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Maniac (version 2012)

Publié le 08 janvier 2013 par Olivier Walmacq

Maniac (version 2012)

Genre : Horreur

Année : 2012

Durée : 1h30

L'histoire : Un tueur en série traque des jeunes femmes et les assassine avant de les scalper et orner des mannequins des cheveux de ses victimes. Tout cela dans le but de combler sa solitude et de remplacer sa mère décédé. Mais, tout bascule lorsque le tueur rencontre une jolie jeune femme et en tombe amoureux, jusqu'a en devenir totalement obsédé.

La Critique De Titi70 :

Comme beaucoup de ceux qui connaissent le film original, la perspective de voir le cultissime Maniac de William Lustig subire les affres d'un remake n'avait rien de franchement rassurant, malgré les propos rassurant de David Law sur ce blog. 

Et, en ce qui me concerne, le jour ou le duo Alexandre Aja/Gregory Levasseur annonça prendre en main cette nouvelle version renforça grandement mon inquiétude, tant le duo m'avait fortement déçu avec son remake de La Colline A Des Yeux, qui ne retrouvait jamais l'arridité et la folie de l'original.

Affiche française - Maniac

Si, dans un premier temps, Gregory Levasseur devait se charger de la mise en scène, il laissera la place à une complice de longue date de son ami Alexandre Aja, Frank Kalfhoun.

Les deux hommes se sont connu sur le tournage de film Le Grand Pardon 2, ou Kalfhoun était assistant réalisateur du père d'Alexandre Aja, Alexandre Arcady.

Dés lors, une amitié durable s'est créé au point que le réalisateur d'Haute Tension produira le premier long métrage de Frank Kalfhoun, 2ème Sous Sol, puis, se retrouvera donc des années plus tard sur le remake de Maniac.

Maniac (version 2012)

Dés le départ, Kalfhoun et Aja décide d'opter pour un film tourné en P.O.V (traduction : Point Of View ou en français Caméra Subjective). Une option qui n'enchante pas vraiment Gregory Levasseur et expliquerait le fait qu'il ait préféré mettre de coté la réalisation et opter pour le poste de co-producteur de ce remake.

Pour reprendre le personnage de Frank Zito, le tueur psychopathe incarné dans l'original par Joe Spinell, les responsables font un choix surprenant en annonçant le nom d'Elijah Wood.

Certes, le comédien à prouvé ses compétences d'acteurs, mais, le voir incarner un personnage aussi sombre, lui qui dispose d'une carrure frèle, pouvait laisser songeur. Au coté du comédien, on trouve Nora Arzneder qu'on reverra bientôt dans le rôle d'Angelique dans la nouvelle version réalisé par Ariel Zeitoun.

Maniac : photo Elijah Wood, Franck Khalfoun

On peut noter aussi, comme producteur, le nom de Thomas Langman, fils de Claude Berri, mais, surtout producteur des Asterix et de Stars 80. Ce qui n'a rien de franchement rassurant. Bref, toutes les craintes étaient légitimes et justifié, mais, au final, qu'en est il ?  

Le film commence donc avec le personnage de Frank Zito, en planque au coin d'une rue à la nuit tombée. Le spectateur qui connaît le film original ou s'est simplement renseigné avant d'entrer dans la salle, sait qu'il s'agit d'un psychopathe. Ce qui sera grandement confirmé avec la première scène de meurtre, surprenante et bien brutale, ou une fille se fait transpercer la machoire à la verticale par un couteau.

Autant dire qu'on est dans l'ambiance dés les premières minutes, le tout renforcé par la musique de Rob, clavièriste du groupe Phoenix qui signe ici une partition totalement incroyable tant elle renvoie aux années 80 et colle parfaitement aux images du film. Autant dire que ça fait du bien de voir un film ayant une vraie identité musicale, ce qui n'était pas arrivé depuis les films de John Carpenter dans les années 80.

Elijah Wood et Jan Broberg - Maniac

La suite nous montre Frank Zito sur un site de rencontre ou il ne tarde pas à avoir un rendez vous. Une femme tatouée et qui, après un repas au restaurant l'attirera chez elle pour coucher avec lui. Mais, le moment érotique finira mal mal pour elle. L'occasion d'asisster à une des rares scène ou le tueur apparait sous les traits d'Elijah Wood, allongé devant un miroir tandis que la femme lui embrasse le ventre.

