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[Critique] JASON BOURNE : L’HÉRITAGE

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : The Bourne Legacy

Note:

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☆
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Origine : États-Unis
Réalisateur : Tony Gilroy
Distribution : Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton, Scott Glenn, Stacy Keach, Donna Murphy, Michael Chernus, Albert Finney, Joan Allen, David Strathairn…
Genre : Action/Espionnage/Thriller/Saga
Date de sortie : 19 septembre 2012

Le Pitch :
Suite aux agissements de Jason Bourne, le programme Outcome -qui fabrique des agents super-performants capables d’assurer des missions à hauts risques- est compromis. L’instigateur du projet, le Colonel Byer risque gros et ne compte pas tomber sans réagir. Pour le préserver, la décision est prise d’éliminer par tous les moyens toute personne impliquée de près ou de loin dans le programme Outcome. Parmi les agents concernés, Aaron Cross évite la mort de peu. Dès lors, il devient la cible prioritaire de ses anciens employeurs. Il va se rapprocher d’une biochimiste, elle-même pourchassée…

La Critique :
Comment continuer à exploiter le filon Jason Bourne, alors que Matt Damon et le réalisateur Paul Greengrass refusent de rempiler ? C’est simple : poursuivre l’histoire, écrire un scénario inédit qui n’est pas l’adaptation d’un roman particulier (contrairement donc aux trois films précédents) et embaucher une nouvelle équipe. Tony Gilroy, qui avait écrit les scripts des trois premiers Bourne a ainsi accepté de se remettre au turbin. Au scénario et à la réalisation, lui qui avait déjà tâté du métier de cinéaste à l’occasion de Michael Clayton et de Duplicity. Gilroy qui fait le trait-d’union entre la première trilogie et ce nouveau long-métrage qui, c’est très clair, se pose comme le possible premier épisode d’une nouvelle saga. Côté casting, on fait le grand ménage et on embauche Jeremy Renner, un acteur en pleine bourre, qui est alors à peu près dans la même posture médiatique que Matt Damon à l’époque de La Mémoire dans la Peau.
Jeremy Renner qui, tout auréolé des succès combinés de Démineurs, The Town, Mission : Impossible 4 ou encore Avengers, embrasse un rôle peu ou proue similaire à celui de Matt Damon, mais qui fait pourtant tout pour s’en démarquer. Un acteur qui bouge bien, physiquement crédible, solide et intense, qui se calque sur la tonalité d’un long-métrage qui passe son temps à affirmer sa différence par rapport à ses ainés, sans avoir l’air d’en être vraiment convaincu.

Le constat est globalement le suivant : à aucun moment, Jason Bourne : L’Héritage n’apparait comme un projet totalement inédit et à aucun moment il n’arrive à masquer de manière convaincante l’opportunisme de la manœuvre. Personne n’a l’air convaincu. Ni Tony Gilroy, ni même Jeremy Renner.
Pour autant, tout le monde, y compris ceux qui apparaissent furtivement, s’échine à convaincre et à justifier le métrage. Tony Gilroy le premier, qui fait du bon boulot. Sa caméra virevolte et retranscrit la majorité du temps une action lisible. Dommage simplement que toutes les grosses séquences d’action soient dans la bande-annonce. Si on compare la mise en scène de Gilroy à celle de Greengrass, force est d’admettre que le premier a bien retenu les leçons du second, mais difficile de lui en vouloir. Les résultats sont là. Quand il monte en pression, Jason Bourne : L’Héritage assure avec ferveur et visuellement, le pari est gagné.
Et ce malgré des seconds rôles accessoires, comme par exemple celui d’Edward Norton, qui passe tout le film la mâchoire crispée et le regard grave, en naviguant d’un bureau à un autre, aboyant des ordres et fixant des écrans.

Le nouveau Bourne n’est pas, comme prévu, une révolution. Il fait le boulot proprement, mais c’est tout. Le scénario s’acharne à compliquer une histoire qui ne l’est pas et qui du coup, aurait gagné à être plus dépouillée. Le film est ainsi trop long d’une bonne demi-heure et seule la première partie, qui voit Renner parcourir les steppes glacées de l’Alaska, constitue une bonne surprise. Tony Gilroy fait montre d’une belle volonté et force est d’admettre que malgré tout, le constat aurait pu être beaucoup plus catastrophique.

Au fond, c’est toujours le même problème. Le succès de la trilogie Bourne appelait forcement une suite. Y-avait-il une place pour cette suite ? Non. N’est pas James Bond qui veut et ici, c’est particulièrement flagrant. Jason Bourne : L’Héritage incarne l’ambition des producteurs d’aller titiller Bond sur ses terres, eux qui souhaitent peut-être enfiler les suites, en changeant d’acteur comme de réalisateur ; bafouant un petit peu au passage le caractère inédit et frais qui caractérisait les films adaptés de l’œuvre de Robert Ludlum.
En 2002, La Mémoire dans la Peau posait les jalons d’un nouveau genre d’action. Dix ans plus tard, L’Héritage passe à la photocopieuse. Coup de bol, cette photocopie bénéficie encore de la bonne influence de certains de ses maitres d’œuvre. Pas sûr qu’au fil des années, ce soit toujours le cas…

@ Gilles Rolland

[Critique] JASON BOURNE : L’HÉRITAGE

Crédits photos : The Kennedy/Marshall Company


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