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A la Tempête, Philippe Adrien cherche le "Bug"...

Publié le 03 octobre 2012 par Fousdetheatre.com @FousdeTheatre

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Jusqu'à la fin du mois, le Théâtre de La Tempête (Cartoucherie de Vincennes) propose "Bug", une "comédie délirante" écrite par Jean-Louis Bauer et Philippe Adrien, mise en scène par le second, qui tente, vaste programme, d'identifier les maux de notre civilisation et s'interroge sur les chemins qu'elle emprunte. Nonobstant quelques moments de drôlerie fulgurante, la pièce se révèle confuse, voulant trop en dire, un brin prétentieuse,  et plonge le public dans un ennui de plus en plus lancinant à mesure que le spectacle avance en raison d'une durée excessive (deux heures vingt tout de même).

L'histoire est la suivante. Deux informaticiens récompensés pour la création d'un logiciel se voient propulsés, lors de la démonstration de celui-ci, à l'intérieur de leur ordinateur et transformés en chimpanzés. Pour s'extirper de cette situation et retrouver forme humaine, ces deux avatars  vont devoir identifier le bug intervenu puis l'éradiquer. Commence alors une course effrénée dans les dédales de la machine,  et du monde, afin de détecter ce qui ne tourne pas rond... 

Et tout y passe. Scientifiques cherchant à découvrir l'immortalité, folie meurtrière des hommes, disparition du devoir de mémoire, rôle et place de nos politiques, de l'économie, des artistes, la société du spectacle... On croise un savant fou "plastinant" tout ce qui bouge, un Bernard Pinaud (mix de Bernard Arnaud et François Pinaud) règnant avec grandiloquence sur son empire, un sculpteur en mal d'inspiration, Michel Houellebecq ou encore Michael Jackson. On évoque la Shoah,  le génocide du Rwanda...

Comme metteur en scène, Philippe Adrien déroule les tableaux sans temps mort. Poussant jusqu'au bout l'analogie "logiciel informatique-projet humain", il fait évoluer ses comédiens derrière un écran transparent sur lequel apparaissent régulièrement des projections. L'idée est bonne mais pénible à la longue, car ce voile permanent s'immisçant entre l'acteur et le spectateur nuit au contact direct que ces deux là sont censés entretenir. Dirigée avec doigté, la large distribution (13 artistes sur le plateau) nous embarque dans une folie surréaliste en totale adéquation avec le script. Le travail de chacun s'avère de qualité.

Pourtant, une fois n'est pas coutume, nous ne sommes  pas sortis enthousiastes de La Tempête... A cause d'un texte peu convaincant à nos yeux, vous l'aurez compris...



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