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Savages, critique

Publié le 18 septembre 2012 par Fredp @FredMyscreens

Savages, critique

Oliver Stone de retour sur un sujet un peu sulfureux pour se remettre en selle, c’est avec Savages et son gros casting de camés.

Savages, critique
Cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas vu un bon film d’Oliver Stone. Perdu dans les affres de l’ère Bush de World Trade Center à Wall Street 2 en passant par W., le réalisateur politiquement incorrect des 90′s n’était plus que l’ombre de lui-même et il faut bien remonter plus de 12 ans en arrière pour lui trouver un film réussi (l’Enfer du Dimanche). En s’attaquant à l’adaptation de Savages de Don Winslow, le voilà donc reparti dans un cinéma plus sulfureux et dans lequel il peut s’amuser à expérimenter pas mal de choses sur l’image et la narration, pour le meilleur et pour le pire.

Avec Savages, le réalisateur débarque dans l’univers du trafic de cannabis en Californie puisqu’il s’intéresse au trafic de Ben et Chon dont l’affaire cartonne tellement qu’un cartel mexicain s’y intéresse. Mais comme les deux compères refusent de vendre, la dirigeante va enlever leur copine, provoquant alors une réaction en chaîne faites de manipulations et de règlements de compte.

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Emmené par en casting aux petits ognons, malgré une voix off sans grand intérêt de Blake Lively, Savages commence donc sous les meilleurs auspices. Le duo de jeunes trafiquants (Aaron Johnson l’idéaliste et Taylor Kitsch la brute) fonctionne parfaitement et dégage assez de charisme et de sympathie pour pour les suivre dans leurs manigances. En face, Salma Hayek s’impose dans le rôle de leader du cartel mexicain tout en laissant transparaitre une faiblesse maternelle touchante, Benicio Del Toro est l’homme de main redoutable et cynique qui fait froid dans le dos tandis que Travolta assume pleinement son rôle de ripou. Tous sont là pour donner le meilleur et le réalisateur en profite bien pour n’en oublier aucun en cours de route.

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Mais si il traite bien ses personnages, ce n’est pas toujours le cas de son récit. Un peu laborieux à se mettre en place et marqué par quelques longueurs qui rendent le tout assez bordélique, l’ensemble est assez difficile à suivre par moments. Le réalisateur nous assaille d’informations dans une même scène de manière quelques fois brillante, d’autres fois plutôt lourde, obligeant le spectateur à une attention constante et parfois fatigante. Mais cela fonctionne tout de même et quand le récit démarre vraiment (après le kidnapping), on se prend au jeu. Bourré d’effets de style clipesques souvent patauds que n’aurait pas renié feu Tony Scott, Oliver Stone expérimente, teste, s’amuse avec la caméra et le montage pour offrir un récit légèrement déconstruit mais à la dynamique régulièrement euphorisante.

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Malheureusement, tout cela sera entaché dans les derniers instants par une fin qui n’a pas lieu d’être, comme un foutage de gueule maladroitement amené, qui change le ton du récit et n’assume alors pas complètement sa dramaturgie. Cette autre fin sans intérêt détruit alors toute la tension ce qui avait été installée sous la chaleur de la Californie et laisse alors un sentiment de déception en sortant de la salle et c’est bien dommage.

Savages, critique

Malgré ses tics, Savages reste tout de même, par son sujet et son traitement, le meilleur film d’Oliver Stone depuis une décennie. Non pas son meilleur film, mais ça fait tout de même plaisir de voir qu’il lui reste encore de la verve, une certaine sauvagerie et un ton acerbe et sans concessions qui l’amène à retrouver le cinéma qui l’avait fait connaitre. Nul doute qu’en en retirant certaines boursouflures nous tenions là un excellents film sur le trafic de drogue au soleil. Il s’en est fallu de peu.


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