Magazine Amérique latine

Requiem pour des wagons belges [Actu]

Publié le 08 janvier 2013 par Jyj9icx6

Dans un pays neuf comme l'Argentine, où le peuple dispose de fort peu de traces matérielles pour le relier aujourd'hui à la continuité de son histoire, la disparition imminente des voitures historiques de la ligne A, la première ligne de métro (subte) de Buenos Aires, recèle des implications symboliques très lourdes qu'elle n'aurait guère dans un vieux pays comme la France ou la Grande-Bretagne. L'émotion qu'elle provoque ne relève nullement d'une nostalgie passéiste ou conservatrice : c'est au contraire une réaction ulcérée contre une mesure autoritaire, prise et annoncée dans la violence verbale, la vulgarité et le mépris et sans l'ombre d'une concertation avec les usagers, donc d'une façon antidémocratique, par un Mauricio Macri qui s'est une nouvelle fois piqué de son dédain pour les enjeux culturels et patrimoniaux nationaux et populaires. Enième rupture symbolique dans l'histoire, déjà chaotique, d'un peuple qui aspire vivement à la sérénité et au rassemblement de tous autour de quelques valeurs sûres de l'identité nationale, maintenant que le pays a renoué avec la démocratie (cela fera trente ans en décembre prochain) et retrouvé le chemin de la croissance économique (depuis cinq ou six ans).
José de San Martín, dont on fêtera dans quelques semaines le bicentenaire de la première victoire en Amérique, à San Lorenzo, Manuel Belgrano, dont c'était l'année en 2012 (pour le bicentenaire du drapeau national qu'il a dessiné), le Cabildo de Buenos Aires où fut votée l'abolition de la vice-royauté le 25 mai 1810, ce qu'on appela ensuite la Révolution de Mai, la maison de Tucumán, où fut déclarée l'indépendance le 9 juillet 1916, l'actuel Régiment des Grenadiers à Cheval font partie de ces quelques éléments rassembleurs, les uns immatériels, les autres matériels. Les wagons de 1913 aussi.
Tandis que María José Lubertino, députée du Frente para la Victoria (kirchneriste) à la Legislatura de Buenos Aires, vient de s'opposer par référé (amparo) à la fermeture complète de la ligne pendant les travaux de remplacement des voitures et pour s'assurer que le patrimoine qu'elles représentent pour la ville et le pays sera bien préservé, le directeur de la Bibliothèque Nationale, le sociologue Horacio González, a publié sur Página/12, hier, une lettre ouverte, très sobre, très digne, en forme d'hommage que j'ai trouvé particulièrement juste et même poignant, à ce matériel roulant, le plus vieux encore opérationnel au monde jusqu'à vendredi soir.
En voici une version bilingue espagnol-français.
Espectros del Subte A Por Horacio González No es fácil viajar en Buenos Aires. Pero no conozco viaje más grato en el trasporte colectivo de la ciudad que el del Subte A. En ciertas horas de la tarde, pareciera que hasta está por subir el propio presidente Yrigoyen. Perón lo tomó varias veces, pero para esa época ya existían la línea B, la C y la D. En el examen conspirativo al que Cortázar somete a la línea A –en su momento a cargo de la Anglo-Argentina– podemos leer: “Es cierto que entre Loria y Plaza Once se atisba vagamente un Hades lleno de fraguas, desvíos, depósitos de materiales y raras casillas con vidrios ennegrecidos”. No cambiaron mucho las cosas desde entonces, pues Cortázar quiso dar una imagen tragicómica de la vida en la ciudad a partir de los viajes metafísicos en la línea A. Horacio González, Página/12
Fantômes de la ligne A par Horacio González Il n'est pas facile de se déplacer dans Buenos Aires. Mais je ne connais pas de voyage plus agréable dans les transports en commun de la ville que celui de la ligne A du métro. A certaines heures de l'après-midi, on dirait même que le président Yrigoyen(1) en personne va monter. Perón l'a pris plusieurs fois, mais à cette époque, les lignes B, C et D existaient déjà. Dans l'examen complotiste auquel Cortázar soumet la ligne A – quand il chargeait contre la Anglo-Argentina (2) nous pouvons lire : "Il est sûr qu'entre Loria et Plaza Once (3) on aperçoit vaguement un Hades plein de traverses, d'aiguillages, de dépôts de matériels et d'étranges guérites aux vitres obscurcies." Les choses n'ont pas beaucoup changé depuis lors puisque que Cortázar a voulu donner une image tragi-comique de la vie dans la ville à partir des voyages métaphysiques sur la ligne A. (Traduction Denise Anne Clavilier)
