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Deuil impossible (Ne le dis à personne)

Par Borokoff

A propos de J’enrage de son absence de Sandrine Bonnaire ★★☆☆☆

William Hurt - J'enrage de son absence de Sandrine Bonnaire - Borokoff / Blog de critique cinéma

William Hurt

Venu en France pour gérer une succession familiale, Jacques (William Hurt), un Franco-américain de cinquante ans, retrouve Mado (Alexandra Lamy), dix ans après leur séparation. Mado s’est remariée. Elle vit avec Stéphane (Augustin Legrand, également co-fondateur de l’Association Don Quichotte) et leur fils Paul (Jahil Mehenni) qui a aujourd’hui 7 ans. Jacques est resté seul quant à lui. Il ne s’est jamais remis de la mort, dans un accident de voiture, du fils qu’il a eu autrefois avec Mado. Pire, il se sent encore coupable. Bientôt, Jacques se rapproche dangereusement de Paul, au point que Mado doit interdire à son fils de le voir. Mais Jacques ne compte pas en rester là…

Premier long-métrage de fiction, J’enrage de son absence, que Sandrine Bonnaire a également co-écrit, fait suite à l’émouvant documentaire qu’elle avait tourné sur sa sœur, Elle s’appelle Sabine.

Alexandra Lamy, Jahil Mehenny, William Hurt - J'enrage de son absence de Sandrine Bonnaire - Borokoff / Blog de critique cinéma

Alexandra Lamy, Jahil Mehenny, William Hurt

Pour J’enrage de son absence, Sandrine Bonnaire dit avoir écrit en repensant à des souvenirs et une histoire familiale personnels. on film décrit l’errance et la folie qui vont gagner un homme ivre de douleur, le remords la culpabilité. Un homme qui n’a plus goût à la vie. Rongé par le chagrin, ombre de lui-même depuis que son enfant est mort, Jacques va peu à peu s’enfermer dans une fantasmagorie perverse et dangereuse. Un engrenage qui le conduira aux confins de l’aliénation et de l’hallucination, dans une cave  située juste sous l’appartement de Mado, une cave où il a décidé de vivre (ou plutôt de mourir) terré, comme dans son propre tombeau. Seul Paul est au courant, qui viendra lui rendre visite en secret et lui donne à manger et à boire, lui qui s’est très attaché à Jacques.

En cherchant à tout prix à gagner l’estime et l’amitié de Paul, Jacques pense (inconsciemment ?) pouvoir se réapproprier l’enfant. Illusion dont les conséquences ne feront que rajouter à la cruauté du sort de Jacques. Figure de substitut par excellence, Paul est joué par un Jahil Mehenni très bien dirigé.

Si l’on oublie le manque total de crédibilité de l’histoire, on peu saluer certaines qualités indéniables de J’enrage de son absence. La première tient dans le jeu sans failles de William Hurt. L’ancien compagnon de Sandrine Bonnaire dans la vie campe un personnage froid comme le marbre, raide comme la mort, dévasté par la tristesse et les regrets. Filmé le plus souvent en gros plans fixes et frontaux, sur des fonds et dans un décor uniformément gris dans la cave où il s’est réfugié (la photographie de Philippe Guilbert ne renvoie-t-elle pas à celle de la Thérèse d’Alain Cavalier ?), Hurt livre une prestation de haut vol. Face à lui, Lamy incarne elle aussi avec brio et nuances une jeune femme encore dévastée elle aussi par la mort de son premier enfant, mais qui a décidé de vivre et d’aller de l’avant, ce que n’a pas pu faire Jacques. Les deux acteurs s’entendent à merveille. Mais si leurs rapports, tantôt tendus et houleux, tantôt emplis de tendresse et de respect, sont assez délicatement décrits, on se demande parfois, au-delà de cette finesse romanesque, où veut en venir exactement la réalisatrice. Quel est le but de cette histoire ? Quelles questions sommes-nous censés nous poser ? Quelles réflexions ? On a l’impression que Bonnaire tourne un peu en rond autour de son sujet pendant une heure trente, qu’elle ne parvient pas à dépasser le stade et le constat de la douleur incommensurable de cet homme. On aurait aimé que la réalisatrice soit plus explicite quant à l’endroit où nous amener. Que voulait-elle nous raconter, nous dire exactement ? Au final, et malgré une scène de retrouvailles poignante entre Jacques et Lamy, J’enrage de son absence parait un peu vain. L’émotion, étrangement et paradoxalement, a du mal à passer. Et le film, à l’instar de son scénario improbable, tourne à l’inutile, au-delà de l’évidence qu’il est joué par un immense acteur…

http://www.youtube.com/watch?v=w35GJWovP1E

Film français de Sandrine Bonnaire avec William Hurt, Alexandra Lamy, Augustin Legrand, Jahil Mehenni (01 h 38).

Scénario de Sandrine Bonnaire et Jérôme Tonnerre : 

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Mise en scène : 

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Acteurs : 

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Dialogues : 

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Compositions d’André Dziezuk :

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