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Décalage réussi pour "Candide" au Studio Théâtre...

Publié le 22 janvier 2013 par Fousdetheatre.com @FousdeTheatre

Habile, surprenante et amusante transposition scénique du conte philosophique de Voltaire par Emmanuel Daumas pour la petite salle du Français. Une heure durant, évoluant dans ce que l'on suppose être un luxueux bar d'hôtel, cinq clients font salon et trompent l'ennui en "jouant à jouer" les éprouvantes aventures du jeune Candide. Un décalage qui sert intelligemment le propos.

Rappelons-le.

Relatant le parcours initiatique de ce héros à l'optimisme sans faille à qui l'on a inculqué la pensée "leibnizienne" selon laquelle Dieu a créé le meilleur des mondes possibles et qu'il faut faire avec, Voltaire dresse un état des lieux bien sombre d'une époque où la violence, la guerre,  la misère humaine, les inégalités occupent une place prépondérante, mais affiche une foi et une confiance totales en l'homme, capable selon lui de prendre en mains son destin et changer les choses, concluant son récit par le célèbre "Il faut cultiver notre jardin".

Ainsi donc, sirotant du champagne et dégustant des pâtisseries accompagnées d'une tasse de thé, installés sur des poufs moelleux, Claude Mathieu, Julie Sicard, Serge Bagdassarian et Laurent Lafitte décident-ils de narrer les horreurs du monde à Laurent Stocker, cinquième convive à qui ils imposeront et feront subir le rôle titre avec un certain sadisme. Jusqu'où les autorisera t-il à aller ? Leur imagination de sales gosses sera sans limite, utilisant objets et aliments qui leur tombent sous la main comme accessoires de théâtre ou instruments de torture.  Et à travers l'ensemble des situations qu'ils illustreront, on devinera sans peine que, même dans leur confortable "jardin", tout ne va pas forcément "pour le mieux dans le meilleur des mondes"...

Candide, Pangloss, Cunégonde, la Vieille, Martin... Ils sont tous là, campés par des comédiens d'exception se délectant d'une partition et d'une mise en scène permettant de réjouissantes extravagances mais aussi de beaux accès de sincérité, tout en faisant formidablement résonner l'oeuvre de Voltaire.

Allez-y.

Jusqu'au 3 mars.

Photos : Cosimo Mirco Magliocca


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