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En souvenir d’André – Martin Winckler

Publié le 08 janvier 2013 par Noann

« En souvenir d’André ». C’est par ces mots que les interlocuteurs d’un médecin, qui est aussi le narrateur, annoncent leur quête ultime : Ils sont en phase terminale d’une grave maladie, et souhaitent abréger leurs souffrances. Le médecin qui livre ici son témoignage est en effet connu pour se rendre aux chevets de certains grands malades. Il a une empathie particulière, qui se ressent très bien tout au long du récit, une façon à lui d’envelopper la douleur du patient, de le considérer, une manière d’accompagner le malade, de l’écouter sans le juger, de lui parler sans rien lui dire. Au fil des années, le médecin s’est pris au « jeu », après son service, il passe chez des personnes dans le besoin d’en finir, et leur délivre la méthode qui les rendra enfin… Heureux…En souvenir d'André

L’histoire s’annonce grandiose dès les premières lignes, le lecteur ne manquera pas d’être intéressé, sinon capturé, par la quêté de cet homme, sa façon d’appréhender la vie et son inéluctable contrepoint : la fin. En ce qui me concerne, je dois avouer que j’ai été emporté par certains passages, et que cette lecture fut agréable. Cependant, j’émettrai quelques bémols. D’abord tout n’est pas intéressant, si certains chapitres sont captivants, d’autres tiennent de la rédaction, de la composition malhabile. On a du mal à y croire. Il n’est pourtant pas difficile pour un auteur de se documenter et de se servir de quelques cas tragiques pour consolider un roman. Mais ici , l’auteur semble suivre son fil cousu de lieux communs et de clichés, et de s’égarer dans des considérations biscornues sur le corps médical… Au point même de s’en excuser… Cocasse ! Autre bémol, l’histoire est donnée comme vraie, dans la tradition des éditions POL. Or, avec un rien d’esprit critique, le réalisme ne tient pas vraiment la route. Les propos sont souvent vagues, on parle de produits, de méthodes, du quotidien des médecins, sans rien étayer, sans ces inévitables termes techniques, ce qui aurait pourtant donné du crédit. Certains passages sont peu crédibles, notamment celui du cardiologue qui est foudroyé subitement par un infarctus fatal, sans avoir senti le moindre symptôme. Et parce que c’est un médecin, on lui trouve en une journée un greffon, court-circuitant toute la chaine de don d’organes…

Un roman intéressant, à condition de ne pas le considérer avec un œil trop rationnel… Et de ne pas être trop critique. Quant au style d’écriture… Sans commentaire.

En souvenir d’André – Martin Winckler. Éditions P.O.L.

Date de parution : 04/10/2012  

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