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White Building : toute la contradiction de Phnom Penh est là

Publié le 12 octobre 2012 par Cambodiaexpat @Cambodiaexpat

Le white building de Phnom Penh est l'illustration même des paradoxes de Phnom Penh.

Les visiteurs de Phnom Penh vous diront que la ville est sympathique et vivante. Peu par contre s'arrêteront sur l'architecture. Or elle est passionnante, comme en témoigne l'excellent livre de Louis Delaporte, " Voyage au Cambodge, l'architecture khmère ", et le White Building.

Hors la capitale cambodgienne recèle de nombreux trésors hétéroclites pour qui veut bien aller les chercher.

Outre les maisons coloniales témoins du passage français jusque 1953, il y a quelques bâtiments qui intéresseront les amateurs d'architecture plus contemporaine, celle des années 60.

Outre le Stade Olympique, dont nous aurons l'occasion de reparler ici, un bâtiment vaut vraiment la peine d'être visité, exploré, pour ainsi dire " vécs ", même si d'apparence ils est peu engageant. Les deux ont été construits par l'architecte Vann Molyvann, mondialement connu.

Le White Building, que vous trouverez dans la rue 6 et qui n'est présent dans quasiment aucun guide (sauf peut être le " Rough Guide of Cambodia " ) est sans doute le plus étonnant des immeubles cambodgiens. C'est une barre blanche de plusieurs centaines de mètres tenant debout on ne sait plus trop comment.

White Building : toute la contradiction de Phnom Penh est là

Sa balader dans cette rue donne un étrange sentiment de pénétrer dans un autre Phnom Penh : celui des sans rien, pauvre... pauvreté autour de laquelle s'est organisée une vie plus qu'intense.

3000 personnes vivent ici, bénéficiant d'un système électrique plus que précaire, d'une distribution d'eau quasi inexistante et de conditions sanitaires rurales.

Du garage transformé en salle de billard (le jour) à l'appentis de fortune recouvrant une coiffeuse pour dames, ce bloc déroutera certainement le plus routard des touristes. Lorsqu'on lève la tête se bousculent des casseroles en fer blanc, des pneus, des grilles et des briques : agrandir un appartement n'est pas si difficile : quelques planches en équilibre dans le vide et solidement fixées au bâtiment, quelques briques, un peu de mortier, le tout recouvert d'une tôle ondulée par le temps... et voilà !

Cette immeuble moderne à son époque a quelque peu perdu de sa superbe : d'un blanc immaculé, il est devenu gris vert se confondant ainsi avec un ciel nuageux. Beau camouflage pour ce que l'on découvre dans ses entrailles : trafic de drogue, prostitution, on dit aussi d'enfants...

Pourtant, " you're welcome " pour voir le devant et les coulisses. Le coeur bien accroché, il faut traverser les coursives, les escaliers encombrés de bassines d'huiles, les enfants des rues récupérant ce qu'ils peuvent... et de l'autre côté : des enfants, encore, jouant avec une roue de vélo quand les femmes font la vaisselle dans une eau noire récupérée du centre de la rue.

Tout cela dans un sourire déconcertant et sous une chaleur de plomb.

Le contraste lumineux se fera avec les couloirs, sombres, d'où l'on entendra résonner la musique romantique khmer des protes brinquebalantes.

Et pourtant... A aucun moment le visiteur se sent en insécurité. Très étrange impression, vraiment.


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