Lo que sugería ese cuento cortazariano era una crítica a la modernidad, a los aglomeramientos en las metrópolis. Hoy no podemos imaginar en el proyecto de cambiar esos antiguos vagones de La Brugeoise, fabricados en la ciudad de Brujas, Bélgica, ninguna reflexión satisfactoria sobre la historia urbana que ha enhebrado este subterráneo. Estos coches tuvieron muchas reparaciones a lo largo de una centuria, pero ninguna de esas transformaciones dejaron de respetar el armazón original. Son la historia misma del transporte subterráneo durante el siglo XX, un tesoro de la memoria urbana, corporal, temporal e incluso olfativa de la ciudad. Cuando frenan en las estaciones, hace casi un siglo que esos coches dejan el mismo ligero aroma a lapacho friccionado, material del que están hechas las zapatas de freno. Hay más continuidad urbana en ese perfume a madera rechinada que en casi ningún otro juego con la historia de Buenos Aires que se nos ocurra hacer. Horacio González
Ce que suggérait ce conte cortazarien, c'était une critique de la modernité et des juxtapositions dans les grandes villes. Aujourd'hui nous ne pouvons voir, dans le projet de changement de ces vieux wagons de La Brugeoise, fabriqués dans la ville de Bruges (4), en Belgique, aucune réflexion satisfaisante sur l'histoire urbaine qu'a enfilée ce métropolitain (5). Ces voitures ont subi beaucoup de réparations au long d'un siècle, mais aucune de ces transformations n'ont manqué de respecter l'armature originale. Elles sont l'histoire même du transport souterrain pendant le xxe siècle, un trésor de la mémoire urbaine, corporelle, temporelle et même olfactive de la ville (6). Quand elles freinent dans les stations, il y a presque un siècle que ces voitures lâchent le même léger arôme de bignonia qu'on frotte (7), matériau dont sont faites les semelles de frein (8). Il y a presque plus de continuité urbaine dans ce parfum de bois grinçant que dans aucun autre jeu avec l'histoire de Buenos Aires auquel il nous soit donné de jouer. (Traduction Denise Anne Clavilier)
Cuando escucho el traqueteo del tren que se acerca ensayo una plegaria subterránea. ¿Cómo llamarla? ¿Rezo por el antiguo vagón? ¿Súplica para que aparezcan los vagones belgas, la esperanza de que surjan de la boca oscura del túnel esas desgonzadas berlinas que se bambolean de lo lindo, y no los sustitutos anodinos que fueron apareciendo con el tiempo? A veces se presentan unos intrusos vagones –igual los respetamos– que provienen de la fábrica Materfer, de la ciudad de Ferreyra, Córdoba. Fue primero la Fiat la que los hizo; ahora, en otras manos, y en otros aires de época, esa fábrica se inclina a producir máquinas cosechadoras y viales. ¡Pero si aparece el tren de La Brugeoise, cartón lleno! ¿Es que está repleto? ¡Sí, pero entramos igual! Horacio González
Quand j'entends le tintamarre du train qui s'approche, je teste une prière souterraine. Comme l'appeler ? Office pour l'ancien wagon ? Supplique pour que les wagons belges fassent leur apparition, l'espérance que surgissent de la bouche obscure du tunnel ces berlines vétustes qui tanguent joliment et non les substituts anonymes qui ont fait leur apparition avec le temps ? Parfois ce sont des wagons intrus qui se présentent - mais on les respecte autant - qui proviennent de la manufacture Materfer, de la ville de Ferreyra, à Córdoba (9). Ce fut Fiat d'abord qui les fit. Maintenant, passée dans d'autres mains et dans l'air d'un autre temps, cette manufacture a tendance à produire des moissonneuses-batteuses et des engins de travaux publics. Mais si jamais c'est le train de la Brugeoise qui fait son apparition, carton plein ! Est-ce qu'il est bondé ? Tant pis, on monte quand même ! (Traduction Denise Anne Clavilier)
Los habitués del Subte A –nombre que ha resistido a la desabrida adopción universal de la palabra Metro– toleramos la abolición de la esterilla en los asientos y las respetuosas reformas que en una centuria se hicieron en los talleres Polvorín (barrio de Caballito); eso prueba que no somos fanáticos, agradecíamos si apenas lográbamos introducirnos en un viaje entre maderas que chirrían, tan solo mascullantes, haciéndonos recordar a los viajeros de antaño, a esas miles y miles de sombras con sombrero Panamá y el desvanecido fieltro, como contemporáneos de una civilización extinguida. El sombrero comenzó a desaparecer por efecto del transporte urbano (aunque ahora las mochilas estudiantiles hacen que a ciertas horas todos los pasajeros tengan doble espalda). Viajar no es fácil. Pero el Subte A, para quien sepa entenderlo, ofrece el consuelo de sus farolas interiores de vidrio ondulante, una orfebrería de estaño de diseño artístico, un vago art-nouveau a la belga. Horacio González
