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Photo mon amour

Par Lifeproof @CcilLifeproof

Pour les fans de photos, Paris propose deux expositions jusqu’en février à ne surtout pas manquer.

Image atelier photo

Ilse Bing (1899-1998), Autoportrait au Leica, 1986, tirage au gélatino bromure d’argent, d’après un négatif gélatino-argentique sur support souple, 1931, 26,7 x 30,3 cm, Musée Carnavalet

La première est située dans les collections permanentes du musée Bourdelle dans un espace assez petit mais qui comblera les amateurs par la rigueur et la diversité du propos. En effet, vous y découvrirez toutes la chimie qu’il y a derrière la création d’une image. Toutes les techniques sont présentées et surtout expliquées ! Du collodion humide au tirage sur papier albuminé en passant par la photographie stéréoscopique, cette exposition fait un vrai point nécessaire sur des techniques d’une complexité et d’une variété qu’il est toujours bon de clarifier. En outre, c’est aussi l’occasion de voir des tirages inconnus comme un autoportrait de Brassai dans sa chambre noire ou bien encore celui de Ilse bing au Leica. Dans l’atelier du photographe nous dévoile donc la cuisine de l’art photographique ainsi que d’intéressantes mises en abime, des clichés de photographes au travail. Bel exemple avec l’image d’un anonyme ayant photographié Willy Maywald réalisant un portrait de Nico dans son studio.

C’est assez rare de ma part, mais cette fois cela en vaut vraiment le détour : achetez le très bon et concis catalogue de l’exposition élaboré par Anne Cartier-Bresson dans lequel vous retrouverez toutes les définitions techniques qui dessinent en creux une histoire de la photographie souvent méconnue et pourtant essentielle.

Dans l’atelier du photographe. La photographie mise en scène.

Musée Bourdelle, Jusqu’au 10 février 2013

Photographie-BNF

Man Ray (1890-1976).Grand nu renversé en arrière. 1923 Tirage argentique. 54 x 47 cms. Acquisition auprès de l’auteur en 1958 © MAN RAY TRUST / ADAGP, Paris 2012. BnF, Estampes et photographie

Autre thème que celui choisi par la BNF qui nous propose de revisiter quasiment la totalité de l’histoire de la photographie au travers de 100 chefs-d’œuvre.

Le défi réside, bien sûr, dans la sélection de ces 100 clichés. Dès le début de l’exposition des écrits gris argentés nous informe de l’impossibilité d’être objectif et encore moins impartial. Comble du conservateur ! D’ailleurs il me semble que l’image choisi pour l’affiche trahit ce parti pris bien agréable. Il s’agit du Grand nu renversé de Man Ray de 1923, symbole de l’abandon et du plaisir.

De prime abord, nous pourrions croire à une exposition académique et pourtant le choix muséographique ne l’est pas non plus. Le parcours proposé n’est ni chronologique ni thématique mais poétique ! Cela signifie que les rapprochements sont formels ou intellectuels au gré du sensible et de l’évocation. Pour le visiteur, l’avancée devient plus légère car libérée des lourdeurs dictatoriales du temps et des courants.

Au-delà ou en-deçà, à votre convenance, de l’approche charnelle de la photographie, la réflexion la plus pertinente de cette exposition est celle portant sur la signification même d’un chef-d’œuvre. Un chef d’œuvre est la création d’un artiste, incontestablement mais encore. C’est aussi, me semble-t-il, le fruit d’un contexte. Ainsi, un regard d’une grande justesse à un moment donné ne serait probablement pas si efficient à un autre moment.

Les commissaires d’exposition, Sylvie Aubenas et Marc Pagneux, ont travaillé pendant deux ans pour affiner leurs choix. Une de leur remarque est à noter : « « On voulait fixer un état du goût, en 2012 ». Cette idée révèle avant tout une grande humilité et aussi le fait que nous sommes toujours d’une époque bien précise et qu’il est évident que 20 ans plus tôt ou 20 ans plus tard les clichés retenus n’auraient pas été les mêmes.

Pour achever de vous convaincre de vous rendre à la BNF, j’ajouterai que la monstration d’une partie de la richesse des collections photographiques de cette noble institution est déjà en soi un événement majeur pour les amateurs et les curieux en tout genre.

Sans grande originalité de ma part, je finirai sur la dernière image de l’exposition. Un homme couché dans un champ tenant un petit chien noir. C’est simple et touchant, c’est Emile Zola photographié par sa femme en 1895.

La photographie en 100 chefs-d’œuvre

Jusqu’ au 17 février 2013 site François-Mitterrand / Galerie François Ier

Christelle.


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