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ATD x BPM CONTEST: ETIENNE DE CRECY | INTERVIEW

Publié le 11 février 2013 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Cette année ATD est partenaire du tremplin électro BPM Contest, au coté de TSUGI et SFR Jeunes Talents nous sillonnerons la France à la recherche des pépites de demain. Après la victoire qui a révélé le duo Else l’an dernier, le ou la vainqueur de l’édition se retrouvera dans la prog du festival Garorock cet été avec notamment les frères Kalkbrenner, Wax Tailor, Joris Delacroix et Two Door Cinema Club. Parrain de la compétition cette année, Etienne de Crécy est avec Daft Punk l’un des pionniers de l’electro, dans un court entretien, il revient pour nous sur ses débuts et parle en doyen des premières heures de la techno dans l’hexagone.

Pourquoi avoir accepté d’être le parrain du BPM Contest SFR jeunes talents ?

Je trouve que c’est bien de voir ce que font les jeunes, ça m’intéresse et ça m’oblige à écouter des nouveautés pour voir ce que sera la prochaine génération. Et puis d’un autre coté j’observe la concurrence. (rires) Non ça me fait très plaisir que vous ayez pensé à moi, c’est une invitation et j’ai l’habitude d’accepter toutes les invitations.

Tu parles de concurrence, penses tu qu’elle est vraiment présente dans le monde de la musique ?

Non je rigole c’est une façon comique de voir les choses je pense pas qu’il y ai de concurrence car il y a de la place pour tout le monde, quelqu’un qui a du talent ne prend pas la place d’un autre. Moi j’ai basé ma carrière sur tout ces concepts justement de Super Discount etc… donc j’aime bien imaginer qu’il y ai une concurrence mais en réalité il y en a pas !

D’ailleurs on pourrait penser que le BPM Contest est une véritable compétition mais au contraire c’est un moyen de mettre en lumière ces artistes…

Ouais si par exemple dans ce Contest il y a 10 concurrents qui gèrent, ils arriveront tous à quelque chose plus tard, c’est ce truc qu’on a dans la musique qui fait que si tu es talentueux et que tu rencontre les bonnes personnes qui apprécient ta musique, il y a pas de raisons que tu réussisses pas…

Justement, parle nous de tes débuts.  ATD x BPM CONTEST: ETIENNE DE CRECY | INTERVIEW

On voyait dans cette musique une Révolution !

Alors moi quand j’ai commencé en 1992, il y avait pas du tout de tremplin comme le BPM Contest, à cette époque la musique techno c’était un truc totalement underground mais par contre il y avait une mouvance en fait, car il y avait un cercle très réduit de gens qui connaissaient et qui aimaient cette musique. On se retrouvait tout les week-end dans des rave pour écouter ça, il y avait un sentiment d’appartenance hyper fort à une petite élite de gens qui comprenaient cette musique, et c’était marrant car ce phénomène était en même temps mondial mais aussi très localisé, c’est à dire que dans chaque capitale il y avait environ 3 ou 4 mille personnes qui connaissaient ce genre et qui achetaient des maxis de techno. Ils voyaient en cette musique une révolution. Mais en même temps c’était un noyau dur, donc on se voyait souvent et on se nourrissait les uns les autres…

Et ce que j’ai adoré c’est que dans tout ça il y avait pas un mec qui avait plus de 30 ans, que ce soit les patrons de labels ou des clubs dans lesquels on jouait, on avait l’impression d’être des enfants et de faire ce qu’on voulait… et dès qu’un mec plus âgé commençait à vouloir nous fixer des directives, il se faisait rapidement dégager. J’ai vraiment vécu ça comme une révolution, on avait tous cet esprit de se dire qu’on était là pour prendre la place avec une musique tout à fait nouvelle. C’est pour ça je pense que quand tu veux réussir dans la musique il faut tout de même te dire à un moment: « Ok maintenant c’est mon tour ». (rires)

Désormais, on ne met plus les artistes en avant, c’est la musique qui passe avant toutes choses !

Moi j’ai grandit dans la musique en me disant voilà on va changer les règles de l’industrie du disque ! Et on était poussé par des préceptes très fort crées par Mad Mike de Underground Résistance qui avait dit que les artistes devaient être masqués. Si Daft Punk ont un masque c’est vraiment parce que tout à commencé avec ce label fédérateur de Detroit, l’inventeur de l’esprit techno qui disait: « Désormais, on ne met plus les artistes en avant, c’est la musique qui passe avant toutes choses ». Quand on sortait des maxis il y avait pas la photo des artistes, c’était des graphismes et des pochettes super intéressantes. On avait véritablement une autre façon de concevoir le monde de la musique.

Bon ce concept la il faut l’admettre a été un échec car on a besoin de voir qui ce cache derrière l’album, et finalement c’est pas plus mal qu’il y ai quand même ce coté humain, qui reste indispensable…

Penses-tu qu’avec l’arrivée de ce nouveau genre de musique, de cette révolution, on assiste à l’apparition de jeunes producteurs et ingénieur du son ?

Oui c’est vrai en fait le peuple est devenu propriétaire de l’outil de production, c’est la définition d’une révolution. C’est vrai qu’avec l’apparition du sampleur, les premiers disque qu’ont a fait ne nous coutait pas cher, maintenant avec internet ça coute presque rien de se lancer dans la musique. Et effectivement il y a plus besoin d’être un virtuose et de faire 10 ans de piano pour sortir un bon disque. On a été les premiers a avoir eu accès à cette technologie là. Et puis même si il y a des notions de synthèse sonore ou des choses comme ça, ces outils permettent de faire de la musique sans avoir des connaissances incroyable…

Tu es aussi très reconnu pour tes performances scéniques, grâce à ton fameux « cube », quelle fut l’idée qui a fait naitre ce projet ?

Au départ j’avais besoin d’une scénographie parce qu’avant le cube j’avais fais une tournée en live de Super Discount II avec Alex Gopher et Julien Delfo, donc on était trois sur scène avec beaucoup de machines analogiques. On a tourné pendant deux ans comme ça principalement à l’étranger, car c’est un disque qui a mieux marché à l’étranger qu’en France, c’était très électro alors que les gens pensait que c’était French Touch, il y a eu une confusion en fait. Après quand on a arrêté cette tournée j’ai voulu continuer à faire du live en solo et là il y avait un manque scénique flagrant. J’ai alors rencontré 1024 Architecture qui m’ont inventé le Cube, puis on a travaillé ensemble pour synchroniser et habiller visuellement cette structure avec des images et des effets qui s’accordent à ma musique. Mais le principe du cube c’est eux, ils ont aussi réalisé la nouvelle installation de Vitalic pour sa nouvelle tournée.

Ettienne ATD x BPM CONTEST: ETIENNE DE CRECY | INTERVIEW

Et ce Cube va repartir en tournée prochainement ?

Je n’arrête pas de tourner en fait. J’ai commencé le Cube il y a quatre ans et je travaille toujours dessus, je l’upgrade régulièrement. Mais j’ai joué beaucoup d’inédits avec le Cube, car pendant ces quatre ans j’ai pas fait d’album, tout les nouveaux morceaux que je fais c’est pour le Cube et je les joue d’abord en live donc là je retravaille ces inédits en studio, et 5 inédits vont sortir avant l’été.

Etienne de Crécy sera en DJ set le 16 février prochain pour la soirée d’inauguration du Complexe du Roll’s organisé par le très bon collectif Koktail qui met en avant la scène électro underground du Sud Ouest lors de soirée placée sous le signe de l’éclectisme. Il jouera au coté de The Subs, Carbon Kevlar, Daze, Else et bien d’autres.


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