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Impressionnant Grégory Gadebois !

Publié le 28 octobre 2012 par Fousdetheatre.com @FousdeTheatre

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Nouvelle (puis roman)  publiée au début des années 60, "Des fleurs pour Algernon"  se présente sous la forme du journal d'un simple d'esprit dont l'intelligence va être augmentée au cours d'une expérience scientifique, le transformant en individu surdoué qui se livrera à une quête insatiable de savoir et de connaissance. Devenue un monologue poignant sous la plume adaptatrice de Gérald Sibleyras, brillamment mise en scène par Anne Kessler, et surtout magistralement interprétée par Grégory Gadebois, l'oeuvre de l'américain Daniel Keyes se révèle bouleversante.

Seul en scène, Charlie nous relate son histoire. Son travail d'homme de ménage à l'usine. Ses cours du soir pour apprendre à lire et à écrire. Les tests de QI. Sa rencontre avec Algernon, une souris de laboratoire au destin expérimental parallèle au sien, avec laquelle il se trouve mis en "concurrence intellectuelle". Son opération du cerveau et sa vie qui bascule. Le développement incroyablement rapide de ses facultés mentales, son bonheur de s'instruire chaque jour davantage, le génie qui est en train de naître en lui... Jusqu'au jour où l'on s'aperçoit, sur Algernon, de l'aspect temporaire des bénéfices liés à l'intervention et des conséquences dramatiques qu'elle engendre. En sera t-il de même pour Charlie ?

Grégory Gadebois est un Charlie subjuguant. Le comédien passe en effet du déficient mental au prodige avec maestria. La métamorphose physique et psychique  qu'il opère au fil du spectacle   s'avère extraordinaire de vérité, toute en nuances et subtilité. Progressivement, son regard vide s'illumine, ses gestes deviennent moins gauches, son élocution, à mesure que son vocabulaire s'accroît, se fait de plus en plus précise.  Tour à tour drôle, touchant, fascinant, déchirant, toujours profondément humain, il nourrit formidablement chacune des lignes d'une partition compliquée à restituer. Quelle densité ! Quelle maîtrise ! Quelle justesse ! Mais pourquoi donc la Comédie Française n'a t-elle pas retenu cet interprète exceptionnel (il en fut pensionnaire quatre ans durant) ?

Plaçant son cobaye au coeur d'une scénographie évoquant une sorte de sas d'observation abstrait et anxiogène, Anne Kessler, sociétaire du Français, assure une direction d'acteur tendant, vous l'aurez compris,  à la perfection et signe une mise en scène inspirée et aboutie de cette fiction aussi magnifique que glaçante traitant des dangers potentiels de la science sur l'homme.  

Très fort. A voir absolument !

Jusqu'à la fin de l'année au Studio de Champs Elysées.

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