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Le prince et le prince charmant

Par Richard Le Menn

le cabinet des fees tome 5 ensemble300lm Photographies : Illustrations de Le Cabinet des fées, ou Collection Choisie des Contes des Fées, et autres Contes merveilleux, tome cinquième, Genève, Barde, Manget & Compagnie, 1785.
Après un article sur le gentilhomme, et avant d'autres sur le page, l'écuyer et le menin, il est question ici d'un style d'élégant particulier : le prince et plus spécifiquement de celui des contes de fées.
Les princes n'existent que s'il y a des rois. Il sont donc particulièrement présents avant la Révolution. Le Paris du XIXe siècle en voit encore de nombreux, pas toujours d’une élégance exceptionnelle, sillonner ses boulevards.
Le prince charmant est l’un de nos plus grands élégants. Certains diront qu'il n'est qu'un personnage de contes de fées. Cependant on peut le situer dans le temps. 

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Les princes troubadours (et trouvères) du Moyen-âge contribuent à véhiculer cette image puisque certains sont des seigneurs alliant une poésie (une pratique de la langue, de l'invetion, de la musique, du chant et du rythme) d’une qualité exceptionnelle à des moeurs d’un grand raffinement. Guillaume IX de Poitiers (1071-1127) est l’un d’entre eux ou Charles d’Orléans (1394-1465).
C'est en contemplant les personnages du tableau de Claude Déruet (1588-1660) intitulé L'Eau et conservé au musée des Beaux-Arts d'Orléans, que je me suis aperçu que la représentation 'd’Épinal' du prince charmant telle que véhiculée pendant le XVIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui est celle de l'époque de cette oeuvre (c'est à dire de Richelieu : 1585-1642 et de Louis XIII roi de 1601-1643) qui représente de nombreux gentilshommes et dames de qualité. Pourtant ce n'est qu'à la toute fin du XVIIe siècle que sont publiés les premiers contes. C'est aussi au temps de Richelieu que les grands seigneurs du royaume commencent à perdre leur autorité face au pouvoir royal ; affaiblissement que Louis XIV (roi de 1661 à 1715) rend définitif. C'est justement durant la dernière partie de son règne que les contes de fées sont écrits. Sans doute est-ce le souvenir d'une époque révolue dont il subsiste encore alors un imaginaire ; malgré la main-mise sur celui-ci du christianisme qui ne fait que se répandre ; temps que Richelieu et Mazarin contribuent à évacuer malgré les révoltes des grands (comme durant la Fronde de 1648–1653). Cet imaginaire là est celui des châteaux forts, des fées et d'un merveilleux n'ayant rien à voir avec le christianisme.

© Article et photographies LM


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