Les piliers [clients] de la ligne A – [subte] nom qui a résisté à l'adoption débridée et universelle du terme Metro – nous supportons l'abolition du liseré sur les sièges et les réformes respectueuses qui, pendant un siècle, ont été faites dans les ateliers Polvorín du quartier de Caballito (10). Ceci prouve que nous ne sommes pas des fanatiques, nous avions de la gratitude quand nous arrivions à grand peine à nous faire une petite place pour un voyage au milieu du bois qui geignait, comme entre ses dents, nous faisant nous souvenir des voyageurs de jadis, de ces milliers et milliers d'ombres coiffées de chapeaux Panama et de feutres évanouis, comme de contemporains d'une civilisation éteinte. Le chapeau commença à disparaître par l'effet du transport urbain (encore qu'aujourd'hui, les sacs à dos des étudiants font qu'à certaines heures tous les passagers ont le dos multiplié par deux). Se déplacer n'est pas facile. Mais la ligne A, pour qui sait le comprendre, offre la consolation de ses lanternes intérieures en verre ondulé, une orfèvrerie d'étain de forme artistique, vagabond art-nouveau à la belge. (11) (Traduction Denise Anne Clavilier)
Siempre el subte A fue semipenumbroso. Pero al estar apenas unos metros bajo tierra, he allí una compensación. Si uno se asoma por las ventanillas para ver oblicuamente las aperturas de salida, puede percibir la gente que pasa por la calle desde el propio vagón. Es como en un propiedad horizontal, proyectada en un amplio territorio para que no perdamos de vista que la vida es eso mismo, la simultaneidad visible entre los que marchan por arriba y los que marchan por debajo; todos viandantes, todos complementándose, pues los unos serán los otros. Horacio González
La ligne A a toujours été plongée dans une demi-pénombre. Mais comme elle est juste quelques mètres sous terre, cela me fait une compensation. Si on se met à la fenêtre pour voir à l'oblique les ouvertures des sorties, on peut entrapercevoir les gens depuis le wagon qui marchent dans la rue (12). C'est comme dans une propriété horizontale, projetée sur un large territoire pour que nous ne perdions pas de vue que la vie c'est cela même, la simultanéité visible entre ceux qui marchent au-dessus et ceux qui marchent en-dessous, tous piétons, tous complémentaires, car les uns peuvent aussi être les autres. (Traduction Denise Anne Clavilier)
Hoy viajamos en el Subte A junto al piélago de nuestros pasajeros antepasados. Millones de espectros mudos viajaron allí. ¿Cómo calificar el desprecio con que se habla de esos vagones? Se lee que hay expertos barceloneses, expertos chinos, examinando esas supuestas ruinas ciudadanas. ¿Sabrán que desde la escalinata de la Estación Congreso Roberto Arlt hizo su aguafuerte sobre el Golpe de Uriburu? Dentro de algunos siglos, otros espectros podrán hablar con algún técnico chino sobre estos episodios. Si hasta algunos gerentes de la Anglo-Argentina algo llegaron a comprender. Pero por el momento, la operación de demolición histórica sobre esta línea donde ciertas estaciones conservan en el molinete gastados bastones de madera, donde millones empujaron y dejaron las invisibles marcas de sus manos apuradas, es de las más desdichadas acciones en las que puede empeñarse un gobierno municipal. Horacio González
Aujourd'hui, nous nous déplaçons sur la ligne A aux côtés de l'océan de nos ancêtres passagers. Des millions de fantômes muets ont emprunté cette ligne pour se déplacer. Comment qualifier le mépris avec lequel on parle de ces wagons ? (13) On lit qu'il y a des experts barcelonais, des experts chinois, qui se sont penchés sur ces prétendues épaves citadines. Est-ce qu'ils savent que sur l'escalier de la station Congreso, Roberto Arlt a réalisé son Eau-forte sur le Coup d'Etat de Uriburu ? (14) Dans quelques siècles, d'autres fantômes pourront parler avec quelque technicien chinois des épisodes que nous vivons. Or même plusieurs directeurs de la Anglo-Argentina ont réussi à comprendre un peu. Mais pour le moment, l'opération de démolition historique sur cette ligne, où certaines stations conservent sur les tourniquets [d'entrée] leurs vielles barres de bois usées, que des millions de gens ont poussées et sur lesquelles ils ont laissé les empreintes invisibles de leurs mains pressées, appartient aux plus funestes actions dans lesquelles puisse s'embarquer un gouvernement municipal. (Traduction Denise Anne Clavilier)
