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[Critique] ROAD HOUSE

Par Onrembobine @OnRembobinefr

Titre original : Road House

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Rowdy Herrington
Distribution : Patrick Swayze, Sam Elliot, Kelly Lynch, Ben Gazzara, Marshall R. Teague, Julie Michaels, Red West, Sunshine Parker, John Doe, Kevin Tighe, Jeff Healey…
Genre : Action
Date de sortie : 3 janvier 1990

Le Pitch :
Dalton, un célèbre videur connu comme le loup blanc, débarque au Double Deuce, un bar où règne la violence. Embauché pour faire le ménage et redorer le blason de l’établissement, Dalton va bientôt se heurter à Brad Wesley, un puissant homme d’affaires sans scrupule, qui règne sans partage sur la petite ville…

La Critique :
Sorti aux États-Unis au crépuscule des années 80 (1989), Road House est un authentique film culte de série B. Pas loin -certainement- de détenir le record du nombre de rediffusions à la télévision américaine (et française aussi depuis l’apparition de la TNT tout particulièrement), le long-métrage de Rowdy Herrington passe à chaque fois comme une lettre à la poste et fait partie de ces œuvres légendaires, autant décriées par une élite pédante, qu’adulées par des milliers d’initiés à travers la planète.
La faute à une savante combinaison d’éléments aussi brutaux que simplistes, qui permettent à Road House d’aller directement à l’essentiel, sans se perdre en chemin et de s’ancrer dans l’inconscient de ceux qui goûtent à ce genre de spectacle savoureux.
Critique en plusieurs points :

1 – Patrick Swayze
Quand il tourne Road House, Patrick Swayze est en pleine bourre. Pour lui, tout est allé très vite depuis que sa performance dans le cultissime Dirty Dancing a ému des millions de jouvencelles à travers le monde. Connu des spectateurs mâles pour avoir tourné dans l’excellent (et bientôt remaké) L’Aube Rouge de John Milius, Swayze aime à brouiller les pistes, entre cinéma fleur-bleu et trips burnés. Le tout en prenant soin d’installer un personnage qui se situe quelque-part entre le beau gosse musculeux et le rebelle taciturne.
Dans Road House, Patrick Swayze accentue son côté rebelle, mais fait aussi un malheur chez les filles. Malin, Swayze n’exclue personne alors que l’intrigue même du long-métrage semble s’adresser aux mâles, aux vrais, avec son lot de bastons, de nez explosés et de rotules brisées. Dans Road House, Patrick casse du bad guy, c’est certain, mais entre deux bastons, il emballe aussi la jolie doctoresse incarnée par Kelly Lynch. Le tout parsemé d’une bonne dose d’amitié virile, illustré par la relation fraternelle qu’entretient le personnage de Swayze avec celui de Sam Elliot.
Contrairement à Schwarzenegger dans -par exemple- Commando, Patrick Swayze dans Road House ne tient pas à tourner le dos à son public féminin. Résultat, le film fédère. Les mecs accrochent aux bagarres bourrinnes et les filles fondent quand Patrick et Kelly s’ébattent au son du These Arms of Mine d’Otis Reading. Une scène à laquelle Ghost fera allusion quelques années plus tard, à l’occasion d’un autre moment d’anthologie romantique de la filmographie de Swayze.

2 – L’intrigue et la mise en scène
Dans Road House, inutile de se voiler la face, l’intrigue est bas de plafond. Un mec se fait embaucher comme videur dans un bar et dérouille le parrain local, tout en emballant la plus belle nana du quartier. Rowdy Herrington a bien pigé le truc et n’essaye jamais de se la jouer. Il a conscience des limites de son script et des siennes. Résultat : Road House est un film au capital sympathie énorme. Il envoie des coups de boule et des répliques qui font mouche (« Même l’homme le plus costaud du monde peut plus tenir debout si on lui broie le genou. », « Me dire « Monsieur » c’est comme mettre un ascenseur dans une pissotière : ça n’colle pas. »  et d’autres…). Road House est un pur produit de son époque. La mise en scène est efficace et atteint parfois des sommets (l’assaut de Swayze en voiture à la fin est quand même impressionnante) et les chorégraphies martiales, pas prétentieuses pour deux sous, sont percutantes.
Que l’ont soit d’accord : Road House n’est pas un grand film, mais il envoie du bois. Anecdotique sur le fond, il ne l’est pas dans la forme tout simplement car il cristallise les gimmicks sacrés du genre auquel il s’attaque, tout en collant parfaitement à la tonalité d’une décennie qui s’éteint.

3 – Le Casting
Outre Patrick Swayze qui domine la distribution, avec ses muscles saillants et ses chemises kimono (il faut le voir pour le croire), Road House peut compter sur un bel escadron de gueules. En tête de gondole, Sam Elliot, plus charismatique et taquin que jamais. Le grand yankee se bat comme un cow boy bourré, avec tout le style dont il sait faire preuve. Il y aussi Kelly Lynch, naïade incontournable de l’époque, vue auparavant dans Drugstore Cowboy, Les Feux de la Nuit, Cocktail et puis ensuite dans La Maison aux Otages qui, avec ses formes longilignes et ses cheveux crêpés, incarne l’archétype de la blonde glam rock des années 80. Impossible de faire également l’impasse sur Ben Gazzara, le méchant de service, sarcastique et détaché à souhait, qui remplit tout à fait sa part de marché à force de répliques cinglantes et d’un cabotinage tout à fait approprié au cadre.
Et puis il y a enfin Jeff Healey, le guitariste qui, avec son groupe, rythme Road House. Juché sur son tabouret, la guitare posée sur ses genoux, Healey apporte au film, grâce à sa voix et à son jeu incroyable, une vraie valeur ajoutée. Aveugle depuis son enfance, Jeff Healey n’est pas acteur mais bel et bien un guitariste/chanteur de génie. Constellé de reprises jubilatoires, son répertoire pour Road House insuffle une bonne grosse dose de blues rock au long-métrage et finit de rendre authentique l’ambiance poisseuse et enfumée du Double Deuce, le bar du film. De plus, Rowdy Herrington le met en valeur comme il se doit.

Road House est un film culte. Il est au film de baston, ce que Dirty Dancing est au film de danse. Ça ne vole pas bien haut, mais le style est là. Affirmé et arrogant. On rit, on jubile, les filles craquent pour Patrick et les mecs pour Kelly. La musique est bonne et la bière est fraîche. Que demander de plus bordel ?!

@ Gilles Rolland

[Critique] ROAD HOUSE

Crédits photos : MGM


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