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Publié le 08 janvier 2013 par Euphonies @euphoniesleblog

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Théodore Paul et Gabriel - Please Her Please Him

Chaque fois que je m’apprête à écrire un article, dans mon antre breton éloigné de tout, je frémis (le premier disquaire est à cent bornes, indice de civilisation). Le fameux writer's block. l'angoisse de la page blanche. Même si l’artiste est déjà élu, reste à définir l’angle et c’est ce qui est le plus excitant dans l’exercice en fait. Mais justement quel angle ?  Comment à la fois rendre service aux auteurs et tirer son épingle du jeu ? Pour Théodore, Paul et Gabriel, remarquable trio (quatuor) rencontré malheureusement trop tard aux Bars en Trans de Rennes en début décembre, je n’ai pas su choisir. Ou plutôt, je propose plusieurs pistes :

L’approche académique :

Les Théodore Paul et Gabriel ont sorti en cette année 2012 un bien bel album de folk-pop intitulé Please her, please him. Vous serez assurément conquis par ces mélodies qui sentent bon l’errance américaine, les grands espaces magnifiés par la belle voix éraillée de Clémence, en particulier sur le titre Taxi Driver. Achetez-le les yeux fermés, vous ne regretterez pas ce ticket pour la poussière des terres sans fin.

L’approche consumériste : 

Si toi aussi tu veux gagner l’album des Théodore Paul et Gabriel, réponds à cette simple question : quel titre incroyable de Janis Joplin reprennent-elles merveilleusement en concert, qui évoque une industrie allemande automobile, avec un logo peace and love, et qui finit par Benz, en deux mots ? Appelle le 08 69 96 96 69 pour savoir si tu fais partie des concurrents qui concourrent.

L’approche poético-journalistique :

Oubliez tous vos a priori : Les Théodore Paul et Gabriel écrivent avec Please her, Please him une nouvelle page de l’histoire de la musique Folk. En s’appropriant une musique des origines, caressée par le kaléidoscope crépusculaire des premiers feulements yankees, l’opus Please her, please him grave sur un palimpseste faulknérien l’avenir de la musique américaine en France. Il faudra maintenant composer avec cette poésie de la poudre, du feu et du sang qui ravive les plus beaux instants des Mamas and Papas ou Crosby Still and  Nash, rien que ça. Et nos trois Calamity Jane sauront à chaque écoute mettre les pendules à l’heure.

L’approche sans approche :

  Trop bien. Ca joue quoi, les meufs elles envoient. Bon ça fait penser à des trucs hein, tu vois, j'avoue, des chansons anciennes, mais c’est ça qu’est bien, t'as vu. En plus les meufs elles sont genre trop belles, t'as vu. Enfin ça c’est en plus mais quand même, j'avoue, c'est trop stylé. Elles s’habillent genre pas comme les meufs tout ça qui font de la musique hein,  zaw, je kiffe. Elles ont genre des noms de mecs tu vois, mais c'est pas des mythos hein, c'est pour faire genre ça s'fait pas mais en fait c'est v'là bien. T'as vu ?  

L’appr… oh et puis merde. Y a des albums, dès que tu les fous dans un cadre, dès que tu cherches un angle, des comparaisons, tu les rates. Est-ce que simplement dire que Please him, please her est un grand album, racé, puissant, attachant suffira ? Et que toute personne normalement constituée d’une paire d’oreilles, d’un cœur et d’un chaîne hi-fi se doit de succomber ? Je l’espère. Je vais même tenter une approche : à quand le deuxième ? 


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