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Trois ombres au soleil - John.henry

Par Liliba

Trois ombres au soleil John Henry Lectures de Liliba

Il y a Loïc, jeune et paumé, orphelin, qui cherche vaguement un travail mais fait tout pour ne pas réussir dans sa démarche, soit disant parce qu’il refuse le système (à mon avis, plus parce qu’il est totalement paresseux). Il passe son temps sous l’influence de l’alcool,  ne se souvient pas de ses nuits et ne reconnaît même pas les filles à côté desquelles il se réveille.

Il y a Marie, une petite vieille étriquée, avec un petit rythme de vie très réglé, pour combler le vide de ses journées, et surtout ne pas trop regarder de près ce que fut sa vie. Marie est aigrie et acerbe et n’attend plus rien des jours qui s’écoulent…

Et puis il y a Sofia, belle sur ses hauts talons, le regard dans le vide, blonde et mince. Et lointaine. Sofia qui fait la pute.

Ces trois-là vont se rencontrer, aussi improbable cela soit-il. Loïc va croiser Sofia au cours d’une virée nocturne, qui l’aidera à se remettre de son lendemain de cuite sans poser de question et rien demander en échange, sans juger ni moraliser. Et il deviendra le formateur informatique d’un groupe du troisième âge, les amis de Marie qui en ont marre des discussions stériles du mardi après-midi dans leur café miteux et veulent découvrir internet.

Intéressantes rencontres, car on les dirait tous trois tombés d’une planète différente ! Et pourtant, des liens vont se tisser. Après une période d’adaptation et d’observation, ils vont arriver à communiquer, et même à s’apprécier.

J’ai beaucoup aimé le portrait de Marie au début, cette vieille femme éteinte qui ressasse son passé, son mariage soumis, sa vie creuse, ainsi que le portrait de Sofia, très émouvante dans ses silences, mais j’ai ensuite été totalement désarçonnée par la tournure que prenait l’histoire.

Cette rencontre vraiment intéressante entre ces trois êtres si dissemblables devient totalement farfelue, loufoque, et je dois avouer que lorsque Marie se met à picoler, jurer comme un charretier et écumer les bars et boites de nuit en allumant les types, là, j’ai décroché ! Quel dommage ! L’idée était vraiment belle de faire rencontrer ces trois esseulés, mais là… too much pour moi ! J’ai pourtant lu ce roman jusqu’au bout, mais n’ai jamais réussi à réactiver mon attention et mon envie d’en savoir plus.

Il y a pourtant des choses plutôt sympathiques comme la description de la ville et de son anonymat, le premier cours d’internet et d’autres passages agréables à lire, mais les changements dans les caractères des personnages (celui de Marie surtout) sont trop rapides et surtout pas du tout crédibles. Le sujet aurait mérité à mon avis plus d’approfondissement, notamment dans les différences entre les personnages. Et puis Loïc a juste besoin d’un bon coup de pied dans les fesses et on se demande comment il trouve encore des femmes pour nettoyer son vomis et qui plus est un employeur qu’il insulte à moitié… Le rendre un peu plus sympathique (sans lui enlever son côté paumé), n’aurait pas été désagréable. Pour Sofia, même combat, j’aurais aimé que les raisons qu’elle a de se prostituer soient un peu développées, expliquées… De plus, je n’ai pas compris grand-chose aux dernières pages… (le tatouage, le coiffeur, le rendez-vous à l’église…) et pas pigé du tout de qui venaient les fameux papiers dans les poches, et pourquoi.

Ce roman m’a été envoyé par l’auteur sous condition express que je pourrais en dire ce que je voulais. Alors voilà…

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