D'ailleurs, les auteurs s'affranchissent une seule fois de la technique de la caméra subjective, lors d'une scène de meurtre ou la caméra quitte le point de vue pour tueur pour finir par nous montrer Frank Zito de face.

Plus tard, notre psychopathe rencontre une jeune photographe, Anna, avec qui il parle un peu de sa passion pour les mannequins qu'il créé et de la boutique dont il s'occupe.

Maniac : photo Franck Khalfoun, Nora Arnezeder

Une affection réciproque naît entre eux et Frank en tombe rapidement amoureux, ce qui ne l'empèche pas de continuer à tuer. Et particulièrement une femme d'un certain âge qui aurait pu menacer sa relation avec la jeune photographe.

C'est d'ailleurs à cause d'une erreur stupide de Frank qu'Anna découvrira qui il est vraiment et scellera son destin.

C'est donc sur un scénario assez classique (écrit par Alexandre Aja) que s'appuie ce remake qui a le mérite de ne jamais chercher à égaler le film original.

Du coté des qualités, on peut citer l'ambiance musicale dont j'ai déjà parlé, des effets gores particulièrement réussi et une judicieuse utilisation des mannequins couplé avec une atmosphère étrange parfaite pour le film. Mais, ce remake possède également ses défauts et, en premier lieu, la prestation d'Elijah Wood qui, malgré ses efforts, ne parvient jamais à rendre crédible son personnage de tueur, même si le fait de rendre ce psychopathe plus jeune et plus séduisant est, au demeurant, une bonne idée. Il faut dire que le passé de Frank Zito et surtout ses relations avec sa mère ne sont guère claire (tout juste devine t on qu'elle était nymphomane, ce qui ne justifie pas le traumatisme du bonhomme).

L'autre soucis vient de l'utilisation de la caméra subjective qui, si elle fonctionne la plupart du temps, s'avère problématique dans certaines scènes comme celle dans l'appartement ou lors de la fuite de la jeune femme, des passages ou le procédé ne fonctionne pas.

Reste, malgré tout, un honnête remake, loin d'égaler l'original, mais, qui, par son ambiance et quelques bonnes idées, s'avère appréciable et plutôt réussi.  

Note : 14/20

La critique de Borat

Que des français réalisent des remakes pour des américains, on avait déjà vu ça (La colline a des yeux, The eye...). Mais des français réalisant un remake aux Etats Unis sans passer par eux, ça n'arrive quasiment jamais. Voici donc venir en ce début 2013 le remake de Maniac, film culte de William Lustig immortalisé par la performance de feu Joe Spinell. Vu le statut de l'original, il y avait de quoi craindre à la purge, d'autant que c'est produit par Thomas Langmann (monsieur on ne sait jamais sur quoi tu vas tomber, preuve en est avec l'année 2008 ponctuée par Astérix aux jeux olympiques et Mesrine!) et réalisé par Franck Khalfoun (réalisateur de 2ème sous-sol, film over-dézingué par la critique et bide complet en salle). Sans compter Elijah Wood dans la peau du tueur, n'ayant strictement rien à voir avec la carure de Joe Spinell. Pourtant, au scénario et à la production on retrouve ni plus, ni moins que le duo de choc Alexandre Aja-Gregory Levasseur, une des rares preuves qu'on peut faire de l'horreur en France (avec l'ami Pascal Laugier). De plus, Lustig a donné son approbation. Ensuite, le film opte pour un concept novateur: montrer l'action à travers les yeux du tueur. Attention néanmoins à ne pas confondre avec le found footage. Il ne s'agit pas d'un ahuri filmant avec un vulgaire camescope. Preuve en est avec les nombreux plans montrant Elijah Wood devant des miroirs. Aucune caméra apparente et pourtant on le voit réellement devant un miroir.

