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CRITIQUE : Insensibles

Publié le 09 octobre 2012 par Redrum @Ingoruptibles

À la veille de la guerre civile espagnole, un groupe d’enfants insensibles à la douleur est interné dans un hôpital au cœur des Pyrénées. De nos jours, David Martel, brillant neurochirurgien, doit retrouver ses parents biologiques pour procéder à une greffe indispensable à sa survie. Dans cette quête vitale, il va ranimer les fantômes de son pays et se confronter au funeste destin des enfants insensibles.

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Redrum : Insensibles a beau être le premier long-métrage de Juan Carlos Medina, il n’en demeure pas moins une œuvre complexe, profonde et maitrisée. Avec comme point de départ l’histoire de jeunes enfants insensibles à la douleur sur fond d’Espagne franquiste, le réalisateur nous embarque dans une sombre affaire de famille dans laquelle passé et présent s’entremêlent pour faire éclore une vérité lugubre et éprouvante. Si le film est aussi remarquable, c’est en grande partie grâce à son rythme qui, à travers un habile montage alternant allers/retours temporels, réussit à nous tenir en haleine sans rémission. En ce sens, l’œuvre n’est pas sans rappeler Incendies de Denis Villeneuve dont les héros étaient d’ailleurs, à l’instar de David, aussi en quête d’identité. D’un point de vue scénaristique, la copie rendue par Juan Carlos Medina est brillante : le scénario, pourtant hyper dense s’avère parfaitement lisible et compréhensible tout en parvenant à mêler des faits réels et fantastiques. Une spécialité en passe de devenir une exclusivité espagnole ! Seule ombre au tableau, un final quelque peu extravagant, qui jure avec le reste de l’œuvre. Ce qui n’enlève rien à la réussite de ce film grave, ambitieux, impressionnant. 4/5

Tucker : Sur un sujet difficile qui pourra prêter à polémique, le cinéaste franco-espagnol Juan Carlos Medina signe un thriller haletant, dérangeant. À la recherche de la vérité sur ses origines, nous suivons David Martel, éminent chirurgien, dans une enquête sombre et inquiétante. Et à grand renfort de flashbacks - le film se déroulant à deux époques différentes - nous nous enfonçons avec lui, toujours plus profondément dans sa quête d’identité. Jusqu’à aboutir à une conclusion démente et incroyablement noire, Insensibles ne cesse de gagner en puissance, en suspense, en intensité. Un coup de maître, pour un premier essai, de la part du réalisateur qui parvient à transcender son œuvre grâce une grande maîtrise du dosage frisson/suspense/émotion, et ce malgré des tentatives de séquences "surnaturelles" plombées quelque peu par des effets numériques perfectibles. Mais pour nous, spectateur, impossible de ne pas plonger également avec David dans ce passé sombre sous régime franquiste, où l’enfer dépeint nous prend aux tripes. Et l’histoire de ces enfants insensibles à la douleur n’est finalement qu’un formidable prétexte à Juan Carlos Medina pour traiter d’une période douloureuse de l’histoire de l’Espagne. Une première œuvre admirable en somme, et un réalisateur qui a du cran. 4/5

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Genre : Thriller / Drame / Fantastique
Réalisateur : Juan Carlos Medina
Acteurs : Alex Brendemühl, Tómas Lemarquis, Irene Montalà, Sílvia Bel, Derek de Lint…
Durée : 1h45
Année de production : 2012 (Espagne, France, Portugal)


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