El futuro viajero perderá su historia a cambio de un mendrugo de felicidad ilusoria, un poco de aire acondicionado para sentirse un ciudadano beatificado, sin sospechar que ya era un pasajero derrotado. Le habían dado los asientos de plástico premoldeados, unos minutos menos de retraso en el viaje, y los domingos, el bálsamo de pasear con algunos de los viejos trenes belgas por Caballito. Pero era ya un pasajero fosilizado. El fáustico modernizador, no se crea, es también un museólogo. El amor a la ciudad existe, pero es más verdadero cuando no se lo proclama con sospechoso fervor. Incluso a “Mi Buenos Aires querido” se le va un poco la mano. Creo que los que así lo deseemos, como síntoma cauto y efectivo de resistencia, debemos prepararnos para hacer nuestros últimos viajes por los saltarines vagones de La Brugeosie (15). Horacio González
Le voyageur futur oubliera son histoire pour un croûton de pain l'illusoire félicité, un peu d'air conditionné pour se sentir un citoyen béat tel un ravi de la crèche, sans soupçonner qu'il était déjà un passager vaincu. On lui avait donné des sièges en plastique moulé, deux ou trois minutes de moins de retard dans son déplacement et les dimanches, le baume d'une promenade à Caballito dans quelques uns des vieux trains belges. Mais il sera alors un passager fossilisé. Le modernisateur faustien, quand bien même on ne le croirait pas, est aussi un conservateur de musée. L'amour de la ville existe, mais il est d'autant plus authentique qu'il n'est pas proclamé avec une ferveur suspecte (16). Même Mi Buenos Aires querido (17) a la main qui le démange un peu. Je crois que nous qui en avons envie, comme d'un signal sagace et effectif de résistance, il nous faut nous préparer à faire nos derniers déplacements dans les wagons sautillants de La Brugeoise. (Traduction Denise Anne Clavilier)
Pour accéder à cet éditorial dans sa publication originale, sans interruption de traduction : lire l'article d'hier dans Página/12.
Pour aller plus loin : lire l'article de ce matin sur le référé déposé par la députée María José Lubertino contre la décision de fermeture de la ligne A du 12 janvier au 8 mars prochain.
Ajout du 10 janvier 2013 : lire la dépêche de l'agence nationale Télam sur la proposition des associations de défense du patrimoine, qui suggèrent que les wagons La Brugeoise soient maintenus en service hors des heures de pointe (ce qui doit présenter une difficulté technique puisque ces wagons ne supporteraient pas le plus haut voltage qu'exigent leurs remplaçants de fabrication chinoise).
(1) Hipólito Yrigoyen (1852-1933), premier président de la Nation élu au suffrage universel (masculin et uniquement des citoyens argentins de naissance) en 1916, co-fondateur de la UCR (Unión Cívica Radical) en 1891, premier parti constitué en tant que tel en Argentine. Ses mœurs austères et ses manières simples l'ont rendu très populaire. Il est l'un des premiers à avoir voulu assurer l'indépendance du pays, économique et stratégique, à l'égard des grandes puissances qu'étaient alors la Grande-Bretagne et la France. Il fut parmi les premiers usagers de ce métro, qui était le premier métro en Amérique du Sud, d'où la légitime fierté des Argentins à son égard. (2) Importante société industrielle qui a néo-colonisé la République Argentine au profit des intérêts de capitaux britanniques, avec la complicité d'une partie importante de l'oligarchie nationale. Julio Cortázar, écrivain et romancier pro-castriste, ne pouvait qu'avoir ce type de société dans le collimateur. (3) Deux stations de la ligne, qui délimitaientt le tout premier parcours desservi par le métro. Depuis, la ligne s'est prolongée tant à l'est, jusqu'à Leandro Alem (presque sur le port), que vers l'ouest, où les prolongations sont encore en cours de réalisation (aujourd'hui le terminus est à Carabobo). (4) Il faut expliquer aux Argentins le sens de l'expression La Brugeoise car le nom de la ville en espagnol ne permet pas de faire le lien avec cette ville mythique pour