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Interview Monogrenade

Publié le 12 novembre 2012 par Bullesonore

Interview Monogrenade

Un album, Tantale, indéfinissable.
Une accumulation de sensations, un univers qui ne laisse pas indifférent et ce, dès la première écoute… C’est au travers de ce croisement si naturel entre électro, pop et rock que les quatre montréalais de Monogrenade nous transportent.

A l’occasion de quelques dates dans l’Hexagone, ils nous ont accordé entre répétitions et studio, un peu de leur temps pour répondre à nos questions…

Monogrenade, il est difficile de définir votre style musical, pouvez vous nous en dire plus sur vos influences ?
Jean-Michel (chanteur)
: Nos influences sont vraiment toutes différentes, à l’image de notre musique qui est assez variée, cela va du classique à l’Indie-Rock …
Mathieu (batteur) : Ce n’est pas une question facile en fait, car nous avons tous des influences différentes et Monogrenade est fait de cet ensemble. Nous ne nous mettons pas de barrière et c’est ce qui permet de passer d’un titre à un autre en changeant d’atmosphère.

Justement, vous nous emmenez dans un univers onirique, une vraie richesse sonore, y a-t-il une recherche de cohérence entre les titres ?
Jean-Michel
 : C’est un processus assez long. Cela commence toujours avec un élément, soit un beat, soit un riff de guitare ou de piano. Généralement je fais des petites maquettes de 30 secondes, la maquette devient une chanson, et ensuite vient l’arrangement.
Mathieu :  Je pense qu’il n’y a jamais eu vraiment de recherche de cohérence, il y en a une au final dans l’esthétique car l’album se tient. C’est surtout dû aux textes car ils découlent toujours de la musique et, comme Jean Michel disait, la musique débute sur un riff qui nous inspire, sur des images et c’est à partir de là que le texte est construit. Ce côté homogène vient finalement peut être de nous : les chansons étant construites autour d’une idée de base, à l’image du titre l’Araignée, avec son petit beat qui nous a évoqué le bruit des pattes d’une bestiole qui évoluait. Il y a toujours cette construction de thème, c’est une musique très imagée ; d’où surement une cohérence de part le processus qui reste le même.

Enregistrer en pleine nature, pourquoi avoir choisi ce lieu, Les Laurentides,  en particulier ?
Jean-Michel : Nous ne voulions pas le faire dans un studio à Montréal, avec le stress de la ville, des horaires et des coûts. On se sentait vraiment de le faire dans un chalet et un ami de ma soeur en avait justement un à louer qui était parfait, pas trop loin et même équipé d’une petite piscine intérieure avec une jolie réverb naturelle dont on s’est pas mal servis sur l’album … mais c’est surtout pour l’isolement et être libre de faire ce que nous voulions.
François (Guitariste) :  Il y a aussi que les pièces n’étaient pas toutes terminées, on avait de bonnes idées mais ça a permis de composer là bas des parties de pièces en prenant notre temps.
Marianne (Violoncelliste) : C’est vrai on n’a parfois travaillé très tard le soir, ce que nous n’aurions pas pu faire dans un studio, s’isoler dans une belle acoustique.
Mathieu : S’affranchir des contraintes d’un studio classique, s’y rendre de 8h à 17h, se lever le matin avec l’impression d’une sorte de travail, alors que quand tu t’installes dans un chalet et que tu te lèves sans idées, tu passes à autre chose et tu peux reprendre à 2 heures du matin quand l’inspiration te vient. J’ai le souvenir d’un set de batterie qu’on a entamé dans ce contexte. Il n’y a vraiment plus de contraintes ainsi que ce stress d’être toujours « productif ».

Pour Tantale vous avez fait appel au quatuor Mommies on the Run, comment a débuté cette collaboration et comment avez-vous travaillé pour composer ?
Jean-Michel
 :  Nous voulions des cordes sur l’album et nous connaissions le travail des Mummies on the Run, je les ai alors approchés, nous leur avons envoyé des maquettes dont certains titres étaient déjà très avancés…
Mathieu : C’est sûr que c’était plus vers la fin, il y a eu avec eux un travail d’arrangement et je pense que c’est important d’avoir un oeil nouveau dans ce contexte. Sur certains titres, leur participation a vraiment amené le morceau ailleurs et donné une teinte que l’on n’aurait pas soupçonnée. Parfois cela fonctionnait parfois non, mais c’est bien de ne pas avoir toujours le contrôle.

