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[Critique] LOS CHIDOS

Par Onrembobine @OnRembobinefr

L’Étrange Festival 2012

Titre original : Los Chidos

Note:

★
★
★
☆
☆

Origines : États-Unis/Mexique/Allemagne
Réalisateur : Omar Rodriguez-Lopez
Distribution : Kim Stodel, Maria De Jesus Canales Ramirez, Manuel Ramos, Cecillia Gutiérrez, Erasmo Rodriguez…
Genre : Comédie
Date de sortie : Indéterminée

Le Pitch :
Au Mexique, la famille Gonzales est l’heureuse propriétaire d’un garage/casse auto. Désaxée, oisive et vénale, la famille cumule les problèmes lorsqu’elle tombe sur un « Gringo » sûr de lui, qui tombe en panne pile poil devant la boutique. Relativement généreux au niveau des biftons, cet arrogant américain est vu par les Gonzales comme un portefeuille sur pattes. Raison de plus pour le garder un peu avec eux….

La Critique :
Omar Rodriguez-Lopez est surtout connu pour être le musicien génial de At The Drive In et de The Mars Volta. Reconnu au minimum comme étant un excellent guitariste très créatif, il signe ici sa première réalisation avec Los Chidos. Les mélomanes savent que le musicien est un peu allumé, les cinéphiles vont découvrir ici une œuvre particulièrement barrée.
À la sortie du film, certains spectateurs qualifient le film de véritable bouse. Pas exempt de défauts (on voit ici clairement que c’est un premier film ), cette histoire n’en reste pas moins choquante, subversive, voire dérangeante.

Véritable famille de dégénérés, les Gonzales cumulent les tares. Authentiques loques engraissées aux tacos, ils sont fainéants comme des couleuvres, vénaux comme c’est pas permis, torpillés par des déviances sexuelles vraiment glauques et sales comme des poux. À cet état des lieux déjà catastrophique, vient s’ajouter une odeur de cierge particulière nauséabonde, puisqu’ici la religion sert à tout, sauf à guider les brebis vers la lumière.
Entre un fils homo qui est rejeté par une mère incestueuse et un père pervers, un cousin malsain et deux filles complétement à la ramasse, le constat est sans appel : la famille est la pire réunion de bras cassé de la ville. Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là, puisqu’il faut ajouter à cette joyeuse bande, un couple de voisins complétement dysfonctionnel dirigé par un mari homo refoulé complément macho, qui a une conception très particulière de la vie à deux.
Face à eux, Jim, le Gingo de base n’est pas plus épargné par Rodriguez-Lopez. Arrogant, fier, niais et arrivant en terrain conquis, le malheureux touriste achète tout à grands coups de dollars croyant qu’il est devenu l’étoile de la famille.
Entre Jim et la famille va alors se jouer un tour malsain, qui ne profitera en définitive à personne, chacun se noyant dans ses névroses personnelles et se laissant écraser par la chaleur étouffante du climat mexicain.

En opposant les deux cultures, Roriguez-Lopez étale tout un arsenal de provocations dérangeantes et ne recule devant rien pour dégoûter le spectateur. Il faut en effet avoir le cœur bien accroché pour supporter certaines scènes et appréhender le scenario « What the Fuck ? » de ce Los Chidos. Intéressant pour son côté politique, le film tire à boulets rouges sur la religion, le racisme ordinaire et la misère, mère de toutes les horreurs.
Le plus étonnant reste au final que dans ce décor verdoyant aux sonorités chaloupées persiste un petit quelque chose qui permet au glauque de se dissiper quelque peu et ainsi d’échapper à l’insupportable.
En voulant réaliser un film coup de poing, Rodriguez-Lopez en fait trop, pêche par excès de provocation et fait quelques erreurs. La mise en scène n’est pas terrible, le rythme est parfois bordélique et bien qu’ayant du fond, le film n’ a pas de film conducteur et se prend les pieds dans le tapis à de multiples reprises.
Première expérience oblige, on passera à notre Omar quelques erreurs de débutant et on relèvera ce film très particulier, qui ne fait pas de détails et qui montre un réalisateur qui a la rage et est prêt à faire feu de tout bois… À très vite !!!

@ Pamalach

[Critique] LOS CHIDOS


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