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[Critique] SKYFALL

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] SKYFALL

Titre original : Skyfall

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis/Angleterre
Réalisateur : Sam Mendes
Distribution : Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench, Ralph Fiennes, Naomie Harris, Bérénice Marlohe, Ben Whishaw, Albert Finney, Rory Kinnear, Ola Rapace, Helen McCrory…
Genre : Action/Espionnage/Thriller/Adaptation/Saga/Suite
Date de sortie : 26 octobre 2012

Le Pitch :
Le MI6 se retrouve sous le feu des projecteurs, lorsque une liste d’agents infiltrés se retrouve exposée à la vue de tous. James Bond, directement impliqué dans la mission qui a conduit à une telle déconvenue, voit pour sa part sa fonction sévèrement remise en question. Tout comme M, qui est sur la sellette. Une crise amplifiée lorsqu’un mystérieux terroriste décide de s’attaquer frontalement au MI6, qui semble corrompu de l’intérieur. Bond et M vont alors devoir agir dans l’ombre pour retrouver la piste du responsable et ainsi rétablir l’ordre…

La Critique :
Il est tout de même étrange d’observer la manœuvre des producteurs de la saga James Bond qui, à l’heure du 23ème volet, opèrent un mélange savamment dosé entre tradition et modernité. C’était certes déjà le cas pour Casino Royale et Quantum of Solace, qui remettaient les pendules à l’heure du 21ème siècle en modernisant Bond suffisamment pour le mettre à l’abri d’une sénilité due à l’apparition d’autres héros comme Jason Bourne, mais là, la sauce arrive à maturation.
Beaucoup plus ambitieux que Quantum of Solace, qui se contentait globalement de clôturer l’intrigue de Casino Royale, Skyfall s’impose d’emblée comme la fin d’un cycle. Paradoxalement, Bond est ici marginalisé. À cause de son statut jugé obsolète, mais aussi par rapport à son âge, considéré avancé pour remplir correctement des fonctions qui exigent une condition physique irréprochable.
Sans éventer quoi que ce soit de l’intrigue de Skyfall, on peut avancer que le nouveau James Bond se place dans la lignée de ces longs-métrages tels The Dark Knight Rises qui, sous couvert d’une noirceur raccord avec l’état du monde moderne, questionnent le statut de figures héroïques mythiques. À l’instar du Batman de Christopher Nolan, le James Bond de Skyfall doit faire à nouveau ses preuves et lutter non seulement contre les bad guys, mais aussi contre sa hiérarchie.
Un trait que Skyfall ne souligne pas outre-mesure, mais qui hante continuellement le métrage.

Tout de même étrange si on considère que ce n’est que la troisième fois que Daniel Craig occupe la fonction. C’est donc paradoxal. Car mine de rien, Skyfall renoue avec pas mal d’éléments propres à la légende de Ian Flemming. Là encore, n’en disons pas trop. On laisse tomber quelques détails et on se rattache à d’autres. C’est le leitmotiv de la saga 2.0 : s’affranchir des règles en apparence pour mieux les suivre dans l’ombre.
Le cas des James Bond Girls illustre plutôt bien ce point de vue. Voilà plusieurs mois que l’on nous serine à propos de Bérénice Marlohe. À se fier à la promo autour de la belle française, son rôle dans le film a de quoi rivaliser d’intensité et de présence avec celui que tenait Eva Green dans Casino Royale. Au final, il n’en est rien et son rôle tout comme son temps à l’écran de s’avérer pour le moins anecdotique. Naomie Harris s’implique davantage, mais pas trop non plus. Dans Skyfall, on laisse les James Bond Girls sur le bas côté. Pas trop non plus pour ne pas jurer avec le tableau d’ensemble, mais suffisamment pour exprimer une volonté de surprendre.
Avec James Bond, la marge de surprise étant limité, l’effort est louable, même si dans le cas des James Bond Girls, certains choix peuvent désappointer. Car au final, c’est bel et bien M la vrai James Bond Girl de Skyfall.

Entre une Naomie Harris irréprochable mais relativement effacée et une Bérénice Marlohe tout en tics « bondiens », Daniel Craig arrive à maturation. Malgré sa condition de tricard de Sa Majesté et malgré le fait que son alcoolisme et son âge se voient condamnés, James Bond est vraiment James Bond. Daniel Craig est toujours irréprochable. De film en film, il assoit un style rêche et un charisme qui n’ont rien a envier à ceux de Roger Moore ou de Sean Connery. Désormais, impossible de remettre en cause sa position et sa légitimité.
En face, Javier Bardem incarne l’un des grands méchants de la saga. Tout y est. Assez référentiel (cf Christopher Walken dans Dangereusement Votre), mais pas trop non plus, Silva, son personnage, bien qu’intervenant assez tard, est à proprement parler jubilatoire. L’affrontement avec Bond tient toutes ses promesses et redynamise l’ensemble après une petite demi-heure rythmiquement faiblarde, en cours de route. Dès qu’il entre dans l’équation Javier Bardem finit de rendre Skyfall excitant. De quoi faire oublier le bad guy transparent de Quantum of Solace.

Si il s’avère trop long d’une bonne demi-heure, Skyfall est quand même un James Bond de haute volée. Moins bourrin, il compense par une volonté sans cesse affirmée de proposer du neuf et de construire une mythologie respectueuse, mais tournée vers l’avenir. Film important dans la saga, Skyfall est sombre, mais pas dénué d’humour. Remarquablement écrit, bizarrement moins spectaculaire que ses deux prédécesseurs (la scène d’ouverture est néanmoins à tomber), Skyfall peine parfois à trouver son rythme de croisière, mais quand il le trouve, il s’avère vite prenant et plus qu’à son tour jouissif.

@ Gilles Rolland

[Critique] SKYFALL

Crédits photos : MGM


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