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[Critique] PAPERBOY

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Festival de Cannes 2012 – Sélection Officielle – En Compétition

Titre original : Paperboy

Note:

★
½
☆
☆
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Lee Daniels
Distribution : Zac Efron, Nicole Kidman, Matthew McConaughey, John Cusack, Macy Gray, David Oyelowo, Scott Glenn, Ned Bellamy, Nealla Gordon, Nikolette Noel…
Genre : Drame/Thriller/Adaptation
Date de sortie : 17 octobre 2012

Le Pitch :
En 1969, en Floride, Ward Jansen et Yardley Acheman, deux journalistes de Miami en quête du scoop qui relancera leur carrière, décident de tenter d’innocenter un chasseur d’alligators condamné à la peine de mort pour le meurtre d’un shérif. Sur place, ils font la connaissance de Charlotte, la femme qui leur a demandé de l’aide pour blanchir l’accusé avec lequel elle entretient une correspondance torride. Aidé par Jack, le jeune frère de Ward, les deux journalistes débutent leur investigation… Un film inspiré de faits réels…

La Critique :
Il était une fois Zac Efron, un jeune acteur de 25 ans, beau, propre sur lui, bien coiffé et musclé. Le teint halé et le sourire confiant, Zac est populaire pour avoir explosé dans la trilogie musicale pour adolescents High School Musical. Avant Glee, Zac Efron faisait déjà danser et chanter les plus jeunes, ce qui, dans un sens, fait de lui un précurseur. Dans la vie, Zac est acteur, mais il sait aussi chanter et danser. Le petit-ami idéal pour des millions de filles en somme.
Pourtant, le cœur de Zac est pris. En couple avec sa partenaire dans High School Musical, Vanessa Hudgens, Zac est fidèle et amoureux (attention, à l’heure où vous lirez ces lignes, la situation amoureuse de Zac peut avoir changée. À Hollywood, ce genre de chose évolue vite).

Bien qu’il ait tout pour être heureux, Zac est néanmoins frustré. Pas évident d’imposer son nom dans le cinéma « adulte » quand on a commencé chez Disney, en faisant des entrechats dans les couloirs d’un lycée, ballon de basket sous le bras et chorégraphies punchies à l’appuie. Car hormis High School Musical, on ne peut pas dire que Zac ait vraiment réussi à changer de registre. Ni Hairspray, ni 17 ans encore, n’ont réussi à lui acheter une crédibilité au yeux de la critique et d’une large partie du public mature, qui le considère toujours comme le minet des comédies musicales criardes et bariolées.
Du coup, quand Lee Daniels, un réalisateur indépendant, sulfureux et sérieux, lui propose l’un des premier rôles de Paperboy, son nouveau long-métrage, Zac Efron signe. Le vent est en train de tourner c’est certain !

Le premier jour de tournage, quand Zac débarque pour shooter ses toutes premières scènes, le changement est brutal. Habitué aux plateaux où la sono aboie de la dance à fond les bananes et où tout le monde danse sans raison apparente, Zac ne découvre chez Lee Daniels qu’une chaleur moite et des acteurs en sueur. Pas déconcerté pour deux sous quand le réalisateur lui demande de se mettre en slip, Zac s’exécute. Il passera les trois-quart du film dans cette tenue. C’est à ce moment là qu’il ne doit pas regretter les séances intensives de musculation et d’u.v.

***

(Ce qui suit est une tentative de retranscription d’une hypothétique conversation entre Lee Daniels et Zac Efron.)