un Latino-Américain qu'est Bruges (nom en français), Brugge (en flamand). Noter qu'à cette époque-là, à Bruges on parlait encore le français quand on était un capitaine d'industrie... Brujas está en la parte neerlando-hablante de Bélgica. (5) La métaphore utilisée ici est celle du fil que l'on fait passer dans le chas d'une aiguille. (6) Je souscris à 100%, moi qui n'ai aucun souvenir d'enfance lié à ce métro des antipodes. Mais en effet, ces voitures présentaient toutes les singularités évoquées dans cette liste. (7) Le lapacho est un bois d'Amérique du Sud. (8) Comme vous le voyez, la nationalisation symbolique et l'acculturation de ces wagons, dont on souligne volontiers l'origine étrangère à Buenos Aires, a été complète, jusque dans ces matériaux si typiquement argentins et si peu belges, utilisés pour l'entretien successif du système roulant... (9) Il s'agit d'un certain nombre de wagons supplémentaires qui ont été produits en Argentine après la déclaration de la première guerre mondiale, parce que, la Belgique très vite passée sous occupation allemande à part un confetti du littoral d'où le roi Albert 1er continuait d'animer la lutte à la tête de l'armée régulière enfoncée partout ailleurs, l'entreprise de Bruges ne pouvait plus honorer le reste de la commande. L'Argentine est toujours restée très respectueuse de la résistance acharnée dont la petite Belgique a offert l'exemple au monde entier pendant la première guerre mondiale face au gros Empire allemand (et avec une reine d'origine bavaroise !). A cette Belgique combattante, les Argentins ont même dédié un tango (Bélgica), pour lui rendre hommage, en même temps qu'ils saluaient les combattants français de la bataille de la Marne avec le tango El Marne. Pendant la première guerre mondiale, il n'y eut pas beaucoup de courants pro-germaniques en Argentine. Il faut dire aussi que l'Italie entra en guerre du côté des Alliés dès 1915, ce qui explique que le cœur des Argentins battent plus facilement pour les puissances alliées. (10) Où les anciens wagons sont censés être entreposés après leur retrait du service par convoi routier, semble-t-il. Donc en surface. Ce qui promet un beau bazar supplémentaire. (11) Victor Horta (1861-1947) était né en Flandres, à Gand, donc pas très loin de Bruges. (12) C'est remarquablement bien observé. Je n'ai jamais vérifié la chose depuis une fenêtre (j'aurais eu trop peur de la casser en m'appuyant un peu trop dessus), mais sur le marchepied du wagon, c'est tout aussi vrai... (13) Ce "on" désigne bien entendu le Gouvernement de la Ville Autonome de Buenos Aires. Voir mes articles antérieurs en cliquant sur le mot-clé subte, dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, ci-dessus. (14) Roberto Arlt (1900-1942), un des grands intellectuels de gauche des années 1930, romancier, dramaturge et journaliste, autodidacte avec un passé d'enfant maltraité, qui en a fait un artiste de la colère et de la rebellion, au caractère impossible et à l'immense talent d'écorché vif. Les eaux-fortes dont il est question ici sont des textes de critique sociale et politique qui parurent dans le quotidien El Mundo. Il fut emporté très jeune par une crise cardiaque. José Uriburu fut l'auteur du premier coup d'Etat militaire de l'histoire argentine, en septembre 1930, ouvrant ce qu'on appelle la Década Infame (la décennie odieuse), qui fut à la fois anglophile et proche de l'Italie musolinienne. Voir mon Vade mecum historique, dans la rubrique Petites Chronologies, dans la partie médiane de la Colonne de droite. (15) La Brugeosie : coquille originale de Página/12. C'est difficile pour les Argentins de respecter l'orthographe française (et je ne vous parle pas de la prononciation de ce nom...) (16) Allusion à différents slogans politiques mis en place par Macri, du type En todo estás vos (c'est toi qui es au centre de tout) que vous lisez en dessous des invitations du Museo Casa Carlos Gardel par exemple, ou Mi Buenos Aires Querible (Mon Buenos Aires aimable) qui est un des slogans du ministère du Tourisme confondu avec le ministère de la Culture, dont le portefeuille commun est confié à Hernán Lombardi, qui a été bien silencieux dans toute cette affaire. (17) Mon Buenos Aires bien-aimé, titre d'un célèbre tango paraphrasé par le slogan de Macri, Mi Buenos Aires Querible (voir ci-dessus).

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