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Vous reprendrez bien un shot d'adrénaline ? RDV avec Lili Castille et son Bar à Frissons

Publié le 24 novembre 2012 par Fromtheskyline
Lili Castille signe son premier ouvrage, un recueil de 7 nouvelles intitulé Bar à Frissons.  Au menu de ces cocktails vertigineux ? Des histoires qui font mouche, des personnages borderline, de l'embrouille littéraire, de l'étrange, de l'humour et du sexe. En clair, on déconseille aux cœurs fragiles et on met hors de portée des enfants ! 
En voici deux eXtraits, à déguster sans modération... 
Vous reprendrez bien un shot d'adrénaline ? RDV avec Lili Castille et son  Bar à Frissons
Extraits de la nouvelle "Vin chaud" : un accrochage en voiture entre deux inconnus qui donne naissance à une histoire de sexe et d’amour survoltée. « Puis tout s’est enchaîné très vite. On a garé nos voitures, pris une chambre au Concorde Lafayette et fait l’amour tout l’après-midi. Nos deux corps se sont pressés, léchés, mélangés, excités, enrobés et montés en chantilly. Je me délectais de sa peau, son souffle, son odeur. Je le prenais dans ma bouche, lapais longuement son membre brûlant et le rythme des pulsations de son artère sur ma langue finissait par se confondre avec les battements de mon cœur. Plus nos corps se frottaient l’un contre l’autre, plus le désir nous consumait. Deux silex surchauffés au bord de l’étincelle. Nos cavalcades culminaient en de fulgurants orgasmes qui nous tordaient bruyamment. Une invasion de lucioles dans un continent obscur. » …ils se perdent de vue puis semblent se retrouver 3 ans plus tard, à l’occasion d’un BBQ dans un pavillon de banlieue :     « C’est toujours très drôle d’observer un homme devant son barbecue. La voiture, la femme et le BBQ sont les trois exultations phalliques que la société consent. Il y a une fierté du barbe-cul, une véritable compétition vicinale de l’art de faire cuire un bœuf, certainement un reliquat de l’homme de Neanderthal. Place donc à la guéguerre du feu. Marc et sa tribu s’agitent en rond autour de la flamme sacrée du pavillon de banlieue. Chacun y va de son expertise de dragon domestiqué, de pyromane sous neuroleptiques et de son gros grain de sel, en prenant garde de bien respecter la hiérarchie des piqueurs de saucisse et de ne pas faire plus d’étincelle que le maître des lieux. »
Vous reprendrez bien un shot d'adrénaline ? RDV avec Lili Castille et son  Bar à Frissons
Lili Castille est née à Gênes, en Italie. Elle est diplômée de Science-Po, rédactrice, consultante dans les Relations Presse, puis bloggeuse et scénariste. De MasterChefà son blog frondeur et sexy (lilicastille.fr), en passant par Twitter, elle est une figure féminine atypique de l'internet français.  Rencontre avec la pétillante, sexy et non dénuée d'humour, Lili Castille
FTS – Ton recueil de nouvelles s’appelle Bar à Frissons. On imagine différentes formes de frissons. Quels sont les frissonnements que le lecteur pourrait ressentir ou que tu aimerais qu'il ressente ? Lili Castille : Frissons, ça fait d’abord référence au thriller. Bar à Frissons n’est pas un recueil de nouvelles policières mais davantage un concentré de mini-suspens et une tension narrative à couper au couteau que le format court de la nouvelle sert particulièrement bien. Frisson de surprise, d’étrangeté, d’horreur et frisson de plaisir, j’espère. Le dernier grand frisson est celui de l’excitation et du plaisir érotique. Le sexe est un ingrédient fort de presque toutes les nouvelles du recueil. Avec certains passages assez développés et franchement crus. Mais le sexe est présent comme un moment de la vie, au même titre que les repas. La plupart des récits comportent aussi des scènes de repas. Je me demande si certains libraires ne feraient pas mieux de déménager Bar à Frissons du rayon érotique à celui de la gastronomie… Bref, tout ça pour dire que j’aurais pu intituler mon recueil « Histoires qui filent la chair de poule » mais ça aurait fait un peu dinde, non ?
FTS –  As tu une préférence pour un des tes personnages ? Lili Castille : J’aime tous les personnages de Bar à Frissons en ce qu’ils ont de très commun et de totalement barré en même temps. Ce qui m’intéresse, c’est de travailler sur le moment de rupture, celui où tout bascule ou pas, où Madame Michu ne va pas acheter sa baguette comme tous les soirs à 18h34 et disparaît sans laisser de trace ou, au contraire, elle y va et rentre chez elle. J’aime aussi étudier la dualité des personnages, leurs fêlures et les hiatus dans la communication entre les individus. Alors, de ce point de vue, j’ai un faible pour la protagoniste de Calypso, la dernière nouvelle qui est aussi la plus longue et qui présente une même scène de deux points de vue successifs, celui d’un homme puis d’une femme.
FTS – On dit que le chiffre 7porte chance, que c'est un chiffre sacré / magique. Est ce un hasard qu’il y ait 7 nouvelles dans Bar à Frissons ou est-ce voulu  ? Lili Castille : Aucune superstition ou bondieuserie là-dedans. Mais je m’inventerais bien un hommage aux sept cordes de la lyre.
FTS – Où trouves tu ton inspiration ? As-tu des rituels d’écriture ? Lili Castille : J’écris très tôt le matin. Parfaitement à jeun. Ce qui m’agace profondément.
FTS – As-tu un nouveau livre en préparation ? Tu nous en parle un peu ? Lili Castille : J’ai pris le taureau par les cornes : j’écris un roman. Je travaille parallèlement sur le scénario d’un long métrage : un thriller intergénérationnel baigné d’étrange. Ce sont deux écritures très différentes et j’adore ça.
FTS – Je crois savoir que tu es une inconditionnelle des talons et plus particulièrement de la célèbre marque à la semelle rouge. La couverture de ton livre avec une rayure rouge est elle un clin d’œil au chausseur Louboutin ? Pourquoi les rayures ? Lili Castille : T’es trop forte ! En plus de la couleur de la semelle de l’objet du désir qui ingurgite la moitié de mes revenus, le rouge symbolise aussi le sang, le sexe, l’interdit, la passion et l’extrême, éléments que l’on retrouve en filigrane tout au long du recueil. Le noir et blanc est lui davantage une référence au clair obscur, l’ombre et la lumière, ce que l’on perçoit et ce qui reste caché. Les rayures ont aussi une dimension hypnotique et puis elles sont un peu la marque de fabrique de mon identité numérique.
Bar à Frissons est en vente dans toutes les librairies et à la FNAC au prix de 13 euros.

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