Lee (le réalisateur) : Tu te souviens Zac quand tu m’as appelé, il y a quelques semaines au sujet de la fameuse scène avec Nicole Kidman ?
Zac : Celle où Nicole me pisse dessus sur la plage ?
Lee : Précisément oui !
Zac : Franchement, je ne sais pas Lee, c’est la première fois qu’on me demande un truc pareil !
Lee : Tu n’es plus chez Mickey là ! C’est du cinéma indépendant, du vrai. Et puis si tu as un doute, va voir Pete (Dexter, le scénariste et auteur du livre dont Paperboy est l’adaptation, ndr). Il a écrit le livre, il sait donc de quoi il parle. Et puis je me permets de te rappeler qu’il s’agit d’une histoire vraie, alors pas de chichis. Fais moi confiance et tu verras, ce n’est pas si terrible.
Zac : …
Lee : Et puis Nicole est une grande professionnelle. Si tu crois que c’est la première fois qu’elle pisse sur un type, tu te mets le doigt dans l’œil ! Hier, elle a tourné la scène où John Cusack la prend comme une bête furieuse sur le sèche linge. Tu crois qu’elle s’est plaint ? Non.
Zac : Ok, on y va alors.

***

La scène en question, où Zac Efron se fait pisser dessus par Nicole Kidman, est très drôle. Pathétique mais très drôle. Tout comme celle qui voit John Cusack se la donner sur cette pauvre Nicole, le cheveux hirsute, sur le sège linge. Frénétique et pathétique là aussi, mais on se marre. Faute de mieux, on prend les choses avec le sourire.
Pathétique. Le mot est lâché. Paperboy, avant d’être une purge policière complètement à la ramasse, filmé comme un téléfilm érotique des années 70 et découpé à la machette, est bien une œuvre pathétique.
Lee Daniels se lâche, case une réflexion sur le passage à l’âge adulte, où il fait du pied au Lolita de Nabokov, parle aussi du racisme dans le sud profond des États-Unis et se contrefout de son intrigue première, à savoir l’enquête qui est censée déterminer si le type joué par John Cusack est coupable ou non. John Cusack qui est d’ailleurs totalement aux fraises.

Pauvre Nicole Kidman. Qu’elle mouche l’a elle piqué pour qu’elle accepte de se compromettre à nouveau dans un film qui la ridiculise en permanence ? Son personnage, Charlotte, ressemble à une ex-playmate Playboy qui aurait décidé de passer tous ses week-ends dans des cabines d’u.v. Tout en prenant soin d’injecter régulièrement du botox dans ses pommettes et du collagène dans ses lèvres. Elle est où la jolie rousse de Calme Blanc ? Qu’on nous rende la femme glamour et classe d’Eyes Wide Shut bordel ! Nicole Kidman en prend plein la gueule, mais l’actrice se donne sans réserve. Au propre comme au figuré. Lee Daniels ne lui épargne rien. Elle pisse sur Zac Efron, se touche devant John Cusack, qui lui rend la pareille par la suite, et se maquille à la truelle. La coupe est pleine et Nicole de camper l’archétype parfait de la cougar vulgos fringuée comme l’As de pique.

Seuls Matthew McConaughey, décidément impérial ces dernières années, et Zac Efron, plein de bonne volonté et tout à fait solide, sortent leur épingle du jeu. Même si leurs rôles sont écrits avec les pieds et qu’ils donnent en permanence l’air de nager à contre-courant dans un film qui tente de raconter une histoire, mais qui s’attache surtout à paraître le plus putassier et le plus trash possible, compte tenu de son sujet et du public auquel il s’adresse. En plus, c’est souvent incompréhensible.
Sans montrer un seul organe génital ou une seule paire de sein, Lee Daniels arrive à contourner la censure, mais livre un produit aussi fin et raffiné qu’un plat de saindoux arrosé de bière bon marché.
Qui a tué qui ? Franchement, on s’en fout assez rapidement, car on sent que c’est le cas pour tout le monde.
Le cadre est intéressant et aurait pu donner lieu à un long-métrage tout autre. Pedro Almodovar était sur le coup avant que Daniels ne fasse main basse sur le projet. Parions que le réalisateur espagnol n’aurait pas merdé avec autant de panache. Parions aussi que son film aurait été beaucoup moins drôle que ce Paperboy, sorte de thriller érotico-crade de pacotille, où des comédiens talentueux se débattent avec un script bordélique et un réalisateur incapable de se focaliser sur quoi que ce soit.

@ Gilles Rolland

[Critique] PAPERBOY

Ok, là ça devient gênant…


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