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[Critique Blu ray] Le Procès

Par Gicquel

[Critique Blu ray] Le Procès

Joseph est réveillé à l'aube par des policiers présents dans son appartement. Ni une ni deux, il est embarqué et traîné devant un tribunal sans savoir ce qui lui arrive. Ce fonctionnaire pris dans les rouages d'une société tentaculaire et absurde va tout faire pour s'en sortir...

[Critique Blu ray] Le Procès
"Le Procès [Blu-ray]" de Orson Welles

Avec : Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider

Sortie le 23 octobre 2012

Distribué par StudioCanal

Durée : 118 minutes

Nombre de : 1

Film classé : Tous publics

Le film :

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Les bonus :

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C’est ce qui s’appelle revenir aux fondamentaux. Je n’ai pas forcément d’exemples très précis, mais il me semble que ce film a posé les bases d’un nouveau cinéma, qui depuis ne cesse de s’y alimenter.
Il y a bien sûr au départ le magnifique livre de Kafka, que Welles traduit sur grand écran de manière sidérante : si chaque expression, chaque phrase trouvent une image appropriée, le dernier mot revient toujours au réalisateur, qui fait preuve d’une originalité débordante, malgré celle déjà engagée par le romancier.
Où l’esthétique des décors participent pleinement à l’intrigue très énigmatique qui voit le pauvre Joseph. K prisonnier d’un système qui lui échappe complètement, alors que tout le monde tout autour de lui,  semble être au courant de sa mésaventure.

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Il est arrêté pour un délit dont il ignore tout et pour lequel on lui intente un procès qui se déroule partout où il se rend. La construction labyrinthique de l’argument épouse la mise en scène angoissée, voire cauchemardesque d’un réalisateur  très soucieux de ne pas brusquer les apparences.
Ce qui donne cette impression de porte à faux constant dans l’attitude du héros malgré lui .Anthony Perkins le porte à la perfection. L’air candide de celui à qui on ne le fait pas dissimule la fuite en avant dans laquelle s’engage le malheureux, pris dans le tourbillon vertigineux de l’insinuation et de la délation.
Un cauchemar éveillé pour cet homme « qu’il est facile de démoraliser », comme le fait remarquer perfidement l’un des tenants de ce pouvoir aveugle et dictatorial que Kafka-Welles montrent du doigt. La charge critique est évidente, mais le réalisateur la transcende dans une variation kafkaïenne d’un monde totalement déshumanisé. Et cette fois, c’est bien la vision du cinéaste qui s’impose pleinement au spectateur. En compagnie de Jeanne Moreau et Romy Schneider, à l’unisson de leur mentor, cet univers deviendrait presque supportable.

[Critique Blu ray] Le Procès

LES SUPPLEMENTS

  • Welles, Kafka et « Le procès » (30.35 mn)

Des témoins de l’époque, des membres de l’équipe et des professionnels du septième art se relaient pour situer le film dans toute sa dimension. Avec un premier portrait d’Orson Welles que l’on revoit notamment à l’occasion de son émission radiophonique canular qui fit tant de bruit et de frayeur.

  • Welles, architecte de la lumière. (23.20 mn)

Edmond Richard, le directeur de la photographie du film développe toute la technique employée à l’époque pour éclairer les scènes. C’est parfois un brin pointu, mais très intéressant.

  • « Tempo » pour Orson Welles (30.25 mn)

Un portrait en profondeur du réalisateur, réalisé au cours de l’émission télévisée. Il est dans l’ensemble assez drôle. Ainsi Welles reconnaît qu’au départ il n’avait « aucune humilité. C’est venu au fil des ans, mais ce n’était plus de l’humilité, mais de l’épuisement ».
Il revient aussi sur sa période RKO « et les films de service public » qu’il réalisait dans « le cadre de l’amitié inter-américaine ».. Quant à la politique, court passage dans son existence, il aura eu à affronter un certain… Mc Carthy. « Vous imaginez si j’avais gagné »… Effectivement la face du monde des Arts, made in USA, en eut été changée.

[Critique Blu ray] Le Procès

  • Entretien avec Steven Berkoff (13 mn)

Acteur et dramaturge, il est l’adaptateur de « La Métamorphose » et « Le Procès ». Il dépeint un Kafka, peu courageux et honteux de n’avoir pas réussi à être à la hauteur de son père. D’où l’écriture du personnage de Joseph K. qu’il placera ensuite dans « Le Procès ».

  • Scène coupée ( 6 mn )

Une longue scène effectivement où l’on découvre « la philosophie » des ordinateurs qui commencent à fleurir dans les bureaux de l’administration . Ils font des kilomètres, et la scène effectivement n’apporte pas grand-chose à l’histoire sinon qu’elle renforce encore un peu plus son côté surréaliste…

En bref

Le film

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Dans l’univers kafkaien, Welles mêle son petit grain de folie qui confère à sa mise en scène une aura particulière, qui nous entraîne dans une dimension encore plus vertigineuse et cauchemardesque que ne l’avait imaginé le romancier.

Les bonus

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Des bonus à foison, et tout est bon à prendre.


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