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Le nouveau monde

Publié le 25 septembre 2012 par Olivier Walmacq

XVIIème. John Smith débarque comme beaucoup d'explorateurs brittaniques en Amérique. Là bas, il se met à se familiariser avec les Indiens et notamment l'une des filles du chef, Pocahontas...

Le Nouveau monde : photo Christian Bale, Christopher Plummer, Colin Farrell, Noah Taylor, Terrence Malick
"Ils ont l'air sympas ces anglais" qu'ils disaient...

La critique américaine de Borat

Ah Terrence Malick, un cas à part dans le cinéma! Un réalisateur qui a fait deux films à peu d'années d'écart, pour ensuite attendre vingt ans avant de tourner un nouveau film, ensuite de mettre sept ans pour en faire un autre et enfin se mettre à tourner plus d'un film en moins de trois ans! To be wonder est passé récemment à Venise et deux autres sont en tournage avec notamment Christian Bale, Ryan Gosling, Rooney Mara, Natalie Portman et Cate Blanchett. Une cinéaste peu prolifique durant plus de trente ans, ayant attendu la soixantaine pour le devenir. En 2005, il réalisait donc son quatrième film après une Ligne rouge tout simplement magnifique. Comme souvent, le tournage dura longtemps à l'image de son réalisateur, montage long, coupes multiples (Christopher Plummer fut particulièrement fâché de cela et a dit ne plus vouloir tourner avec Malick) malgré une sacrée durée (le Director's cut dure vingt minutes de plus que la version cinéma de déjà 2h20!) et son côté contemplatif, musique de James Horner complètement invisible au contraire de Wagner quasiment omniprésent... Sans compter évidemment l'insuccès du film, beaucoup croyant à un film épique comme le montrait franchement la bande-annonce.

Le Nouveau monde : photo Colin Farrell, Terrence Malick

A l'âge de dix ans, j'avais été le voir au cinéma pensant justement à ça et je m'étais royalement fait chier, pas encore habitué à ce genre de films lents et pas forcément grand public. Il aura donc fallu sept ans et l'achat du Director's cut (et accessoirement la vision de La ligne rouge et The Tree of Life) pour que votre cher Borat apprécie à juste titre Le nouveau monde. Au casting, Malick se retrouve avec Colin Farrell, Christian Bale (qui retrouvera Malick pour son dyptique), Q'Orianka Kilcher, Plummer donc, David Thewlis, Yorick van Wageningen (le tuteur-violeur de Lisbeth dans le Millenium de David Fincher), Wes Studi, Eddie Marsan, Raoul Trujillo (le sadique d'Apocalypto) et Noah Taylor. Comme vous l'avez compris tout à l'heure, beaucoup d'acteurs dans le casting apparaissent très peu de temps voire à peine. Plummer a beau se plaindre, on le voit quand même plus que Marsan ou Thewlis! Les seuls à apparaître vraiment souvent c'est Farrell, Kilcher, Bale et Wageningen; soit John Smith, Pocahontas, son futur mari John Rolfe et le capitaine Argall.

Le Nouveau monde : photo Colin Farrell, Q'orianka Kilcher, Terrence Malick

Le nouveau monde se révèle fidèle au style de Malick: contemplatif jusqu'à la mort. Clairement ce n'est pas le genre de film à montrer sous peine soit de vous endormir, de vous ennuyer, de vous gonfler ou tout simplement d'arrêter de regarder. Même si je n'ai voulu quitter la salle quand je l'ai vu, autant dire que j'étais plutôt dans la seconde option. Mais en le revoyant tout récemment, j'ai clairement changé d'opinion. Déjà parce qu'avoir pris de l'âge m'a probablement converti à ce genre de films contemplatifs mais également m'a fait aimer Malick au fil du temps. Alors certes, c'est lent, ça cause pas beaucoup, la nature est filmée en long, en large et en travers mais ça se vit. Une véritable expérience en somme. En sachant que les acteurs y sont pour beaucoup. Farrell est vraiment excellent en lieutenant contraint de s'attaquer aux Indiens dont il est devenu l'ami et se retrouvant dans une hiérarchie qui n'est plus la sienne. La jeune Q'Orianka Kilcher est parfaite dans son tout premier rôle et se retrouve réellement dans la peau de la princesse indienne délaissée par son amour. Quant à Bale, il s'avère toujours excellent même s'il n'apparaît que dans la dernière partie.

Le Nouveau monde : photo Q'orianka Kilcher, Terrence Malick

En revanche, la révélation c'est probablement Wageningen parfait en capitaine n'hésitant pas à s'attaquer à ses supérieurs en temps voulu. Un sacré coco celui-là. Pour le reste, Malick se veut assez fidèle à la réalité historique avec des colons ne comprenant pas qu'ils ne sont pas en terre promise. En d'autres termes, ils se croient chez eux et n'hésitera à faire passer à la casserole quelques indiens lors de batailles qui ne feront pas de cadeaux. Rajoutez à cela des maladies et surtout les intempéries. Les premiers hivers seront rudes et beaucoup d'hommes mourront. Malick avait depuis le début du film montrait l'action du point de vue de John Smith mais c'est bel et bien Pocahontas qui est l'héroïne du métrage. Pour avoir sympathiser avec les colons, le chef ira jusqu'à congédier sa fille et quand John Smith s'en ira pour d'autres horizons et se faisant passer pour mort, elle aura tout perdue. Une longue agonie a donc lieu pour la jeune femme, obligé de se reconstruire dans une culture qui n'est pas la sienne. Elle retrouvera ensuite l'amour et ira même voir le Roi et la Reine d'Angleterre. Elle mourra loin des siens. Telle est la sinistre morale que Malick nous dévoile avec également une vision dramatique de l'amour. Parfois il ne vous rend pas plus fort mais risque de vous tuez à petit feu. Comme quoi, on ne gagne pas à tous les coups.

Un superbe film historique sur une des plus belles et tragiques histoires d'amour de tous les temps.

Note: 17/20


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