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De là où tu es, Claire Vassé

Publié le 29 octobre 2012 par Bouquinovore @bouquinovore

De là où tu es, Claire Vassé
Auteur: Claire Vassé Titre Original: De là où tu es Date de Parution : 31 octobre 2012 Éditeur : Stock Nombre de pages : 228 À Paraître Prix : 18,00€ 17,10€


Quatrième de couverture :Un amour entravé reste un amour, rien ne peut en venir à bout. De là où tu es, je sais que tu es d accord avec moi puisque c est toi qui me donnes la force de le penser.
L homme que j aime avait vingt-huit ans de plus que moi, il était marié, il était un cinéaste célèbre. Dans un étrange parallèle, il est tombé malade, et moi je suis tombée enceinte. Il s est battu contre la maladie, je me suis battue par amour. Notre fille est née. C est dans cette période tragique que j ai puisé la nécessité de commencer ce livre, pour maintenir le lien avec lui. Je me devais de continuer à être à la hauteur de cet amour, je me devais d essayer de transformer ce récit personnel en expérience de vie universelle.

Extrait :

Tu es entre la vie et la mort.Ce n'est pas vrai, il n'y a plus d'entre-deux, de marge de manoeuvre. Cette phrase était valable il y a trois ans, à la même époque, mars-avril, quand ton intestin s'est crispé au point de mettre ta vie en péril. Aujourd'hui, non. La maladie opère, plus discrètement mais son travail de sape est impeccable. Tu n'es plus entre la vie et la mort, tu quittes la vie, tu te diriges vers la mort, inéluctablement. Aucune prière ne changera le cours des choses.Notre histoire a connu plusieurs ruptures, toujours brutales, mais celle-ci je sais qu'elle est définitive, on ne se reverra jamais. Et pourtant, tu n'as jamais été aussi présent dans mes pensées et dans ma chair. Il y a des années, j'aurais détesté cette forme de présence. Trop désincarnée, trop dramatique. La vie, ce n'est pas ça. Et je me sentais des ailes pour l'écrire dans mes romans, pour dénoncer la complaisance avec laquelle les gens aiment crever sous les épreuves, fantasmer leur vie plutôt que la vivre, courir vers un destin pathétique.Sur ce point, nous étions en désaccord. Toi, tu l'aimais, le drame. Tu aurais même été capable d'en inventer une comme la nôtre, d'histoire d'amour. Tragique, entravée, où l'amour conduit au désastre, au mensonge mortifère, au chagrin. Où le bonheur n'existe pas. Ou alors quelques secondes seulement, que l'on paiera d'une éternité de souffrances parce qu'on est coupable. Toujours coupable.Cette malédiction de la culpabilité qui pesait sur tes épaules, c'était aussi celle de toute une famille, de tout un peuple de survivants des camps. De toute une culture. Tu parlais souvent avec ironie de tes origines slaves, qui te rendaient enclin aux tourments de l'âme. Tu devançais les catastrophes, tu ne pouvais pas t'en empêcher, c'était devenu un sujet de moquerie entre nous. Le flippé, ton surnom.Car tu avais de l'humour, et de la distance vis-à-vis de ta fascination pour le malheur, les afflictions, les vies manquées. Voilà pourquoi on pouvait s'entendre, malgré tout. Têtue comme une mule, je ne désespérais pas de te faire entendre raison : la vraie vie, ce n'est pas la vision que t'en donne ton cerveau torturé et qui t'empêche de t'abandonner au bonheur. La vraie vie, c'est celle à laquelle moi, je crois.Cette vérité, à force de persévérance et d'amour, elle ne pouvait qu'éclore un jour ou l'autre en toi puisqu'elle irriguait déjà inconsciemment la moindre parcelle de ta peau. Tu le niais, mais moi je n'en démordais pas, je le sentais rien qu'en effleurant ta main que tu étais dans la vie, entièrement dans la vie. Pour le meilleur. Et toi aussi, quand nous faisions l'amour. Tu admettais enfin que l'absolu existe. Et que l'amour, un amour infini comme le nôtre, abattait les montagnes. Même celles dressées par des générations d'accros à la déréliction.


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