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La Belgique est-elle vraiment un eldorado fiscal ?

Publié le 18 décembre 2012 par Edelit @TransacEDHEC

On avait presque oublié le scandale du « casse-toi riche con »… Et voilà que les récents évènements médiatiques autour de l’exil en Belgique de notre Gérard Depardieu « national» (plus tant que ça désormais…) relancent  le vif débat sur la fiscalité en France. L’exil fiscal chez nos voisins du Nord est-il vraiment si intéressant ? Ou s’agit-il d’un n-ième coup de théâtre commis par le comédien au Golden Globe et aux deux Cesars, destiné à attirer l’attention?

Il est vrai que la Belgique attire de nombreux contribuables français chaque année, qui y trouvent, dit-on, une fiscalité avantageuse : en effet, au pays des frites et de la bière, point d’impôt sur la fortune. Trois bonnes raisons de s’y installer en sorte… Ajoutez à cela des droits de succession allégés et des tarifs avantageux sur les plus-values immobilières et vous songerez sérieusement à prendre votre billet de Thalys en direction du plat pays, pour vous y installer « 183 jours par an » au moins, comme l’exige la loi.  Mais la réalité est plus complexe : les impôts sur le revenu y sont bien supérieurs, avec une tranche marginale à 50% (contre 41% au sud des Ardennes pour un revenu inférieur à 150 000€ par an). Les salariés sont ainsi plus taxés que leurs voisins français. Sans compter les diverses taxes de localités, comme les « centimes communaux » (doux euphémisme…) pouvant atteindre 8% des impôts sur le revenu… Vous commencez à comprendre qu’en fait, la réalité est bien moins rose pour le quidam français souhaitant quitter sa mère patrie pour des raisons financières.

Prenons l’exemple d’un jeune diplômé français, fâché par les décisions de son nouveau gouvernement et déçu par les résultats des élections, souhaitant émigrer vers les pas si lointaines terres belges.

Supposons que son salaire annuel brut soit de 28 800 € (le salaire moyen brut en Belgique est de 2400€ par mois) et qu’il soit encore célibataire. Suite aux diverses cotisations sociales, seuls 18 720€ net seront disponibles.
Ensuite, saupoudrez quelques 10% d’impôts  sur le revenu (pour sa tranche d’imposition) et votre pactole de départ aura fondu jusqu’à n’atteindre que … 16 850€. Il vous restera ensuite à payer vos diverses taxes locales…

Il apparait alors que le mythe d’une Belgique terre bénie de l’exilé fiscal en puissance ne soit en réalité qu’une chimère pour tous ceux n’ayant pas déjà un grand capital. Il vous faudra certainement rester en France le temps de devenir vraiment riche avant que le voyage ne vaille le coup. Mais gardez espoir : au bout de quelques petits millions, cela devient nettement plus intéressant…

 Alexandre Gaïo


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