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Pauvreté, exploitation, sous-développement, exclusion

Par Alaindependant
Les notions de "pauvreté", d’« exploitation », de "sous-développement" sont aujourd'hui dépassées [ ce qui ne signifie pas caduques ! NDLR]  par  celle d’« exclusion ». On est "exclu" de quoi ? Du marché. C’est-à-dire que le système n'a plus besoin ni de votre travail (la machine informatique ou robotique réduit chaque jour le nombre de travailleurs nécessaires; la "délocalisation" élimine les fonctions les plus coûteuses en mobilisant la main d’œuvre la moins chère – y compris celle des enfants, ou, comme aux Etats-Unis, celle des condamnés; les concentrations d'entreprises permettent d'éliminer les «doubles emplois» à tous les niveaux: de la maîtrise aux frais d'entretien; et plus encore peut-être, le déplacement de capitaux retirés à l’« économie réelle » – celle qui produit des biens de consommation, pour se porter sur la spéculation où l'argent ne produit que de l'argent; des fortunes virtuelles rapidement accumulées et sans travail, dont le montant clignote sur les écrans des ordinateurs dans toutes les Bourses du globe, par le jeu génocidaire de la « mondialisation ». Tel est le système dont la pérennité nous est présentée avec la nécessité inéluctable d'une loi de la nature comme la pesanteur: M. Michel Albert, homme d'affaires et économiste de premier rang (ancien commissaire au Plan et président du Centre d'études prospectives et d'informations internationales – C.E.P.I.I.) écrit, en 1992: « Pourquoi ce bénéfice? Ne posez jamais cette question, parce que vous serez immédiatement expulsé du sanctuaire pour avoir mis en doute l'article premier du nouveau credo : la finalité du bénéfice c'est le bénéfice. Sur ce point il n'y a plus de discussion. » Nous pourrions poursuivre cette énumération mais il suffit d'en résumer les conséquences: une production pléthorique. Les Etats-Unis et le Canada, à eux seuls, pourraient nourrir sept milliards d'habitants, mais dans un monde où il existe déjà plus de deux milliards d'affamés le système "européen" du P.A.C. institué en 1992 exige que 16% de la terre française soient en friche. En 1998 l'Europe compte un million d'actifs agricoles en moins, dont trois cent mille en France. Du point de vue industriel, le scandale n'est pas moins grand: par exemple l'Inde et le Pakistan, gros producteurs de textile et de coton, sont obligés d'acheter des fibres industrielles concurrençant la production nationale. L’« exclusion » est donc un phénomène nouveau qui caractérise l'apogée de la victoire du capitalisme : la rationalité est identifiée à la rentabilité. De ce point de vue, il est aisé de définir les exclus:ils sont exclus du marché parce qu'on n'a plus besoin de leurs bras ni même de leur cerveau (il ne s'agit plus de penser le monde mais seulement le rendement financier des opérations) et on n'a plus besoin d'eux comme consommateurs car la production est pléthorique, mais il ne sont pas solvables. Ils sont de "trop "! Roger Garaudy

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