Après Visionnaires (lire) puis Roman Polanski, dans sa version brute de décoffrage (lire), le duo parisien Trésors s’invite à nouveau dans le feu de l’action avec le bien nommé Missionnaires à paraître le 12 novembre sur Desire Records. Hédonisme quand tu nous tiens, Trésors a, un peu plus tôt dans l’année, jouissivement remixé Unknow de Joie Noire sorti sur ce même label. Effeuillant une demie-douzaine d’étreintes pop électroniques, lascives et décomplexées, savamment mixées par Chester Gwazda (Dan Deacon, Future Islands), Missionnaires s’insinue tel un véritable manifeste pour deux musiciens, aux univers d’influences différents mais complémentaires, et ayant troqué guitares, distorsions et batterie contre synthétiseurs, ordinateurs et boîtes à rythme. Procédant de cette même révolution copernicienne dans l’approche des instruments et l’écriture qu’un groupe tel que Mi Ami (lire), passé d’un post-punk criard à une émanation dancefloor, Trésors accomplit ce qu’il n’avait fait que balbutier (à raison) auparavant, à savoir la formulation d’une identité ancrée, non seulement dans la production, mais aussi et surtout dans la composition et l’utilisation des voix. De l’évidence mélodique de la susnommée Roman Polanski aux beats vespéraux de Défendu, Trésors mène désormais sa barque comme bon lui semble en plein cœur de nos obsessions électro-orgasmiques, prêtant tendancieusement le flanc à la relecture syncopée. Pour preuve, cette flopée de remixes – dont notamment celui de Ricardo Tobar – accompagnant Alright Heavy Fuck, leur premier single.
Audio
Remix
Entretien avec Adrien Kanter et Adrien Durand

Comme son prédécesseur, Missionnaires est un EP. Pourquoi privilégier ce format ? Est-ce un choix par défaut ou est-ce un idéal pour vous exprimer musicalement ?
Adrien Durand : En fait on le considère comme le premier album de Trésors. Il dure presque 40 minutes. Je ne crois pas que les histoires de format soient encore importantes aujourd’hui. Ce disque est plus un film sonore ou un voyage et il se tenait très bien avec ces 6 morceaux. Rien de pire pour moi qu’un disque avec 4 morceaux de remplissage ou deux featurings pourris….Et c’est surtout la première sortie physique, avec un beau vinyle qui arrive et ça c’est très précieux pour nous.
Missionnaires sort via Desire records. Qu’évoque ce label pour vous et comment en êtes-vous arrivez là ?
Adrien Kanter : La première prise de contact a été faite par le remix de Joie Noire que vous avons fait pour eux (un LP incluant tous les remixes de Joie noire devrait d’ailleurs sortir d’ici peu). Nous avons beaucoup aimé le faire et Jérome l’a apprécié de son coté. Nous lui avons ensuite envoyé des démos de Missionnaires et tout s’est enchaîné très naturellement ensuite. Nous nous sentons très proches de leur approche, aussi bien par son esthétique (une ambiance teintée cold wave, entre noise, indé et electro) que par sa philosophie (très ouverte d’esprit, laissant une place totale aux idées du groupe). Honorés et ravis de sortir Missionnaires sur Desire !