Le choix de ne pas prendre de grand producteur, le frère de Mathieu à la réalisation de vos clips : une affaire familiale en quelque sorte ?
Mathieu
 : Le fait que l’on fasse appel à mon frère pour nos clip, c’est surtout car il a compris et intégré notre univers, il sait ce qui fonctionne avec nous. Sa vision de l’esthétisme cadre avec la nôtre, il y a que ça marche et si ça ne passait pas avec mon frère nous aurions travaillé avec quelqu’un d’autre … Même pour tout ce qui est visuel, l’univers graphique nous vient aussi de lui.

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Et le choix de ce bestiaire, ces croquis d’Ernst Haeckel, pouvez vous nous en dire un peu plus ?
Mathieu
 : L’album n’était pas encore fini ; nous avons envoyé les maquettes à Christophe et puis, lui, tout de suite, a entendu quelque chose de sous-marin et il était tombé quelques mois plus tôt sur le vieux livre d’illustration d’Ernst Haeckel avec ce bestiaire sous-marin mi science mi fiction. Qui plus est, nous nous sommes rendu compte que c’était libre de droit ce qui nous a permis de monter ce
concept d’encyclopédie d’animaux marin un peu surréalistes …

Des personnages sans visages, le chapeau qui revient dans vos clips : des explications ?
Mathieu
 : Je ne suis pas sûr qu’il y ait un concept en ce qui concerne les visages, c’est venu du clip « Ce Soir » pour lequel dès le départ le concept était basé sur des personnages invisibles, des sortes de fantômes qui se retrouvent dans une vielle maison abandonnée. Cette idée est revenue pour le clip « La Marge« , comme un fil conducteur…

Ne pensez vous pas qu’il y a une évolution de la scène québécoise beaucoup plus pop rock qu’auparavant avec Charlebois ou Diane Dufresne ?
Jean-Michel
 :  Il y a peux être chez nous tous une volonté d’aller ailleurs. Les années 1990/2000 ont vu un rock assez uniforme s’installer, et nous avons évolué vers un rock indépendant plus architecturé plus orchestral. Je pense que ce qui se passe à Montréal est cette volonté d’aller un peu plus loin.

La scène québécoise est plutôt bien accueillie en France : Patrick Watson, Les Cowboys Fringuants, Pierre Lapointe, les petits nouveaux Half Moon Run, entre autres. C’est votre troisième tournée française, vous comment percevez vous le public français ?
François
 :  On a remarqué que les gens écoutaient beaucoup…
Mathieu : Oui, je pense que les gens écoutent plus, surtout qu’au Québec quand tu joues dans un bar tu as la moitié de la salle qui discute !
Jean-Michel : Pas tout le temps…
Mathieu : Non pas tout le temps mais quand même. L’autre jour aux primeurs de Massy c’était cool, même lors des chansons les plus douces c’était le silence total dans la foule, les gens écoutaient, moi je n’ai pas le souvenir d’avoir vu ça chez nous. Le public français est plus attentif.

Vous nous trouvez curieux ?
François & Jean-Michel
 : Oui.
Jean-Michel : Ca fait du bien ça.
Mathieu : On a déjà joué dans des petites villes même avant cette tournée, où les gens viennent pour découvrir des groupes.

Monogrenade, populaire, vous avez le sentiment de bénéficier d’une attention particulière ?
Jean-Michel
 : On a eu une super bonne critique dans les Inrocks et globalement de très bonnes critiques dans des médias assez diversifiés. On l’a même ressenti au Québec : quand la critique des Inrocks est sortie, les médias locaux ont commencé à s’intéresser à nous. On se considère vraiment chanceux ! On a fait de la radio et même de la télé (France trois : http://www.youtube.com/watch?v=cQPtFGbw5Lo), ce qui n’est jamais arrivé chez nous !!

A suivre prochainement, une session acoustique en partenariat avec le webzine ADNSound.

Remerciements : Maël / Atmosphériques, Williams / ADNSound pour avoir pris le relais de l’ITW !
Crédits photos : Benjamin Leterrier


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