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La cinquième île, Laura Henno à la galerie des filles du calvaire (Paris 11)

Par Carnetauxpetiteschoses @O_petiteschoses

galerie-les-filles-du-calvaireOn rentre dans la galerie introduite par une petite cour, et l’on découvre le travail de Laura Henno. Ici l’accrochage autorise l’espace, les blancs, et donne plus d’importance aux photos mise en valeur par les vides ménagés autour d’elles.

On pénètre dans une ambiance diaphane, où la lumière affleure sur les frêles et fragiles modèles. Adolescents, ou moins jeunes, ces portraits sont baignés d’une légère brume, d’une lumière matinale, qui fait penser aux pays nordiques.

Il deserto rosso, 2009, Série Land’s End Laura Henno
Dans cette nature omniprésente, les personnages semblent nous livrer sans détour leurs sentiments, leurs émotions qu’ils traduisent dans une attitude forte captée sur le vif par la photographe.

Ces tirages grands formats issus du cycle Summer Crossing, nous placent face au sujet, dans ce paysage souvent désertique, où l’on voit s’opérer cette projection du sujet dans l’espace, l’éclaboussant de son histoire par sa pose. On  imagine les histoires des jeunes dans ce centre médico-psychologique de Dunkerque. On devine le sentiment de ce jeune de dos à Rome. On voit à quel point la photographe habille ses modèles de lumière et d’ombre, et comment elle joue sur la mise au point ménageant les flous et les nets pour souligner la relation étroite de ses sujets au lieu.

Leon, 2009 (Rome) Laura Henno
Comme elle le dit « Ma recherche photographique porte sur la relation entre l’individu et le lieu. Celle-ci s’articule autour d’une tension sur laquelle repose la construction de mes photographies. La lumière naturelle enveloppe les modèles joue du clair obscur et du contre jour, effleure le vêtement, convoquant tour à tour le champ pictural ou cinématographique. Les lieux que je choisis, les décors que je constitue sont sobres, intemporels et minimalistes, me permettant de focaliser l’attention sur le sujet. »

Sans titre, 2011 (La Réunion) Laura Henno
A l’étage, dans une végétation épaisse, on suit un groupe de jeunes immigrés des Comores ou de Mayotte. La photographe leur a demandé de jouer des scènes retraçant leur voyage clandestin jusqu’à la Réunion. Leurs attitudes reflètent la tension, la peur, la vie cachée, l’observation, leur solidarité, leurs espoirs aussi parfois. Ici le corps exprime la liberté et la crainte, la joie et le désespoir, la difficulté et l’affection. Les photos monumentales aux allures de tableaux séduisent autant par le sujet, délicat, que par leur esthétique indiscutable. Entre immigration actuelle et souvenir de la traite des esclaves, qui s’enfuyaient de chez leurs maîtres, ces scènes réunionnaises sont puissantes et poignantes.

Sans titre, 2011 (La Réunion) Laura Henno fleuve

Difficile de ne pas ressentir les émotions intenses à la vue de ces images. A aller voir avant mercredi prochain (le 16/01/2013) !

A voir :
La cinquième île
De Laura Henno
Jusqu’au 16 janvier 2013
A la Galerie les Filles du Calvaire
17 rue des Filles-du-Calvaire
75003 Paris

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