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Le Capital ou l'OPA hostile de Costa-Gavras

Par Lauravanelcoytte

Par Jean-Luc Wachthausen Publié le 13/11/2012 à 19:58 Dans Le Capital, Gad Elmaleh se glisse dans le costume du banquier Marc Tourneuil, promu du jour au lendemain patron d'une grosse banque.
Dans Le Capital, Gad Elmaleh se glisse dans le costume du banquier Marc Tourneuil, promu du jour au lendemain patron d'une grosse banque. Crédits photo : Mars Distr.

Le réalisateur confie à Gad Elmaleh le rôle d'un banquier  sans scrupule. Très bien filmé,  mais trop démonstratif.

L'homme est un loup pour l'homme et le banquier un loup pour les pauvres, nous balance à la figure Costa-Gavras dans son nouveau film à message, Le Capital . Pour renforcer le trait, il ajoute en sous-titre un slogan provocateur mais plus d'actualité: «Continuons à prendre aux pauvres pour donner aux riches.» Autant dire que le réalisateur du Couperet et d'Amen n'y va pas par quatre chemins pour s'attaquer aux méfaits du capitalisme financier. Il le fait avec son style démonstratif, s'inspirant du livre éponyme de Stéphane Osmont, ex-militant d'extrême gauche passé un temps à l'internationale de la finance. Même s'il est moins manichéen que par le passé, son propos ne fait pas dans la nuance et vire vite au ton moralisateur. Un piège évité dans le même registre par les auteurs d'un film comme Margin Call qui frappait par son cynisme policé.

Jets privés et top modèle

Le Capital ou l'histoire d'un certain Marc Tourneuil, promu du jour au lendemain patron d'une grosse banque dont le conseil d'administration (présidé par un Bernard Le Coq très mordant) pense que cet employé modèle sans envergure suivra à la lettre ses directives. Gad Elmaleh se glisse avec plaisir dans ce costume-cravate taillé sur mesure. Mine sévère, comportement cassant, il excelle dans ce jeu du pouvoir où tout est bon pour tuer l'autre. Un vrai jeu de massacre où il est question de plan social, de subprime, de bonus extravagants, de produits toxiques et de méchants rapaces (excellent Gabriel Byrne).

De faux falot, voici notre Tourneuil transformé en vrai salaud qui va déjouer les pièges d'un grand Monopoly financier où règne la loi du toujours plus. Rien ne l'arrête, même pas sa femme prise de vertige par ce manège infernal dont on perçoit les effets sur des écrans anonymes.

Pour mieux nous montrer que son pouvoir de nuisance est tentaculaire, Costa-Gavras fait beaucoup voyager son héros, toujours entre deux avions (privés), deux limousines, deux fuseaux horaires. Un ballet incessant, très high-tech, chargé d'entretenir un suspense qui s'essouffle vite au fil du film. On tombe alors dans les travers des clichés, comme cette figure imposée du top modèle qui monnaie ses faveurs et rembourse ses dettes - ce qui n'est pas crédible. Sexe, luxe et argent. Un cocktail vieux comme le monde. Prévisible et insuffisant pour en faire un film qui échappe à l'air du temps, très frisquet pour les riches.


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