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Les ailes brisées

Publié le 28 novembre 2012 par Reydecali

L'ambiance est particulièrement morose dans les travées du Lincoln Financial Field. (US Presswire)

L'ambiance est particulièrement morose dans les travées du Lincoln Financial Field. (US Presswire)

La colère monte chez les fans de Philadelphia. Outsiders en puissance à l’aube de la reprise des hostilités en NFL, les Eagles, dont l’exercice tourne au calvaire (3 victoires, 8 défaites), flirtent aujourd’hui avec les bas-fonds de la Ligue. Une terrible désillusion pour la franchise de Pennsylvanie qui, engluée dans une crise profonde, ne trouve plus les solutions pour endiguer ce malaise croissant.

Vous avez dit fiasco ? Affublés du costume d’épouvantail au début de saison, les Eagles sont en train de vivre une véritable descente aux enfers. Plus rien ne va chez les pensionnaires du Lincoln Financial Field. Lundi, à l’occasion de la réception de Carolina Panthers enchaînant les contre-performances (2-8 avant la rencontre), les Eagles espéraient se réconcilier avec leur public et renouer enfin avec le succès lors de ce « Monday Night » qui semblait tomber au moment opportun. La réaction d’ogueil ne s’est toutefois pas produite. Philadelphia, ayant multiplié les erreurs, a été puni par Cam Newton et sa bande (22-30). Cette huitième défaite, la septième consécutive, a mis un terme aux derniers espoirs de play-offs de la franchise en plus de révéler au grand jour ses énormes lacunes. Dans la foulée, le defensive end pro-bowler Jason Babin (18 sacks en 2011) a été coupé, signe que le malaise est très profond au sein de l’organisation pennsylvanienne.

Une faillite collective

Philadelphia, devenu un modèle de régularité n’ayant posté qu’un seul bilan négatif au cours du nouveau millénaire (6-10 en 2005), paraissait armer pour jouer les premiers rôles dans une NFC East toujours aussi indécise. Les premières semaines se révélaient d’ailleurs encourageantes avec trois succès acquis lors du premier mois de compétition et les Baltimore Ravens (24-23) ou New York Giants (19-17) accrochés au tableau de chasse. Toutefois, la machine s’est par la suite enraillée et l’inconstance contrariante de Michael Vick à la barre tout comme les débuts délicats de son remplaçant Nick Foles ne sont pas les seuls éléments d’explication valables.

C’est en réalité tout un collectif qui s’est délité au fil des matches. Côté attaque, la O-line ne parvient pas à protéger efficacement ses quarterbacks (34 sacks concédés), des joueurs prometteurs comme Jeremy McLin ou Brent Celek peinent à confirmer leur potentiel alors que les récentes blessures de Michael Vick, LeSean McCoy et DeSean Jackson n’arrangent rien aux affaires. Le remplacement du coordinateur défensif Juan Castillo par Todd Bowles le 16 octobre n’a pas eu les effets escomptés (31,5 points encaissés en moyenne en 5 matches). David Rodgers-Cronemartie et Nnamdi Asomugha, les corners, évoluent loin de leur meilleur niveau alors que le « wide-nine scheme » mis en place par Jim Washburn, coach de la D-line, a touché ses limites. Des limites cristallisées dans l’éviction de Babin, un symbole fort de désaveu.

Andy Reid sur un siège éjectable

Avant le match face aux Panthers, Todd Bowles avait élevé la voix en insistant sur le manque de communication de son escouade. « Ça ne devrait pas arriver. Nous travaillons toutes les semaines pour régler les détails. Les joueurs font des erreurs, comme vos enfants. Vous ne voulez pas que cela se produise mais vous ne pouvez pas tout le temps être derrière eux, s’énervait le coordinateur défensif dans les colonnes du Philadelphia Daily News. C’est de notre responsabilité de les corriger mais c’est leur responsabilité de rectifier le tir. » Des invectives restées vaines. Sa défense a de nouveau pris l’eau en commettant des fautes grotesques, à l’image de cet incroyable manquement à la couverture sur l’action ayant amené le premier touchdown de Carolina.

A l’issue de cette nouvelle défaite, Andy Reid affichait le même fatalisme qui lui colle à la peau depuis plusieurs semaines. « Mon but est d’aider cette équipe à progresser, mais je n’y arrive pas actuellement, martelait-t-il en conférence de presse. J’endosse l’entière responsabilité de ces résultats. Il y a un moyen de s’en sortir, mais je ne l’ai toujours pas trouvé. » Ce sentiment gênant d’impuissance commence à agacer les observateurs qui réclament désormais ouvertement sa tête. Malgré un bilan qui parle pour lui (58,9% de victoires en saison régulière depuis son arrivée sur le banc en 1999, un Superbowl atteint en 2004), le technicien californien est plus que jamais sur la sellette et ne semble plus disposer des clés pour redresser la situation. S’ils venaient à concéder un nouveau revers à Dallas, dimanche, ces Eagles aux ailes brisés pourrait dès lors entraîner l’emblématique head coach dans leur chute inexorable.


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