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C'est ainsi - M. J. HYLAND

Par Wakinasimba

cest-ainsi

Actes Sud, 1 février 2012, 431 pages

Résumé de l'éditeur :

Mécanicien de son état, Patrick Oxtoby, jeune homme taciturne et solitaire, profite d’une douloureuse rupture amoureuse pour fuir enfin un étouffant environnement familial, sa précieuse boîte à outils sous le bras.

Invité par un lointain cousin garagiste à venir le seconder dans une petite ville côtière d’Irlande, il a pris une chambre avec vue sur la mer dans une pension tenue par Bridget, une jeune veuve qui entretient, avec les deux autres hommes qu’elle loge, des relations placées sous le signe d’une bonne humeur et d’un marivaudage gentiment frivoles qui suscitent chez le nouveau pensionnaire autant de jalousie que de silencieux mépris.

Au garage, Patrick se montre sérieux et appliqué, donnant toute satisfaction à son cousin, un homme bienveillant quoique prompt à le mettre souvent au “chômage technique”, sans plus d’explications.

Dès lors, perplexe et frustré, le jeune homme se retrouve à errer, solitaire dans un trou perdu et sinistre totalement dépourvu de distractions, à l’exception du café minable où il noue peu à peu une vague relation d’amitié avec Georgia, la jeune serveuse.

C’est ce moment (de doute, d’inquiétude et, bientôt, de silencieuse déréliction) que choisit sa mère pour venir lui rendre, impromptue, une “petite visite”. Tétanisé par l’irruption dans sa nouvelle existence, tout décevante soit-elle, d’une figure maternelle dont il a honte, mais incapable d’exprimer les sentiments qui l’agitent, Oxtoby s’efforce de supporter cette intrusion du mieux qu’il peut cependant que la mère, indiscrète, encombrante, caquète et monologue, retraçant les grandes lignes d’un roman familial sur lequel on comprend aisément que le jeune homme ait désiré tirer un trait aussi définitif que possible.

Sa mère enfin partie, Patrick espère retrouver ses marques mais une petite soirée festive organisée un soir par Bridget à la pension sous la pression des deux autres locataires déclenche la catastrophe : heurté dans ses sentiments inconscients pour la jeune femme, écœuré par l’horreur de la vulgarité masculine et l’accablante veulerie féminine dont il croit découvrir un édifiant aperçu ce soir-là, le mutique exilé opère un tragique passage à l’acte.

Dans la cellule où il attend son procès, il a pour compagnon un certain Gardam, criminel endurci qui, se sachant “condamné à tuer”, se laisse obséder par l’idée du suicide. Gardam, le dur, considère “Ox” comme un assassin-amateur et se moque des craintes que celui-ci exprime quant au verdict qui va être prononcé à son encontre, incitant le jeune homme à mettre sa foi dans une relative et probable clémence des jurés.

Mais, au moment du procès, le jeune homme se voit lâché par ses parents (notamment par son père) qui portent contre lui le plus accablant des témoignages et l’abandonnent à sa descente aux enfers dans l’univers carcéral.

Mon avis :

Dans ce résumé, vous n'avez que la première partie du roman. La seconde se déroulant en prison.

C'est un roman au style abrupte : beaucoup de "il dit" - "il dit" qui m'ont agacés dès le départ. Tout est très factuel, le narrateur alias le personnage principal, raconte ce qu'il se passe et comment il le ressent.

On sent un jeune homme perdu, replié sur lui-même et ayant du mal à communiquer. Ce qui le conduira à l'acte fatal non prémédité mais prouvant tout son désaroie.

Ce qui m'a étonné, c'est qu'il rencontre Gardam qui a tué sa femme et qui, lui aussi, a l'air complètement perdu.

Ce roman est le portrait de deux hommes qui ont commis un meurtre mais qui seraient bien incapable de plaider coupable car ils ne comprennent ni n'expliquent leur geste.

Une plongée dans l'âme humaine, à l'image de "Crime et châtiment" sans le côté romancé et torturé de l'âme russe.

Au fond, l'auteure montre que l'on a tous besoin d'amour, désespérément.

Malgré mon bémol de départ, cela reste un roman intéressant.

L'image que je retiendrai (attention, spoiler) :

L'image final de Patrick et Gardam enlacés et trouvant enfin la paix.


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