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Françoiz Breut à La Rotonde du Botanique, Bruxelles, le 23 octobre 2012

Publié le 25 octobre 2012 par Concerts-Review

Tu bois?

Du Breut de Normandie, s v p!

Tu te fous de moi?

Que vas-tu imaginer, Françoiz...

En février, à la Maison des Musiques, un concert annonçant le nouvel album tant attendu, en octobre 2O12, une Rotonde bien garnie pour la présentation officielle de "La chirurgie des sentiments" ( chez 'caramel beurre salé'), cinquième effort discographique, à l'élégante pochette collage glamour, de l'artiste aux multiples facettes: Françoiz Breut!

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Pour soutenir celle qui a depuis bien longtemps élu domicile dans notre humide capitale, une équipe de redoutables mercenaires: la guitare racée de Stéphane Daubersy - Patrick Clauwaert à la batterie - Antoine Rocca aux claviers et la charmante Catherine De Biasio au trombone ou à la clarinette.

Un trio masculin se pointe à 20:35 pour amorcer une intro soignée, Françoiz,  courte robe bleu émeraude, apparaît, elle murmure de sa voix troublante.. marchons ' A l'unisson', quelques lignes et Bruxelles baigne dans son univers poétique sur fond sonore Americana.

Dernier élément à quitter les coulisses, la frêle Miss De Biasio, armée d'une clarinette, Françoiz au Casio.

' A l'aveuglette' au ton Juliette Gréco et à la petite mélancolie nonchalante signée Françoise Sagan, l'arrière-plan musical prenant des couleurs ibériques.

Brillant!

Elle tripote un GSM, un texto destiné à une copine?

Raté, l' IPod diffuse un bruitage cour de récréation pour introduire 'Les jeunes pousses' , titre enlevé, dominé par une

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cavalcade de percussions sur laquelle se greffe une guitare surf et un piano rond.

Elle se fout gentiment de nous en attribuant ' Cabinets de Curiosités' à Barbara Cartland , d'une tessiture alto à la Jeanne Moreau, elle nous fredonne un texte velouté sur mélodie langoureuse, proche d'un Pierre Barouh.

 Son  ode amère à Bruxelles aux pavé détrempés, ' Bruxelles Bleuette' , un tango Calexico.

Entame carioca pour un vieux titre de 1997,  ' La femme sans histoire', suivi par ' Vingt à trente mille jours'(  écrit par Dominique A-Gaëtan Chataigner - Sacha Toorop), short story tirée en longueur , on acquiesce lorsque d'aucuns citent Nico,  M.Faithful et Françoise Hardy.

En femme fatale ' La gomme', titre  truffé d'effets noisy , pour revenir au premier disque de 1997  avec le récitatif , sombre et maniéré ' Le don d'ubiquité' .

Lynch doit rôder dans les parages, le thème s'habille de nuances vaudou imprimées par le rythme répétitif de la batterie et du piano.

L'histoire d'une auto-stoppeuse inconsciente: ' Marie - Lise' , grésillements, conversation enregistrée floue, petit clavier new wave poppy... sous la voûte parsemée d'étoiles...la jolie Marie- Lise danse, boit au bal du port... un polar en noir et blanc.

  Melville? Sautet? Enrico?

Premier morceau en anglais, ' Over All' ( Herman Dune) , malgré des beats plus épais que sur la version enregistrée, le décor demeure sombre.

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Miss Cherbourg descend dans la fosse et ébauche l' inquiétant ' Werewolf' ( Michael Hurley, une référence pour Vic Chestnut, Cat Power, John Convertino...) a capella, avant de refaire surface, d'agripper le micro et de terminer  l'entêtante complainte sur le podium.

On l'espérait, on a été comblé, le grandiose ' I who have nothing' popularisé par  Ben E King.

Viens, Stef , suis moi... à deux dans le public, pour une version bruissements intimistes de ' La vie devant soi' , revenus sur scène, un fondu enchaîné, le chaloupé  ' Ultimo' .

 Nouveau recours à l 'IPod, une voix enfantine samplée, une rengaine, some fingersnaps : ' Michka Soka' .

Breut goes calypso, sur rythmique steelband, elle philosophe ... le temps arrange ces choses - là.

Présentation des comparses et dernière opération effectuée à coeur ouvert : ' La chirurgie des sentiments'.

Belle dépense d'énergie de l'équipe médicale et saluts! 

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Bis

' Le Nord' moins caricatural que les 'Bienvenue chez les Ch'tis'.

Le temps frisquet incite à la mélancolie et à la palette grise.

Après la grisaille, la luminosité ' L'éclat du jour', beau comme du G. Manset!

Eh, Antonio, reste ici, garçon, on leur en joue encore une: un choeur grégorien amorce le profond et lancinant ' 2013' qui  achève ce concert attachant.

Bruxelles refuse de quitter le théâtre.  

Réapparition de Françoiz et de Stéphane , un cadeau, le 'hit' délicieusement sensuel: ' Km 83' !

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Quinze bornes pour rentrer chez toi, des fans venus de Metz doivent s'en taper 275!

L'autoradio diffuse:

Je suis à la renverse

Comme j'espérais

Je sens tes bras

Qui me bercent

Nous y voila!


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