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L’Embellie d’ Audur ava Ólafsdóttir

Par Ngiroux

   L’Embellie d’ Audur ava ÓlafsdóttirUne jeune islandaise, dans la trentaine, mariée, traductrice parlant onze langues qui, selon sa mère, a apprises en respirant l’air du temps, un matin  son mari lui annonce : Ça ne va plus, tu es comme un livre fermé, j’ai mal au cœur. Pour une compagne de travail, maintenant enceinte, il la quitte.  Décidément, un jour de malchance, elle y  perd,  son mari et son amant.

« Je feins de ne pas le voir embarquer des livres que j’avais reçus à quelque distribution des prix, pour avoir été bonne en tout, pour n’avoir été particulièrement bonne en rien de spécial, pour avoir du mal à préférer une chose à une autre, pour ne pas savoir exactement ce que je voulais à cette époque de ma vie, ce qui, dans le fond, n’a peut-être pas beaucoup changé. »

Une amie lui confie son fils de quatre ans, Tumi, une tête singulièrement grosse par rapport au tronc fluet, les omoplates un peu en arrière.  Équipées d’un appareil auditif vieillot pour un si jeune enfant, les oreilles décollées dépassent ses cheveux. Le garçonnet porte également des lunettes attachées derrière les oreilles par des branches à ressorts qui voisinent avec les prothèses auditives. Les yeux remplissent presque les verres correcteurs. Son aspect attire l’attention et suscite souvent la compassion.

La traductrice en vacances, trompant les statistiques, gagne deux loteries : je vois s’ouvrir de nouvelles possibilités, de nouveaux plans de voyage.  Peut-être devrais-je tenter de découvrir l’île en hiver, profiter de la clarté déclinante, faire durer le jour si court, esquisser quelques pas hors de la voiture de temps à autre, dans la nature en friche, aller en même temps jusque dans l’est du pays.  Cela fait dix-sept ans que je n’y suis pas retournée. Les deux âmes solitaires partent à l’aventure.

L’auteure de Rosa Candida, prix des Libraires québécois 2011, nous offre ce singulier road trip  rempli de tendresse, d’autodérision, d’humour, une grande qualité difficile à cerner, cette jeune femme, cet enfant qui au fil des pages deviennent si attachants, cette aura de grande générosité, d’insouciance, de liberté, qui au fil des pages ensorcelle son lecteur.


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