Madame Paul Meurice est assise devant le vieux piano de la maison de santé. Elle a apporté la partition de Tannhaüser et en a joué le prélude. Un ruisseau vacillant s’est effiloché, puis s’est déchiré et, de cette fêlure a coulé un éboulis de sonorités fiévreuses. La cascade s’est transformée en torrent fougueux, qui s’est mis à rouler dans nos crânes en vagues vives. Il a élevé nos cerveaux jusqu’à des arcs-en-ciel fulgurants, ravissant dans ses bouillonnements nos esprits et nos sens soudain captifs de cette danse féroce. Pendant quelques minutes qui ont paru éternelles les cloisons du salon ont été…
Magazine
Madame Paul Meurice est assise devant le vieux piano de la maison de santé. Elle a apporté la partition de Tannhaüser et en a joué le prélude. Un ruisseau vacillant s’est effiloché, puis s’est déchiré et, de cette fêlure a coulé un éboulis de sonorités fiévreuses. La cascade s’est transformée en torrent fougueux, qui s’est mis à rouler dans nos crânes en vagues vives. Il a élevé nos cerveaux jusqu’à des arcs-en-ciel fulgurants, ravissant dans ses bouillonnements nos esprits et nos sens soudain captifs de cette danse féroce. Pendant quelques minutes qui ont paru éternelles les cloisons du salon ont été…
