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On ne me fait pas marcher, moi !

Publié le 26 novembre 2012 par Hippocampe

  

                                                   ARTHUR CRAVAN / MAINTENANT

  

   (On ne me fait pas marcher, moi !)


Un spectacle conçu par Olivier Apert avec Harold David: Arthur Cravan - Olivier Apert: le fantôme d'Arthur Cravan - David Tuil: musique et voix

                                                                     mercredi 5 décembre à 19 h 30

   Salle Jean Dame - 17 rue Léopold Bellan - 75002 Paris

   Entrée libre. Réservation 01 42 96 34 98 ou scenedubalcon3 @ aol.com

  

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On ne me fait pas marcher, moi ! Tel pourrait être le mot d’ordre initial & final de la vie – brève – de Fabian Lloyd (1887-1918) davantage renommé sous le nom d’Arthur Cravan. Mot d’ordre naïf, insolent, péremptoire, orgueilleux et finalement solitaire et qui résume à lui seul la destinée légendaire du « poète et boxeur, neveu d’Oscar Wilde », tel qu’il essaima de par le monde avant de mystérieusement disparaître à la frontière mexicaine, noyé ou assassiné.

Personnage culte de l’avant-garde, il soulève le scandale selon une jubilation désespérée : il est expulsé de Berlin, créé la revue Maintenant à Paris (où rien ne trouve grâce à ses yeux) qu’il vend manu militari tout en distribuant quelques uppercuts à la plus grande joie des clients du Bal Bullier ou de La Closerie des Lilas. Il trouve le temps de devenir champion de France mi-lourd mais par défection de ses adversaires tout en fréquentant Cendrars, Delaunay, Van Dongen ou Fénéon. À Barcelone, il boxe, argent oblige, contre Jack Johnson, champion du monde mi-lourd en difficulté pour accusation de proxénétisme avant de débarquer à New York, au Village, coeur névralgique de l’avant-garde. Il rencontre Duchamp, Picabia, et l’inaccessible Mina Loy, son grand amour. Puis, muni d’un passeport caméléon, c’est la fuite éperdue pour éviter l’enrôlement dans l’armée américaine : l’Amérique du Nord, le Canada, Mexico (Mina Loy l’y rejoint pour l’épouser tandis qu’il ouvre une école de boxe) et encore la fuite en Amérique du Sud. De Vera-Cruz, il devait embarquer pour l’Angleterre : on le revit plus...

Mais par-delà cette destinée fabuleuse, les textes mêmes de Cravan s’imposent à la pointe même de la modernité du début du XXe siècle. A côté de tous mouvements grégaires (dadaïsme et surréalisme le revendiqueront), ils inventent un rythme neuf, haletant, mêlant l’ironie au tragique, la proclamation au collage selon une syncope inouïe jusqu’alors : « les connaisseurs respireront dans ces pages le climat pur du génie, du génie à l’état brut », préfaçait André Breton. Il avait raison.

Olivier Apert.


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