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[Critique DVD] Crossfire Hurricane

Par Gicquel
[Critique DVD] Crossfire Hurricane

Ce film mêle de vastes séquences historiques composées d’images totalement inédites, avec de nouvelles interviews de Mick Jagger, Keith Richards, Charlie Watts, Ronnie Wood ainsi que des anciens membres Bill Wyman et Mick Taylor. Interviews d’époque, morceaux en live et nombreuses archives exhumées


[Critique DVD] Crossfire Hurricane
"Crossfire Hurricane" de Brett Morgen

Avec : The Rolling Stones

Sortie le 07 janvier 2013

Distribué par Eagle Vision

Durée : 90 minutes

Nombre de : 1

Film classé :

Le film :

★
★
★
★
½

Les bonus :

★
★
★
☆
☆

Brett Morgen, le réalisateur, avait de quoi se mettre sous la dent, et dieu sait qu’il en croque avec gourmandise. Pas de tabou, ni de préjugés pour raconter 50 ans de carrière des Stones, ces boutonneux obsédés par  le blues au début des années 60 et qui forgeront la nouvelle image du rock’n roll.
C’est ce parcours sans précédent que le réalisateur nous donne à voir et à entendre dans un déluge de scènes plus abracadabrantes, les unes que les autres, et qui aujourd’hui sidèrent encore. Comme ces fans prenant d’assaut les scènes de concerts que « pendant trois ans nous ne finirons jamais » raconte Jagger.
A les entendre, la furie des filles et la violence des garçons ne sont pas du goût de toute l’équipe. Les voir fuir en courant à travers les voies ferrées d’une gare hystérique leur donne un tantinet raison. Je n’avais jamais vu ces images, des séquences totalement inédites, qui donnent la force et le caractère à ce film. On dépasse alors la valeur d’un documentaire pour celle d’une totale intimité avec le groupe qui nous ouvre toutes les portes,  même celles des  paradis artificiels.

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Jagger, encore lui, sniffant sur la lame d’un couteau plutôt classe, avant d’affronter les 20.000 spectateurs d’un Madison Square Garden en folie, c’est une immersion totale dans leur univers qui place le spectateur au cœur des virées les plus légendaires du groupe.On a le sentiment intime de faire partie des Stones, La sécurité façon Hells Angels (« ils étaient sous acide et sangria » reconnaît leur manager) qui fera un mort lors du concert de Altamon
« C’était comme demander à un parti nazi d’assurer la sécu à une entrée d’auditorium, […] ils étaient là juste pour chercher les ennuis. » Il faut voir alors la tête de Jagger, « on aurait dû fermer boutique et rentrer à la maison, mais il y avait 300.000 personnes »…
«Crossfire Hurricane », ce sont tous ces aveux, des moments de vérité, sans fard, des réflexions qui au fil des années s’affinent, loin des premières interviews « j’enfoutistes », où les jeunots bottaient le plus souvent en touche.

[Critique DVD] Crossfire Hurricane

La façon dont un psy parle de Jagger à ses côtés, et la réponse du chanteur est un joli moment de cette rétrospective cinquantenaire « Les garçons viennent pour faire la moitié du spectacle avec nous, le reste c’est l’affrontement avec la police. Ils ne veulent plus de la routine de leurs parents. ».
Chaque titre est le plus souvent mis en parallèle d’une actualité très violente : guerres, manifestations, descente aux enfers, quand la drogue et l’alcool ne font pas bon ménage. La mort de Brian Jones, le fameux concert de Hyde Park, la prison pour les Stones après une fête trop speedée chez Keith Richard à Redlands, l’exil français pour échapper au fisc britannique…. marqué par l’album de 1972 « Exile On Main Street »
Toujours à côté du show-biz, c’est quoi un Rolling Stone, s’interroge une voie d’outre-tombe ? « Quelqu’un qui ne s’est pas fixé » répondent les intéressés, fortement ancrés sur le tandem Jagger-Richard, dont l’essence restera aux oreilles du guitariste « Midnight rambler ». « N’importe qui d’autre aurait pu écrire nos chansons sauf celle-là ». La messe est dite.

 LES BONUS

  • Live In Germany ’65 (10 mn)

Là, je ne vois pas trop l’intérêt de ces deux titres (Satisfaction (3 mn),I’m All Right (4 mn) , plutôt mollassons, devant une foule complètement endormie.

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  • Interview du réalisateur Brett Morgen (10 mn)

« Ce film ne s’intéresse pas forcément à la musicologie ou à l’histoire académique » avance le réalisateur, « il est construit narrativement sur une histoire des Stones ».Tout un discours sur l’origine du titre (in « Jumpin’ Jack Flash »), la raison d’absence de caméras lors des interviews récentes (ce qui permet de faire les voix off, et rend l’ensemble informel), les séquences inédites, il passe tout en revue et c’est instructif.

  • The Sound and Music of Crossfire Hurricane (5 mn)

Associer tout pour faire un ensemble, dégrader avec précautions des sons pour en mettre d’autre en valeur (comme ceux de la foule), qu’ils s’accordent ,l’air authentique, voilà en gros le défi de cette aventure audio et vidéo.
L’un des ingénieurs du son reconnaît qu’il s’agit bien d’une « véritable mise en scène, on devait mettre des bruits comme un avion, un canon, ou un chant de coq, sur une séquence concert, ce que l’on aurait jamais osé faire sans la demande du réalisateur, mais ça prenait un sens dans sa vision créative ».

  • Bande-annonce cinéma de Crossfire Hurricane (1 mn)

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