Un vrai exercice de style qui s'avère particulièrement payant. On ressent les moindres mouvements de Wood (encore une fois, les mouvements qu'il fait devoir le miroir correspondent aux mouvements de caméra), ses vibrations, sa respiration et surtout sa psychose. (attention spoilers) Comme semble l'avoir le film de Lustig, le personnage de Zito n'est pas sans rappeler l'ami Norman Bates. Eduqué par une mère volage et limite castratrice (les séquences la montrant sont peu flatteuses, la montrant en traînée se faisant baiser même en pleine rue et ce devant son fils. Beau portrait!), il a développé une potentielle haîne envers certaines femmes. Ses victimes, en dehors d'une, sont toutes des femmes et il a pris l'habitude de les scalper. Pourquoi? Pour les mettre sur des mannequins (ceux dans les magasins pas de chair hein?), sortes d'idole de sa mère ou d'amours qu'il n'aura jamais. Soulignons d'ailleurs le travail de David Law, certains modèles paraissant presque vivants. Soit toute la richesse de son travail (je vous renvois d'ailleurs à l'interview de Vince de l'interessé sur Naveton). Le final est assez éloquent dans la mesure où Khalfoun montre les victimes avec les habits donnés par notre tueur. Un final parmi les plus redoutables, véritable délire paranoïaque signifiant une mort traumatisante alors que finalement notre héros est mort de ses blessures.

En d'autres termes, Khalfoun montre que les blessures psychiques sont beaucoup plus mortelles que les physiques. En plus de Psychose, on peut voir un parallèle avec le récent Shame de Steve McQueen. Chacun a une passion dévorante (le sexe pour l'un, le meurtre pour l'autre), une certaine vision de la femme (du sexe pour l'un, du bétail pour l'autre), mais aussi un amour qui n'arrivera jamais au bout (la collègue pour Michael Fassbender, Nora Arnezeder pour Wood). De plus, les deux personnages ont énormément de frustration et ils ont une figure paternelle gênante (la soeur suicidaire pour l'accro au sexe, la mère nymphomane pour le hobbit). Même au niveau de l'ambiance, les deux films se rejoignent, évoluant dans un univers craddingue au possible et pas des plus flatteurs. (fin des spoilers) En sachant que l'équipe n'a pas tourné sur les mêmes lieux que l'original, les quartiers glauques de New York ayant été... "nettoyés"! Los Angeles est le terrain de jeu de cette version 2012. Khalfoun a la bonne idée de nous faire suivre les itinéraires de Frank dans les moindres recoins et notamment ses techniques de filature. Wood n'ayant pas le physique de barroudeur, il apparaît comme passe-partout et ce sera grâce à cela qu'il aura son rendez-vous avec la fille rousse. Au niveau des meurtres, on en a pour notre argent et l'interdiction aux moins de 16 ans n'est pas usurpée.

Je ne sais pas si le film de Khalfoun est aussi dégueulasse que celui de Lustig (ce qui devrait tourner à l'avantage de l'original, interdit aux moins de 18 à sa sortie et encore maintenant je crois), mais la version 2012 est bien chargée. En même pas dix minutes, on a droit à un meurtre et pas des plus sobres (un bon coup de couteau en dessous du menton et un beau scalp devant notre tronche!). Compte tenu de la durée (1h29 malheureusement), les meurtres s'enchaînent assez rapidement. (attention spoilers) Pour ce qui est de la brutalité, on n'y échappe, le pire étant le meurtre de l'agent (le plus dégueulasse et sadique) ou celui dans l'appartement de la belle Nora. Ce dernier était un apothéose car d'une rapidité d'action sans vergogne et laissant pas de minute de répit. De plus, quand Frank se fait frapper, la caméra bascule en même temps mais sans jamais que ce ne soit illisible (même chose que l'ami se fait basculer sur le lit de la jeune femme rousse). (fin des spoilers) En sachant que la réalisation ne comporte pas que de la vue subjective, magnifiant certains tableaux souvenirs ou moments de violence (scène du parking). Pour ce qui est de Wood, on ne peut parler de performance même si on peut le voir. Néanmoins, il a une présence indéniable et réussi à faire oublier qu'il est Frodon (chose qu'il voulait déjà démontrer dans Sin City). Pour le reste, on notera que la très jolie Nora est bien meilleure dans l'horreur que dans la comédie grand public (n'est-ce pas Christophe Barratier?).

Un remake pour le moins original, servi par une immersion impressionante et d'une violence rare dans le cinéma d'horreur hexagonal.

Note: 17/20


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