant, tout le monde semble s’en accommoder!

Après avoir négocié la norme pendant des années, les  marocains – simples citoyens, agents économiques, élus et responsables – en sont arrivés à l’ignorer totalement et à considérer comme normal ce qui est “en dehors de la norme”!

Nous vivons actuellement un exemple tout à fait édifiant de cette situation avec la position des responsables des établissements d’enseignement privé.

La loi est claire : mais sa violation est devenue tellement généralisée que le cette situation “anormale” est devenue “normale” aux yeux de ceux à qui elle profite et que le retour à la normale, à la légalité leur apparait comme “anormal”!

Situation kafkaïenne, s’il en est, mais situation que les marocains vivent dans la majorité de leurs activités.

Tout comme détruire des logements clandestins provoque des émeutes, parce que cela semble normal de construire comme on veut, là où l’on veut, ! Bien sûr, il ne fallait laisser construire ces logements, mais les les laisser proliférer n’est pas plus normal.

Tenter d’organiser les examens du baccalauréat sans fraude, sans copiage, sans tricherie a semblé à certains lycéens comme une atteinte à “des droits acquis” : frauder, copier et tricher sont des actes “normaux” pour ces jeunes.  Il leur parait  anormal de les empêcher d’avoir recours à ces procédés aussi bien  amoraux et  immoraux qu’ illégaux et de leur demander de faire appel à leurs compétences. On s’étonne ensuite de la dégradation de notre enseignement!

Autre exemple mais à contrario cette fois-ci : les héros dont  la presse fait ses choux gras ces derniers ne sont pas les fonctionnaires de la police qui font tout simplement leur travail, mais ceux qui refusent de toucher des pots de vin! Comme si toucher une “enveloppe” est devenu tout à fait normal et que le fait de la refuser relève d’une rare  grandeur d’âme et d’un courage digne de tous les égards!

Bref, nous semblons vivre dans un monde à l’envers!

Pourtant, le retour à la normale est la seule solution pour sortir ce pays de la spirale qui l’entraînera inévitablement vers la catastrophe. Si on y échappe jusqu’à présent, c’est qu’à divers étages de la chaine de responsabilité, nous trouvons encore des citoyen/nes qui ont conscience du danger qui menace le pays et qui essaient de “travailler selon les normes en vigueur”!

P.S. très personnel : un fait tout à fait anormal semble avoir pris toutes les forme de la “normalitude” sur cet espace. Je m’explique : ce blog, dont les objectifs premiers étaient  l’échange, le patage et le dialogue, est devenun  au fil du temps une arène où s’affrontent quelques talentueux polémistes à propos de sujets, qui le plus souvent, n’ont rien à voir avec les sujets que j’aborde et que  j’essaie de diversifier le plus que je peux, pour mon plaisir et celui je’spère de ceux qui me font l’honneur et le privilège de me lire. Je tiens donc donc à revenir à la normale : à bon entendeur, salut!


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