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Savages : Welcome back to the 90′s !

Publié le 17 octobre 2012 par Wtfru @romain_wtfru

Savages : Welcome back to the 90′s !

Réalisé par Oliver Stone
Écrit par Shane Salerno, Oliver Stone et Don Winslow
Avec Taylor Kitsch, Aaron Johnson, Blake Lively, John Travolta, Salma Hayek, Benicio Del Toro, …

Résumé

Chon et Ben sont deux amis qui cultivent de la marijuana à Long Beach. Ben est un pacifiste très calé en botanique, alors que Chon est un ancien soldat assez violent. Ils sont approchés par un cartel de la drogue mexicain, qui souhaite acheter toute leur herbe, la meilleure en THC du pays. Ils décident de refuser l’offre, mais le cartel ne l’entend pas ainsi et capture Ophelia, leur petite amie commune…

Avis 

Marty McFly avait une DeLorean, Homer Simpson avait un grille-pain, et bien nous, pour retourner dans le passé, on a ce bon vieil Oliver Stone qui, avec ce Savages, nous offre le film le plus démodé de l’année !

Autant être clair d’entrée : Savages n’est pas un mauvais film. Simplement, il possède un défaut qui joue nettement en sa défaveur : il arrive 15 ans trop tard !
On ne sait plus trop au final si Oliver Stone se fout de notre gueule ou bien s’il a définitivement perdu son inspiration et sa rage (rappelons tout de même qu’il faut remonter à deux décennies pour trouver un bon film du réalisateur : U-Turn pour les uns, L’enfer du dimanche pour les autres).

Si on met de côté son aspect plastique (seul point de détail permettant au film de faire preuve d’une once de modernité), le constat est assez alarmant : on a clairement l’impression que le film a été réalisé au milieu des années 90, et plus précisément dans une période proche de Tueurs nés.
Les similitudes entre les deux films de Stone sont d’ailleurs assez nombreuses, que ce soit par la thématique (une cavale contre le temps) ou bien par la forme (mise en scène et montage MTV).

Mais si ces procédés stylistiques faisaient merveille dans les années nonante (avant la « naissance » de la génération MTV, en somme), aujourd’hui ils sont tout simplement devenus ringards, et Stone ne semble les utiliser que pour tenter de retrouver un semblant de sa gloire déchue.
Il n’a pas retenu les leçons de cet énorme ratage que fut 127 heures

C’est d’ailleurs bête (et méchant ?) à dire, mais le film devient finalement si commun qu’on a sans cesse l’impression de l’avoir vu 100 fois.
Où est donc passée la colère d’Oliver Stone ? Où a-t-il mis son sens inné de la provocation qui faisait jadis merveille ?
Certes il n’est pas aidé par un scénario un peu mollasson (coécrit par ses soins, tout de même) qui donne au spectateur un temps d’avance constant sur le récit et les personnages, mais l’échec du film est essentiellement à imputer à son rôle de metteur en scène.
Il notamment est très dur en effet de faire passer la pilule de cette double fin abjecte et consensuelle qui ne fait que confirmer les doutes que nous avions sur les ambitions actuelles du réalisateur de Platoon (ce dernier a en effet insisté la présence de cette double fin).

On pourra malgré tout sauver de ce film un joli trio d’acteurs principaux qui, à défaut d’être véritablement éblouissant, parvient à remplir les rôles qu’on leur a attribué (grossièrement : le mec violent mais sensible, le mec cool mais prêt à tout, et la fille sexy un peu paumée).

Quant aux trois acteurs de renom qui viennent compléter le casting on ne peut pas dire qu’il casse la baraque non plus…
Del Toro est plus grotesque et drolatique que véritablement effrayant, Salma Hayek peine à retrouver le charisme qui fut jadis le sien, et John Travolta est encore plus ringard que d’habitude (comment a-t-il pu tomber si bas ?)…

Bref, vous l’aurez compris, Savages est bien loin d’être le film de l’année. Oliver Stone a une nouvelle fois grillé une de ses cartouches.
Prochain projet : une série télévisée de 10h sur l’histoire cachée de l’Amérique… Le projet de la dernière chance ?


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