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Ours : l'état fait le strict minimum !

Par Baudouindementen @BuvetteAlpages

La diversité génétique: face cachée de la biodiversité

A l'avenir, les politiques de conservation devront-elles tenir compte de la diversité génétique au sein de chaque espèce? Au terme d'une vaste étude sur les plantes vivant en altitude, conduite dans l'ensemble du massif alpin et du massif des Carpates, une équipe internationale de 15 laboratoires, coordonnée par le Laboratoire d'écologie alpine (CNRS/Université Joseph Fourier Grenoble/Université de Savoie), montre que les milieux où la richesse génétique des espèces est la plus grande ne sont pas forcément ceux comptant le plus d'espèces. Ces résultats, publiés le 25 septembre 2012 dans Ecology Letters, ouvrent des perspectives en matière de stratégies de protection de la biodiversité.

3 aspects à la biodiversité

Depuis la Conférence de Rio en 1992, il est admis que la biodiversité comprend trois niveaux emboîtés:

  1. la diversité des écosystèmes,
  2. la diversité des espèces composant l'écosystème,
  3. la diversité génétique à l'intérieur de chaque espèce.

Une grande diversité génétique est un atout pour une espèce car elle lui permet de s'adapter plus facilement, par le biais de l'évolution, aux modifications de son environnement, parmi lesquels ceux induits par le changement climatique.

Lors de la conception de parcs ou de réserves naturelles, seuls les niveaux "écosystème" et "espèce" sont pris en compte. En principe.
La diversité génétique est ignorée car d'une part elle est difficile à évaluer et, d'autre part, elle était supposée varier comme la richesse en espèces. Autrement dit, l'idée dominante était que plus il y avait d'espèces dans un milieu, plus la diversité génétique à l'intérieur de chaque espèce était grande.

Diversité des écosystèmes

Dans le cas de Pyrénées, les écosystèmes visités par l'ours sont bien connus. Le Rapport de l'Inspection générale de l'Environnement de mai 2008 (par Denis LAURENS, Inspecteur général du génie rural des eaux et forêts et George RIBIERE, Chargé d'Inspection générale, Membres de l'inspection générale de l'Environnement) ainsi que d'autres études qui ont accompagnés le plan de restauration et de conservation de l'ours brun 2006-2009 arrivé à son terme depuis maintenant trois ans décrivent les écosystèmes concernés ainsi que les mesures à prendre pour les protéger.

Suivi de la population d'ours dans les Pyrénées

Dans l'éditorial du rapport scientifique de l'ONCFS en 2009, Jean-Michel Gaillard, Directeur de recherche au CNRS, Président du Conseil scientifique de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage déclare que "Sans équivalent en France, les études menées sur les grands carnivores, comme le loup et l’ours, place l’ONCFS au premier plan sur la scène internationale."

La vingtaine d'ours qui vivent dans les Pyrénées sont suivis presque individuellement. Chaque ours est aussi parfaitement identifié génétiquement, ce qui, en France, fait de l'ours l'espèce sauvage la mieux suivie. Chaque année, tout le monde, défenseurs, naturalistes, opposants, éleveurs, chasseurs attendent les résultats des analyses génétiques et le rapport annuel de l'ONCFS pour obtenir les nouvelles données sur les oursons de l'année, l'identité des parents. Enfin, tout le monde...

La diversité génétique à l'intérieur de chaque espèce

Virtuellement éteint puisqu’il n’y a plus que des mâles, le noyau occidental nécessiterait le lâcher de 10 femelles et 5 mâles pour respecter le critère de risque d’extinction de l’UICN. La sécheresse présidentielle de Nicolas Sarkozy, plus que celle du Béarn, en a décidé autrement, même pour une seule femelle, en remplacement d'une ourse tuée pour une cause anthropique. La FNSEA et le CPNT étaient passé à l'élysée. Nada. L'ours Cannellito promène donc les derniers gênes de la souche pyrénéenne en attendant une hypothétique rencontre avec une femelle. A moins qu'il enlève une jeune béarnaise...

De son côté,  le noyau central nécessiterait 5 à 6 femelles pour respecter le critère de risque d’extinction de l’UICN, et surtout un autre mâle reproducteur que Pyros, le père, et parfois en même temps grand-père, de tous les oursons ou oursonnes conçus et nés dans les Pyrénées. A un tel point qu'il devient parfois de plus en plus difficile d'identifier qui est qui...

Il y a bien des prétendants, mais il faut qu'il s'imposent. La pauvreté génétique de ce "harem" est connue de tous, mais les deux derniers gouvernements semblent figés par l'opposition bruyante et minoritaire des "valléens" des "territoires".

On connait donc :

  • la distribution spatiale de l’espèce et son statut de conservation sur l’ensemble du massif pyrénéen,
  •   les exigences écologiques de l’espèce à l’échelle du paysage et à une échelle locale, notamment pendant certaines périodes plus sensibles du cycle annuel", les sites de tanières, les sites jugés importants pour la conservation de l’espèce,
  • le comportement spatial des ours bruns,
  • le manque de diversité génétique.

Mais le plan de réintroduction des ours dans les Pyrénées est mis en veilleuse. Et que se passe-t-il actuellement? Rien. Changement de gouvernement, changement de ministre, conférence environnementale... et puis? Rien.

La politique actuelle n'a pas changé depuis les dernières déclarations de Chantal Jouanno en juillet 2010:

"Nous ne voulions pas faire un coup médiatique en annonçant des réintroductions qui se font contre les acteurs locaux. La croissance naturelle prendra plus de temps, mais on peut espérer qu'elle passera mieux, en banalisant la présence de l'animal.

Heureusement, à cause de la libido et la fertilité de Hvala, la population croît aujourd'hui au rythme d'un animal par an environ ; sans doute plus en 2013. Des animaux pourront être réintroduits si elle stagne ou baisse. Le gouvernement mise sur le remplacement de tout animal tué pour décourager le braconnage.

" Il "mise", mais ne tiens pas ses promesses, c'est dire comment il contrôle. C'est plutôt un pari, ou même un espoir, histoire de se débarasser de la patate chaude...

"L'Etat ne peut pas prendre la responsabilité de l'extinction de l'ours des Pyrénées, nous avons des obligations vis-à-vis de Bruxelles, en vertu de la directive habitats (de 1992)", blabla dans la bouche de l'ex judoka. Il faudra sans doute trente ou quarante ans pour retrouver une population viable avec cette méthode. Tant mieux, de cette manière, on ménage la chèvre et le chou, l'ours et le mouton, "l'escrolo parigot" et "l'ultrapastoral à bérêt".



Le monde a posé la bonne question : "Ce rythme conviendra-t-il à la commission européenne ?" L'entourage de Chantal Jouanno ; son administration avait répondu en juillet 2010 : "Oui, si la dynamique de la population est positive. C'est ce critère qui est évalué par Bruxelles." L'Europe ne prend donc en compte que le nombre d'ours. Que Pyros baise avec ses filles et ses petites filles, peu importe : on est au temps de "Dodo la saumure" et du "boumga boumga". La diversité génétique ? Quelle utilité ?

Comme le dit François Arcangeli: Pour l'ours, l'Etat travaille "a minima. Il aurait fallu réintroduire un ou deux animaux par an, on ne peut pas imaginer que le seul remplacement des animaux tués sera suffisant",

Sources: Le Monde, La Buvette, Techo-science.


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