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Pablo Neruda – La pauvreté (La pobreza, 1952)

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Pablo Neruda – La pauvreté (La pobreza, 1952)Tu n’aimes pas
— elle t’effraie —
la pauvreté,

tu ne veux pas
aller avec des souliers usés au marché
ni en revenir dans ta vieille robe.

Amour, nous n’aimons pas,
comme les riches le voudraient,
la misère,
Et nous l’arracherons comme une dent mauvaise
qui a mordu jusqu’à présent le coeur de l’homme.

Pourtant, je ne veux pas
que tu la craignes.
Si elle arrive par ma faute à ta maison,
s’il advient que la pauvreté
en chasse tes souliers dorés,
qu’elle ne chasse pas ton rire, le pain de ma vie.

Si tu n’as plus assez pour payer ton loyer
dirige avec fierté tes pas vers le travail
et pense, mon amour, que moi je te regarde
et que nous sommes en notre union la plus
grande richesse
jamais rassemblée sur la terre.

*

Ay no quieres,
te asusta
la pobreza,

no quieres
ir con zapatos rotos al mercado
y volver con el viejo vestido.

Amor, no amamos,
como quieren los ricos,
la miseria. Nosotros
la extirparemos como diente maligno
que hasta ahora ha mordido el corazón del hombre.

Pero no quiero
que la temas.
Si llega por mi culpa a tu morada,
si la pobreza expulsa
tus zapatos dorados,
que no expulse tu risa que es el pan de mi vida.

Si no puedes pagar el alquiler
sal al trabajo con paso orgulloso,
y piensa, amor, que yo te estoy mirando
y somos juntos la mayor riqueza
que jamás se reunió sobre la tierra.

***

Pablo Neruda (1904-1973)Les Vers du capitaine (Los versos del capitán, 1952)



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